‹ Les boudoirs de verreChapitre 31 sur 102 · LE GRAND VOYAGE · texte numérisé non relu

LE GRAND VOYAGE

sable pour le voyage dé deux nouveaux mariés, se disaient entre elles, après avoir pris Tavis de l'herboriste : « Ce sont sans doute des explorateurs pleins de hardiesse qui vont fonder une ville dans quelque continent nouvellement découvert ou creuser une mer dans lés glaces du pôle !» Ils partirent enfin, et restèrent absents pendant plus de trois mois. D'ailleurs, pas une lettre, aucune dépêche. C'est que les services de la poste et du télégraphe se font assez mai le long du Nil et dans la solitude du pays des Lapons. Et, quand ils revinrent, lui, un peu pâle, elle, avec des yeux las, ils avaient bien cet air de désordre et de nonchalance abcmdonnée qui fait reconnaître les voyageurs brisés enfin par la continuité de la fatigue et du péril. « Eh ! comme vous voilà faits, et d'où venez-vous, mes enfants?» s'écria la mère de la jeune femme. Celle-ci rougit un peu. « Nous venons, dit-elle, d'un pays inconnu, où ne passe personne, mais où le ros-

signol chante dans un grand arbre à côté de la fenêtre. — - C'est en Italie, ce pays ? — Non,maman, non, pas en Italie. — En Egypte? — Non plus. — En Norwège ? — Je ne crois, pas. — Oii donc ? » La voyageuse, alors, devint tout à fait rose. « Ce doit être en France, et pas très loin de Paris, dit-elle en baissant les yeux, puisque nous nous sommes arrêtés, je pense, à la première station. »

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