COMMENCEMENT DES CHOSES
Huit ans, les joues si roses, avec les boucles d'or d'une petite fille anglaise. Mademoiselle Lucie, qu'une domestique accompagne, revient du parc Monceau, sa poupée entre les bras.
— Bonsoir, maman !
— Bonsoir, bébé.
Quelle mère ? une fort agréable personne, maquillée comme une figure de cire, qui tient
gS LES BOUDOIRS DE VERRE
son mobilier de M. de Marciac, sa voiture de M. de Puyroche, ses toilettes du vicomte d'Argelès, et Bébé — d'elle ne sait qui. Mais l'oubli du père n'implique pas l'indifférence pour l'enfant. On est une folle fille, on est une sage mère. Même, on rêve pour une autre soi-même, toutes les honnêtetés que l'on n'a pas. Mauvais exemple et bon conseil.
— Mon dieii, Bébé, qu'est-il arrivé à ta poupée ? Je ne lui connaissais pas cette robe de faille rose, cette toque de jais blanc, et je ne lui avais jamais vu ces diamants aux oreilles.
— Bon ! dit Mademoiselle Lucie, avec un petit haussement d'épaules, des loques, du clinquant, du strass.
— Mais encore, qui lui a donné tout cela ?
— Eh ! maman, c'est le polichinelle de M- Paul.
La mère ouvrait de grands yeux étonnés.
— Au fait, c'est vrai, tu ne sais pas, il faut