‹ Les boudoirs de verreChapitre 50 sur 102 · LA CIGARETTE ROSE · texte numérisé non relu

LA CIGARETTE ROSE

partirai ! » cria-t-il dans un sanglot. Une minute plus tard, — fatigué des longues routes, pâli par les souffrances, — il avait parcouru l'Espagne, l'Italie, la Sicile, il était même allé jusqu'en Asie-Mineure, sans pouvoir trouver Toubli. Allait-elle le repousser encore, après une si longue et si douloureuse épreuve? Oui, elle le repoussa. Fou de désespoir, il ouvrit la fenêtre, et, dès qu'il eut mis le pied sur le balcon, on entendit le cri terrible d'un homme qui se brise le crâne sur le pavé de la rue. Elle tressaillit à cet affreux gémissement ! C'en était fait de lui. Il mourait pour elle, à cause d'elle. Elle allait s'évanouir, lorsque — rentré dans l'appartetement par une autre fenêtre — il reparut dans le boudoir; deux domestiques le soutenaient ; sous le bandeau qui lui serrait la tête il devait avoir une blessure effrayante. A cette vue, elle n'essaya plus de maîtriser sa passion ! Elle le prit dans ses bras, congédia les valets, et désespérée de le voir blessé,

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ravie de le voir vivant, elle le fit se coucher sur la chaise longue où il lui fut d'autant plus difficile d'opposer une résistance sérieuse aux entreprises de ce parfait amant, qu'elle avait l'une de ses mains occupée à tenir la fine enveloppe de papier rose où le féresli brûlait encore.

— Voilà qui est fort bien! dit-elle, après un silence; et vous avez fait les choses avec une hâte si admirable, que ma cigarette n'est qu'aux trois quarts fumée.

— Aussi, répondit-il, le jeu n'est -il pas fini. Il gagna la porte, puis, dans un grand salut:

— Ne me reste-t-il pas, madame, à vous rendre grâce de mor* bonheur, et à l'oublier ?

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