LA BONNE NOTE
Zo se montre tout à fait sérieuse quand elle est chez sa tante de Fontenay-aux- Roses. L'air d'une petite bourgeoise, en vérité. Allant à la messe, les yeux baissés, et jouant au whist, le soir, sous l'abat-jour de la lampe. Même elle est sincère dans sa gravité digne. Elle ne songe pas du tout, la nuit, dans le lit solitaire, aux joliesfolies desbaisers et des rires ; et si vous lui parliez de la petite
l68 LES BOUDOTTÎS DE VERRE
Jo OU de la petite Lo, elle vous demanderait : « Quelle est cette personne ? » Zo se dit, avec conviction : « J'étais née pour la vie de famille. »
Un niatin qu'elle dormait encore au second étage de la maison de sa tante, quelqu'un frappa à la porte, deux fois, légèrement.
— Qui est là ? dit-elle en élevant se^ bras dans un lent bâillement qui regrette c sommeil.
C'était Evariste, le petit cousin, seize ans bientôt. Il entra, marchant sur la pointe des pieds, tout rouge de la voir au lit.
— Ma cousine, puisque maman est sortie, voulez-vous me faire réciter mes leçons et mettre des notes sur mon cahier du lycée ?
Elle consentit avec gravité. Elle se sentait digne de remplir ce devoir austère. Elle prit le livre et se disposa à écouter, le plus sérieusement du monde.
— Allons, dit-elle, le front vers la page