‹ Les boudoirs de verreChapitre 76 sur 102 · LA SONNETTE · texte numérisé non relu

LA SONNETTE

— Que voulez-vous ? dit Zo ; on n'est pas parfaite.

— Hélas ! non, dit Lo.

— Mais qu'y faire ? dit Jo.

Zo reprit :

— Moi, j'ai un défaut singulièrement désagréable, pour moi-même, et pour beaucoup d'autres. Je n'ai jamais pu me défaire d'une timidité qui dépasse tout ce que l'on pourrait imaginer. Parce que j'ai l'air impertinent

d'une toque de page, et que je regarde les gens en face avec un défi garçonnier, vous vous imaginez peut-être que je suis tout à fait hardie et prompte à me résoudre ? Ah ! mes chéries, c'est une grande erreur. Au commencement des aventures, je ne dis pas, j'ai quelque effronterie, et je ne m'effarouche pas pour un pied qui cherche ma bottine, ou, en dansant, pour un regard qui se glisse trop bas entre les bouillons de mon corsage ; même, en ce dernier cas, il m'est quelquefois arrive de me pencher, pas par hasard, beaucoup plus qu'il n'était besoin 1 II faut bien engager les choses, n'est-ce pas ? puisque, enfin, aujourd'hui, les hommes n'enfoncent plus que les portes entr'ouvertes. Mais c'est au moment suprême que je montre des appréhensions absolument extraordinaires, et je vous avoue, en rougissant, que je suis à certaines heures d'une pudeur inconcevable.

— Eh ! eh ! dit Lo,'il n'y a pas grand mal à cela.

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