‹ Les boudoirs de verreChapitre 77 sur 102 · LA SONNETTE · texte numérisé non relu

LA SONNETTE

— Au contraire ! dit Jo ; je suis portée à croire que de telles réticences doivent paraître fort piquantes aux gens qui ont quelque délicatesse.

— Sans doute ! sans doute ! et tout serait pour le mieux si mon effroi se maintenait dans de justes limites. Par malheur il n'en est rien. Même quand je ne demande pas mieux que d'être vaincue, l'approche de la défaite m'inspire une horrible épouvante. J'ai beau me raisonner, j'ai beau me dire ; « Enfin, voyons, ma petite Zo, ce n'est pas la première fois ! » rien n'y fait. Je me dérobe, je fuis, j'appelle, je voudrais disparaître dans le plancher entr' ouvert ; vous croiriez d'une petite nonne dans le sac d'un couvent; et si l'attaque continue, — quelquefois elle cesse, les hommes sont si bêtes ! — ma fois, tant pis, au risque de ne jamais retrouver l'occasion perdue, je saute vers la cheminée, et j'agite à tour de bras le cordon de la sonnette!

— Tu m' étonnes, dit Lo.

— Oh ! pourquoi la sonnette ? dit Jo. La femme de chambre accourt, c'est un désarroi, un scandale

— Que voulez-vous, c'est plus fort que moi. Et je me connais si bien, je suis si sûre de ce qui arrivera, que j'ai été obligée de faire mettre dans tout l'appartement des sonnettes sans sonnerie !

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