‹ Les boudoirs de verreChapitre 89 sur 102 · LE DEJEUNER DE ZO · texte numérisé non relu

LE DEJEUNER DE ZO

Eh bien, oui, pourquoi pas? où est le mal ! Zo a invité à déjeuner la petite I jla Biscuit. Quelques mots sur une carte de visite, avec un gros bouquet, et Lila Biscuit, qui était en train de faire son changement pour le deux, a répondu au concierge du théâtre, en pouffant de rire : « C'est bien, dites que j'irai. » Zo se fait une fête de ce déjeuner-là. Oh ! elle ne se dissimule point

qu'elle a osé une folie assez compromettante. Car, enfin, il convient de garder une certaine mesure, et il y a des personnes que l'on ne saurait voir dans l'intimité. On a beau ne pas être irréprochable, et avoir commis, ça et là, quelques imprudences qui ne sont pas toujours restées secrètes, il est mal séant, quand on est une femme mariée, — un vrai mari, qui habite Rouen, — de se lier avec une cabotine qui n'a jamais entendu parler du mariage qu'au troisième acte des opérettes. Bah ! une fois n'est pas coutume. On n'est pas sur la terre pour s'ennuyer tout le temps. Elle est si jolie et si drôle, cette Lila Biscuit, avec ses frisons fous qui lui mangent les yeux, et son rire de grenade crevée, qui montre toutes les dents. Il faut l'entendre chanter les couplets delà Balançoire^ aux Nouveautés. C'est très chaste, cette chanson, mais quand elle la chante... Ah ! la sournoise I Les mots ne disent rien, la bouche dit tout. Comme se sera amusant de causer avec cette bouche-là.

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