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LES DEUX VICTIMES

— Et si je vous trompais ? dit-elle.

— Je vous tuerais tous deux, toi et ton amant! dit-il.

— Oh ! le féroce cœur ! Pour ce qui est de l'amant que j'aurais, je conçois qu'il vous serait pénible de l'épargner ; et, en le frappant, vous n'auriez point tout à fait tort. Mais vous sentiriez-vous, vraiment, l'affreux courage d'assassiner celle que vous aimez tant, de me

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faire du mal, à moi, si petite et si douce, et qui toujours vous souns de la bouche et des yeux?

— Ce ne serait pas trop d'un double meurtre pour tirer vengeance d'un aussi abominable outrage.

— Quoi ? deux victimes ! deux victimes sanglantes, horribles, latête fracassée parles balles ou la poitrine ouverte par le poignard, voilà ce qu'il vous faudrait absolument ?

— Oui, dit-il, deux cadavres !

— Ah ! dit-elle, avec un frisson qui fit trembler les petits cheveux de sa nuque.

Puis, ayant réfléchi :

— Il sera donc prudent, si jamais je vous

trompe, qu'au lieu d'un amant, j'en prenne

deux.

Il la regardait, épouvanté.

— Eh ! oui, dit-elle en pouffant de rire, de cette façon-là, vous aurez votre compte, sans qu'il m'en coûte rien 1

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