LE PRINTEMPS CHEZ SOI
— Juin allume la vitre de son sourire d'or, et, tout à l'heure, sur le balcon, une guêpe tintait dans la clochette des volubilis. Mets, sans corset, la robe qui se dégrafe si vite et le joli chapeau de blonde et de muguets qui a l'air fripé et fou d'un bonnet ramassé de l'aatre côté des moulins ! Car c'est le temps et c'est l'heure, mignonne, de s'en aller aux bois.
— Notre chambre, dit-elle, où des souvenirs de baisers rôdent entre les tentures de soie pompadour, est aussi parfumée et fleurie que le bois de Meudon ou de Villed'Avray.
— Oui. Mais il est, bien loin, au delà des clairièreS; sous le buisson qui s'évase, des retraites mystérieuses où le sommeil, après rétreinte, est si doux sur la mousse.
— Le mystère de l'alcôve, avec son ensommeillement câlin, n'est pas moins propice au repos bien gagné.
— Oui. Mais la fauvette à tète noire mêle son bredouillis léger au froissement des feuilles ensoleillées.
— Ma voix, dans l'ombre d'or de mes cheveux, gazouille aussi délicieusement que les folles fauvettes.
— Oui. Mais les églantines à peine épanouies sont comme des bouquets de jeunes sourires au détour des venelles.
— Ma bouche, qui, même ouverte, a l'air