‹ Les bouilleurs de cruChapitre 6 sur 62 · NOMBRE DES · texte numérisé non relu

NOMBRE DES

qui ont

travaillé en

BOLILLEUHS

qui distillent incidemment ou habituellement

Vosges .

Meuse

Haute-Saône

Haute Marne

Doubs

heclol.

Ainsi, en opposition à ce qui est à remarquer pour la fabrication des alcools des distillateurs et bouilleurs de profession, fabrication concentrée dans un petit nombre de distilleries et dans quelques départements, la production des bouilleurs de cru est répandue sur toute la surface du territoire. Le tableau de la production des alcools en 1900 donne d'ailleurs une représentation très frappante de la situation pour les uns et les autres puisqu'il la condense en ses colonnes pour chaque département (*).

Vingt-six départements contiennent le plus grand nombre des bouilleurs décru et donnent la plus forte part de la production des eaux-do-vie dites naturelles. Ils forment sept centres de production :

I** Les Charentes, région productrice des eaux-

(') Voir tableau de la [)ro(lu<li(»n des alcools en «900. Annexes. Tableau VI H.

de-vie les plus réputées, formée par les deux d('partemcnts de la Charente-Inférieure et de la Charente;

:>."* Le Midi, dont la production très abondante n'est que d'une qualité ordinaire (il englobe l'Aude, le Gard et rHérault) ;

3** L'Armagnac, producteur d'eaux-de-vie de vin réputées ; cette région comprend le département du Gers, une partie du Lot-et-Garonne et des Landes.

4° La Bourgogne et le Jura, mettant en œuvre les vins, les fruits et les marcs, centre de production formé par la Côte-d'Or, Saône-et-Loire et le département du Jura.

5° La région de l'Est, avec l'Aube, le Doubs, la Marne, la Haute -Marne, la Meuse, Meurthe-et- Moselle, la Haute-Saône et les Vosges, distille surtout les fruits. '

6^ L'Yonne, par le nombre des bouilleurs et l'importance d'une production tirée presque exclusivement des marcs, forme une classe particulière.

7° Enfin la Normandie est, avec le Calvados, l'Eure, la Manche et l'Orne, le pays par excellence de l'eaude-vie de cidre.

La consommation de l'alcool n'offre plus le même phénomène de concentration en ce qui concerne les alcools provenant des bouilleurs et distillateurs de profession. Les quantités considérables qu'ils produisent à chaque campagne se répandent par toute la France, allant tenter le consommateur jusque dans les régions les plus dépourvues quant à la fabrication. Quant à la production des bouilleurs de cru, une certaine part sans doute est déplacée et circule, mais la presque totalité est consommée sur place ou

PRODUCTIOX ET CONSOMMATION 29

tout au moins dans la région de production. C'est ce que montre le tableau relatant par département la consommation réelle imposée, la consommation en franchise et la consommation totale des vins, cidres, alcools et vins de liqueurs en 1901 (^).

Cependant il faut se garder de croire que toute la production de Falcool en France trouve son emploi dans la consommation humaine.

Sur les 2768418 hectolitres à ioo° auxquels on évalue les ressources totales en alcool pour 1900, I 782 891 passent à la consommation de bouche et se répartissent ainsi :

1362945 chez les débitants de boissons de tous lieux; 219411 chez les simples consommateurs de tous lieux ; et 200 545 chez les débitants et simples consommateurs à Paris, s'approvisionnant directement en gros.

Sur le reste (soit 985627 hectolitres qui ne sont pas bus) 345743 sont exportés, et 275728 hectolitres sont employés à des usages industriels (") . C'est donc à peu près le dixième seulement des ressources en alcools qui, dans notre pays, trouve un emploi dans l'industrie. Encore qu'un progrès manifeste s'effectue de ce côté, puisque 119 000 hectolitres seulement en 1890 avaient cette destination, il reste beaucoup à faire dans cette voie, en France, surtout si on songe que l'Allemagne, sur une production de 3 823ooo hectolitres, pendant la campagne 1898- 1899, en a consacré environ 992 000, soit plus du quart, à des usages industi'iels, proportion qui s'est encore élevée au

(') Voir AiiiiuxeM, tnhh'im I\.

(•) Consullcr, au «ujcl .1. < . ~ <hiiïrcs, le» tableaux V et VII des Annexes.

3o LES BOUILLEURS DE CRU

cours de la campagne 1899- 1900, puisque sur 3 654 000 hectolitres produits, la consommation industrielle a atteint i 047 4*4 hectolitres, soit presque le tiers.

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