ACTE TROISIÈME
BODABD, approchant en tremblant, à part. Son ami ?
BOULlNARD, a Godard.
Prenons-le doucement.
GODARD
Si vous voulez. (A part.) Il n'est pas nommé, il est plus heureux que moi.
BOULlNARD, à CoJard.
Il y a dans la vie des hommes des moments où ces hommes, se croyant arrivés au pinacle, se trouvent tout d'un coup précipités dans le plus profond des ahîmes.
BODARD, à part.
Ça y est !
BOULlNARD.
Savez-vous ce qu'on appelle une coquille?
BODARD, à part.
Il sait tout. (Haut.) Oui... une coquille... ça se
trouve au bord de la mer.
GODARD, à Boulinard, bas.
C'est une définition. . .
BOULlNARD, bas.
Il a une certaine instruction. (Haut.) On appelle aussi coquille, en terme d'imprimeiie, une liante d'impression.
BODARD, faisant Tétonné.
Ahl
GODARD, bas, à Bouliiiard.
Il a compris !
BOULINARD.
Eh bien, mon ami, attendez-vous à un coup formidable. Vous vous croyiez sous-préfet, vous ne l'êtes pas. Lisez.
Il lui montre V Officiel, BODARD, à part.
Il me croit, comme lui, victime de l'erreur : Bravo !
BOULINARD, à Godard.
Je n'aurais pas cru qu'il aurait reçu cette nouvelle sans broncher. Il a le courage civique.
BODARD
Il me resie Cécile.
BOULINARD.
Non, ne l'espérez pas. (A. part.) Et moi qui commençais à m'habituer à être sous-préfet. Ah ! quelle idée! (Haut, à Godard.) Monsieur Godard, j'irai droit au but : j'ai une fille adorable, 500 mille francs de dot,un million d'espérances.
GODARD, à part.
Qu'est-ce que ça peut me faire ?
BOULINARD.
Elle adore Bodard, mais elle ne l'aura pas. Je pourrais la donner à Bruniquel, le changement serait tnop brusque. Entre Godard et Bodard, la différence n'est pas grande. Vous êtes Sous-Préfet, j'espère que Cécile s'y habituera facilement.
GODARD
Monsieur...