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BUREAU DE DAME EN MARQUETERIE DE BOULLE

48 LES ARTISTES CÉLÈBRES

demi-siècle, elle fut unanime à l’entretenir de ses commandes et à célébrer ses mérites. En 1687, Louis XIV faisait remettre par le Dauphin une cassette de Boulle aux ambassadeurs de Siam, et ce joli meuble, destiné à la reine de ce lointain pays, allait porter aux confins du monde la réputation de notre ébénisterie. Il n’est besoin, au reste, que de parcourir — nous venons de le voir — la Correspondance de Louvois pour constater l’importance que ce ministre peu commode attachait aux productions d’André-Chorles Boulle. Beaucoup plus tard, on trouve, dans les rapports adressés par le duc d’Antin à Louis XIV, la preuve que, même en 1708, c’est-à-dire aux époques les plus sombres de son long règne, le Grand Roi n’avait pas cessé de s’occuper de son ébéniste préféré. « J’ai été à Trianon, écrit le duc d’Antin, pour voir le second bureau de Boulle, il est aussi beau que l’autre et sied à merveille à cette chambre 1 », et Louis XIV écrivit en marge : « Bon ».

Apprécié à la Cour comme il le méritait, Boulle n’était pas moins goûté des grands seigneurs et des financiers de son époque. Les uns et les autres se disputaient ses ouvrages. Crozat et Samuel Bernard furent un moment ses fidèles clients et l’on prétend qu’il fournit à ce dernier un bureau de 5o,ooo livres.

On peut voir encore à l’Imprimerie Nationale une horloge régulateur qu’il fit pour le prince de Rohan ; il nous apprend lui-même qu’il exécuta pour le duc de Bourbon un bureau de six pieds de long, un gradin avec sa pendule et trois armoires, dont une grande et deux petites. Les portefeuilles de l’architecte Robert de Cotte, conservés au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale, nous révèlent, en outre, qu’il fut chargé de la confection d’un certain nombre de meubles pour des princes étrangers. Dans une pièce intitulée Extrait des mémoires arreté \ et réglé \ pour les ouvrages faits à Paris pour Sa Majesté Catolique (sic', nous relevons l’article suivant : « Burreau et commodes par Boulle 3,586 liv. g s. ». Il eût été curieux de retrouver le mé-

moire du grand artiste, mais une note transcrite au bas de la pièce dit que « les originaux du mémoire des glaces et celuy de Boulle ont estez remis à Monsieur Daubigny ». Une autre pièce mentionne, en 1719, la fourniture à l’Électeur de Cologne, « pour son palais de Bonn », de « deux commodes ornées de bronze doré d’or moulu dans deux caisses », au prix de 1,676 liv. Nous savons enfin par 1 e Mercure, que lorsque les

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