‹ Les BoulleChapitre 6 sur 33 · Ce premier logement avait e'té occupé, en · texte numérisé non relu

Ce premier logement avait e'té occupé, en

1608, époque de sa création, par Jacob Bunel, du temps de Louis XIV, en marqueterie en 1614 par Marguerite Bahuche et Robert Picou. de Boulle-

En 1619 il fut attribué à Pierre Boulle, beau- (Ancienne collection Charles Stein.) frère de Marguerite Bahuche, et à sa femme. En

>636, il fut concédé à Th. Picquot et F. Duclos, et plus tard au concierge de l’appartement de la Reine. (Voir Archives de l’Art français, ira série, t. I. p. 201, et Nouvelles Archives, année 1873, p. 128.)

2. Parmi les ébénistes fameux nés à Blois et qui illustrent le xvn* siècle, il convient de citer Jean Macé dont Bernier parle avec tant d’éloges dans son Histoire de Blois et sur lequel nous aurons occasion de dire quelques mots.

3. Voir l’Ébéniste Boulle et l’origine de sa famille, lecture faite par M. Henri Stein à la quatorzième session des Sociétés des Beaux-Arts des Départements (1890).

FRANCE — ARTISTES INDUSTRIE! S

LES ARTISTES CÉLÈBRES

Boulle, en son vivant habitant et bourgeois du lieu de Verrière, au comté de Neufchatel en Suisse », et que Marie Bahuche était fille « de honorable homme Pierre Bahuche, marchant demeurant en la ville de Lyon ». Ainsi ce premier Boulle était Suisse de naissance; quant à l’origine de sa famille, si l’on s’en tient à la consonance du nom, Boulle pourrait être la forme française du flamand Boel qui se prononce exactement de même, et qui se rencontre fréquemment, comme nom de famille, dans la Flandre et les Pays-Bas. Or, on sait que ces provinces furent, avec la vallée du Rhin, la patrie d’origine de la marqueterie et de l’ébénisterie françaises. Stabre (Staber), installé au Louvre dès 1608 comme ébéniste du roi, était Flamand, et Jean Macé, lui-même, était allé dans les Pays-Bas se perfectionner et achever d’acquérir le talent qui devait le rendre célèbre.

Pierre Boulle, en bon calviniste qu’il était, eut un nombre respectable d’enfants. Tout d’abord, un fils qui fut baptisé le 14 janvier 1618, et reçut le prénom de Jacques ; en second lieu — t3 octobre 1619 — il fit baptiser une fille qui eut pour parrains le sieur Gaillard, orfèvre, et la dame Corneille de Wolf, logés l’un et l’autre au Louvre. C’est dans cet acte que pour la première fois Pierre Boulle prend le titre de « Tourneur et menuisier du Roy, demeurant aux galeries du Louvre ». En 1621, le 2 juillet, nouveau baptême d’un fils nommé Paul , qui eut pour parrain Me Paul Galland, conseiller du Roy, receveur général des tailles à Tours, trésorier et payeur de la gendarmerie de France, et pour marraine la DUe Marthe Le Roy. On voit par ces noms que la situation de Pierre Boulle grandissait. Ajoutons que Me Paul Galland, ayant épousé la veuve de Bunel, se trouvait ainsi allié à la famille de Pierre Boulle.

En 1625 (ier juin), nouveau baptême d’un enfant dont, circonstance particulière, nous ignorons le prénom. Le 8 novembre 1626, baptême de Jacques Boulle, fils de Pierre Boulle et de Marie Bahuche, ayant pour parrain le docteur Jacques Sarrasin. Le 3 mai 1628, baptême de Marguerite Boulle, qui fut tenue sur les fonts par le sieur Guerrier, maître peintre à Paris. Enfin le 28 novembre 1 63 1 , baptême de Madeleine Boulle, dont le parrain était Pierre de la Barre, orfèvre. Dans ce dernier acte, Pierre Boulle est qualifié : « Tourneur et menuisier du Roy des cabinets d’ébène ».

Ainsi Pierre Boulle eut sept enfants; le dernier venu au monde cinq ans seulement avant sa mort; car on possède un brevet de logement au

Louvre, attribué au peintre Thomas Picquot et délivré « en place du sieur Boulle, menuisier en ébène ». Ce brevet est daté du 2 janvier 1 636. Notre ébéniste à ce moment avait donc cessé de vivre. Nous n’avons pas la date exacte de sa mort, mais une quittance tirée par M. J. Guiffrey des Archives de l'ancienne maison du Roy nous apprend que Pierre Boulle, « menuizier et tourneur en esbeyne et aultre boys, de longtemps retenu par sa Majté », toucha, en 1 6 3 6, des appointements allant jusqu’au Ier du mois d’août. En admettant, et cela semble assez plausible, que cette mention soit relative à l’année précédente, nous aurions ainsi la date approximative du décès de ce premier Boulle. En tout cas, il ne peut être le père d’André-Charles, né en 1642. En fut-il le grand père? La chose est également invraisemblable.

Des sept enfants de Pierre Boulle, seuls le premier et le troisième, Jacques et Paul, pourraient chronologiquement s’être trouvés dans le cas d’être mariés et pères en 1642. Encore faudrait-il admettre que le premier se maria avant vingt-deux ans et le second à vingt ans et qu’ils eurent l’un ou l’autre un garçon après un an de mariage. Ajoutons qu’André-Charles n’est pas davantage le fils d’un certain Nicolas Boulle, maître brodeur, dont M. Read a trouvé également la trace en 1620 et 1621, et cela par une très bonne raison, c’est qu’un acte découvert par Jal nous apprend que son père s’appelait Jean.

Ce Jean Boulle était-il allié à Pierre Boulle? Le fait paraît assez probable. A quel degré? C’est ce que nous ignorons. Mais du dire du père Orlandi et des renseignements recueillis par M. Read, il demeure résulter que fils, vraisemblablement petit-fils et neveu d’ébénistes très distingués, André-Charles Boulle ne fut pas, comme on l’a dit et répété, le fondateur de cette dynastie d’artisans habiles qui portent son nom.

11 ne fut pas non plus, comme on l’a également prétendu et comme on le croit généralement, l’inventeur de ces marqueteries brillantes qui portent son nom. Nous allons, du moins, essayer de l’établir.

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