CHAPITRE VII
L'Europe après la paix do Gampo-Formio. — L'Angleterre seule à vouloir la guerre. — Ses efforts pour entraîner la Russie et rAutriclie dans une coalition nouvelle. — Espé-^ rances que Louis XVIII fonde sur ces efforts. — Il croit au soulèvement de la Suisse — La Prusse veut qu'il quitte Blankenberg. — Le roi s'adresse au comte de Panin. — Le prince de Gondé à Saint-Pétersbourg. — Le Tzar offre à Louis XVIII un asile à Mitau. — Ge prince lui demande à aller conférer avec lui. — Son départ pour la Paissie. — Son arrivée à Mitau. — Il y apprend que le Tzar ne veut pas le recevoir dans sa capitale.
Entre rAllemagne et la France, la paix était conclue ou à la veille de l'être. Les conditions en avaient été arrêtées à Gampo-Formio pour ce qui touchait l'Autriche. Pour ce qui concernait le reste de l'Allemagne, un congrès réuni à Rastadt était chargé de les discuter, de les fixer définitivement. Donc, l'Europe allait à l'apaisement. L'Espagne et la Prusse avaient à cœur de maintenir leurs bonnes relations avec la France : la Russie se recueillait ; l'Allemagne s'était résignée à baisser le front. Seule l'Anoleterre tenait
tète à Bonaparte; seule, elle se montrait résolue à combattre encore.
Sur les mers, ses flottes donnaient la chasse aux bâtiments français; dans toutes les cours, elle intriguait. L'Autriche venait à peine d'apposer sa signature sur le traité de paix, qu'elle était incitée déjà à recommencer la guerre. Le représentant britannique en Russie, lord Witliworth, avait ordre de pousser le tzar contre la France. A Londres, le comte de Woronzof, ambassadeur moscovite, était assiégé par les ministres anglais, PittetGrenville, qui lui demandaient avec instance de travailler en vue du même but. A Londres comme en Suisse,- l'Angleterre ouvrait l'oreille avec une complaisance mêlée de quelque dédain aux propos des royalistes.
.Si ferme était sa confiance dans l'avenir, si prépondérante son influence en Europe, si savante son habileté ; elle possédait même dans son isolement momentané, de si puissants moyens d'ac tionque son dessein de ne pas désarmer suffisaità rassurer Louis XVIIL II ne croyait pas àla durée de cette paiximposée par le vainqueur, pas plus qu'ilne croyait que le Directoire dût tirer de durables effets du coup de force de fructidor et de sa vi ctoiresurles royalistes.il croyait que tôt ou tard, PaulP' se montrerait d'autant plus ardent à renouer la coalition et à y tenir une place qu'il se