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admission devenue effective, la cour d'Autriche, faisant preuve d'une incompréhensible contradiction, n'avait paru soucieuse que de retenir la fille de France et de multiplier les moyens de ne pas la rendre au roi.
Rêvait-on à Vienne de faire d'elle une archiduchesse, de frayer ainsi à l'un des princes autrichiens, un accès au trône français? Rien n'est moins prouvé. Les royalistes en avaient le soupçon. Ce soupçon se retrouvait dans leurs propos. Louis XVIII le partageait, accusait Thugut de le justifier^ encore que ce ministre s'en défendît. Mais, iln'existe aucune trace d'une ouverture faite directement à la princesse, pas plus que d'une intention manifestée par la cour impériale. Il n'existe que des preuves de malveillance, comme par exemple la défense faite à la comtesse d'Artois de venir embrasser satuture belle-fille. Au surplus, dès son arrivée à Mitau, le roi résumant les négociations antérieures relatives à cette affaire, reconnaissait que le principal obstacle apporté au mariage provenait de ce que jusqu'à ce jour, « illui avait manqué une demeure établie ». Cette demeure, il la possédait maintenant. La question longtemps ajournée reprenait toute son importance.
Mais, pour la résoudre comme pour résoudre cette autre question du voyage de la reine, ]e con-
cours du tzar était indispensable. Non seulement il pouvait seul donner aux princesses et à leur suite l'accès de ses États, leur fournir les moyens d'y arriver et d'y vivre, mais, seul aussi, il pouvait vaincre la résistance de la cour de Vienne, à supposer que cette résistance existât, et surtout obtenir d'elle qu'en renvoyant madame Royale à son oncle, elle lui restituât ses biens. Ils se composaient des diamants de Marie-Antoinette, remis à sa fille par le Directoire, lors de sa sortie de France ; de treize cent mille livres tournois provenant de la succession du roi, confiés par Louis XVI au comte de Mercy-Argenteau pour être déposés dans le Trésor de l'empereur d'Autriche, et enfin, de la dot de la feue reine, deux cent mille écus d'or qui, disait-on, n'avaient jamais été payés \
C'étaient là de graves objets qui ne pouvaient être utilement traités par correspondance. En outre, le roi ne renonçait pas au renouvellement de la coalition. Il souhaitait qu'elle se reformât avec la participation de la Russie, ou que tout au moins, il fut mis pécuniairement en état d'entre-
1. Ces questions d'intérêt donnèrent lieu à de multiples négociations. On décida enfin que la princesse emporterait ses diamants et que les intérêts de la succession de ses parents lui seraient annuellement servis. Quant à la dot de Marie-Antoinette, on finit par découvrir qu'elle avait été versée au Trésor roval de Paris, le 25 février 1771.
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tenir Tagitation royaliste en France. L'importance de la négociation à ouvrir avec le tzar le décida à envoyer de nouveau Saint-Priest à Saint-Pétersbourg.