‹ Les Bourbons et la Russie pendant la Révolution française (d'après des documents inédits)Chapitre 28 sur 71 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Louis XVIII renouvelle sa demande d'accréditer un représentant à la cour de Russie. —Personnages qu'il propose. — Il choisit le vicomte de Caraman. — Instructions qu'il lui donne. — Régime de la Russie, la terreur à Saint-Pétersbourg. — Confiance de Caraman. — Expulsion de l'ambassadeur d'Angleterre. — Ses causes. — Politique russe après la bataille de Zurich. — Griefs du tzar contre les cours de Vienne et de Londres. — Il songe à se rapprocher de Bonaparte. — Son admiration pour lui. — Illusions de Louis XVIII.

Jusqu'à ce moment, le roi de France n'avait été représenté à Saint-Pétersbourg que par un agent sans caractère officiel, le marquis de La Ferté- Meun. Au mois de janvier, ce mandataire reçut, par ordre du tzar, une lettre qui le qualifiait ministre du roi de France. Très ému, il s'empressa d'avertir son maître. Le roi écrivit aussitôt à son frère et cousin, à qui il demanda s'il lui convenait d'avoir auprès de lui un agent royal revêtu des attributions d'un ambassadeur. La réponse de Paul P' ayant été affirmative, Louis XVIII lui proposa, pour exercer ces hautes fonctions, le

comte de Choiseul-Gouffier, et, à défaut de lui, im autre émigré, le marquis de Lambert. Depuis lougtemps, ils habitaient Saint-Pétersbourg. Mais, au moment où ces propositions partaient de Mitau, Paul faisait expulser de son empire ces deux gentilshommes sans même leur expliquer les motifs de leur disgrâce.

Le roi déconcerté, lui remit alors une liste portant les noms du duc de Guiche, du comte de La Chapelle, du marquis deBonnay et du vicomte de Garaman, entre lesquels il lesuppliaitde choisir. L'empereur s'y refusa. Il laissa Louis XVIIl libre de désigner sonreprésentant. C'est ainsi que M. de Garaman fut nommé. Il avait sur ses concurrents l'avantage d'avoir déjà visité la Russie*. Le jour où la décision impériale fut connue à Mitau, — c'était le 20 janvier, le roi écrivit au tzar pour lui exprimer sa reconnaissance. « D'accord avec mes lidèles sujets, dit-il, je peux envisager ce grand événement sous deux aspects également

1. Dans ses Mémoires inédits, M. de Garaman paraît croire qu'il fut désigné par le tzar. Les documents que nous avons consultés prouvent le contraire, et notamment cette lettre en date du 14 février : « Je suis heureux de penser que Votre Majesté Impériale agrée les sujets parmi lesquels je dois faire choix de mon représentant auprès d'elle et puisqu'elle s'en remet à ma détermination à cet égard, jo la prononce en faveur du vicomte de Garaman, en souvenir des bontés dont Votre Majesté Impériale l'a honoré lorsqu'il eut le bonheur de lui faire autrefois sa cour. Je lui écris à Berlin où il est en ce moment, de se rendre ici. »

favorables, comme une marque de ramitié de Paul T' et comme un démenti éclatant donné aux calomniateurs qui me prétendaient privé du plus formidable appui. »

M. de Garaman était alors au service de la Prusse, avec le grade de colonel, qu'il devait à la bienveillance du roi Frédéric-Guillaume. Il a raconté lui-même quelles appréhensions l'assaillirent quand il reçut l'ordre qui l'appelait à Mitau et quels motifs le décidèrent à obéir : « La position des affaires en Europe ne permettait pas la moindre illusion sur la stabilité du poste auquel j 'étais appelé ; j e connaissais la mobilité des volontés de l'empereur ; mais je connaissais aussi son inflexibilité, lorsqu'une fois sa résolution était arrêtée. Je savais que la résistance pouvait lui faire prendre les partis les plus violents, et, bien persuadé que je serais bientôt victime d'un changement forcé ou volontaire dans le système que suivait l'empereur, je ne voulus pas exposer celui qui était toujours pour moi le roi de France, et, par conséquent, le mien, avoir ajouter de nouvelles épreuves à celles qu'il avait déjà à supporter. »

Ges considérations honorables, soumises au roi de Prusse, reçurent son approbation, une approbation que ses relations avec la République française lui commandaient de taire, mais qui se traduisit par la promesse faite à M. de Garaman

de lui conserver son emploi et d'en payer le traitement à sa famille.

A Mitau, M. de Garanian prit les ordres de Louis XVIII. On lui recommanda « d'agir avec prudence, de ménager la dignité d'un prince malheureux au milieu des caprices imprévus d'une volonté qui ne connaissait pas d'obstacles et que la moindre contradiction pouvait porter aux extrémités les plus fâcheuses. »

Une lettre du roi qu'il devait remettre au tzar précisait, d'ailleurs, le caractère de sa mission : « Dans la situation où je me trouve, étant sans cesse dans le cas de prendre un parti sur une inlinité d'objets, de propositions souvent séduisantes, mais qui peuvent être insidieuses, que pouvais-je désirer de plus que d'avoir un moyen de me guider sans cesse par les avis de Votre Majesté Impériale? C'est donc plutôt un homme toujours à portée de les recevoir et de me les transmettre qu'un ministre que j'ai désiré voir auprès d'elle, et je la supplie de recevoir M. de Garanian à ce titre et de l'écouter avec bonté et de ne pas me refuser le secours de ses lumières non-seulement lorsqu'il les lui demandera de ma part, mais encore lorsque son amitié lui fera sentir d'elle-même le besoin que j'en aurai. »

La cour de Saint-Pétersbourg, quand M. de Caraman y parut, ne rassemblait à aucune autre

par suite du despotisme que Paul V exerçait sur ses sujets; mais elle ressemblait à ce qu'elle était déjà lorsque, trois ans avant, le comte de Saint- Priest y était venu. Les principaux conseillers du tzar, le comte Rostopcliin,le comte de Palilen, le comte de Panin ne maintenaientleur crédit que grâce à des prodiges de prudence et d'habileté peut-être aussi parce qu'ils puisaient leur patience dans la résolution de mettre un terme à un état de choses qui devenait intolérable. Longtemps opprimé sous le règne de samère, Paul opprimait à son tour.

Soit qu'il redoutât pour ses sujets les pernicieux exemples de la Révolution française, soit qu'il fût convaincu qu'ils en voulaient à sa vie, il les tenait sous le joug d'une obéissance passive et déployait des rigueurs dont une police sans pitié se faisait l'instrument. Ni les petits, ni les grands, ni les humbles, ni les superbes n'étaient épargnés. La i)lus légère désobéissance aux ukases impériaux était considérée comme un crime. Tout sujet russe convaincu d'avoir porté un costume français, et, notamment, un chapeau rond et des bottes, se voyait déclaré « infâme et traître » et frappé des plus sévères châtiments.

La valse était interdite sur toute l'étendue du territoire russe. Les gazettes françaises, les livres publiés à Paris, la musique même, n'y avaient

pas accès. La violation des ordres de police entraînait des répressions cruelles, le knout, l'incision des narines ou même la déportation. Les femmes n'échappaient pas à ces supplices; pour elles, ils s'aggravaient quelquefois de traitements révoltants.

Ce régime avait engendré la terreur par toute la Russie, dans la capitale surtout. Un témoin de ces exactions a écrit : « Je ne me couchais qu'avec les plus noirs pressentiments. Lorsque, la nuit, j'entendais du bruit dans la rue ou quelque voiture s'arrêter dans mon voisinage, un tremblement involontaire s'emparait de tout mon corps ; je veillais avec une attention particulière sur la couleur, la coupe et la façon de mes habits. La consolation d'épancher mes peines dans le sein d'un ami m'était refusée par ma propre terreur. Tous les murs avaient des oreilles ; le frère n'osait plus se fier à son frère. Les promenades ne présentaient que le spectacle déchirant de quelques infortunés que l'on venait d'arrêter et que l'on conduisait pour recevoir le knout ^ »

En même temps que, par ces mesures vexatoires, se manifestait visiblement l'esprit désordonné de Paul P', des réflexions d'une autre nature,

1. Une année remarquable de la vie cVAwjuste Kotzehue. Les Mémoires du duc de Garaman attestent l'exactitude de ce tableau.

suggérées par ce qui se passait en Europe, le poussaient à un changement de politique. L'heure était grave : l'Europe était en armes, la Prusse réconciliée avec la France, la Révolution triomphante dans la personne de Bonaparte, et la coalition brisée. Après en avoir été longtemps l'arbitre, le tzar venait de s'en retirer. Ses dispositions nouvelles tenaient à plusieurs causes dont il n'y a lieu de parler maintenant que pour constater qu'à l'heure où il recevait à sa cour l'ambassadeur de Louis XVIII, il commençait à prêter l'oreille aux ouvertures que, par l'intermédiaire de la Prusse, lui faisait Bonaparte.

Quelque circonspect et pénétrant que fût M. de Garaman, il ne pouvait deviner ces arrièrepensées. Il dut attendre durant deux mois sa première audience. Quand il l'eut obtenue, il fut l'objet de tant de bons procédés que ses soupçons et ses craintes, s'il en avait conçu, se seraient dissipés. On lui attribua un traitement de deux mille ducats. A la demande du roi, il fut créé commandeur de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem et reçut l'investiture au château de Péterhof des mains mêmes de l'empereur. Ces marques de la faveur impériale, les paroles qui lui furent adressées emportèrent les appréhensions que lui avaient d'abord causées diverses résolutions, telles que l'expulsion du marquis de Lambert et

du comte de Glioiseul. Louis XVIII partageait sa coufiauce.IIrestait couvaiucu qu'il pouvait compter sur la loyauté de Paul P' et sur Pappui de Rostopchiu. Après que le tzar eut accepté de lui le cordou du Saiut-Esprit et lui eut envoyé l'ordre de Saint-André, le roi, trompé par la mise en scène qui présida à cet échange de décorations, ne douta plus de Pamitié du monarque russe.

Ces illusions furent de courte durée. Le 20 décembre, M. de Garaman arrivait à Pimproviste à Mitau et apprenait à son souverain, bouleversé par sa présence inattendue, que deux jours avant, il avaitrreçu l'ordre de quitter Saint-Pétersboiirg. On lui avait accordé trois heures pour en sortir. C'est le traitement qu'avait subi, quelque mois avant, lord Withworth, l'ambassadeur d'Angleterre^ Quant aux causes de sonexpulsion, M. de

1. L'expulsion de ce diplomate donne la mesure du caractère de Paul P'. Au commencement d'avril, l'Empereur exprima son dépit contre l'Angleterre qui refusait de lui céder Malte dont il s'était déclaré grand-maître. Le 29, il fit saisir à Riga quatre navires, que Withworth expédiait à Londres. Celui-ci se plaignit avec hauteur. Le tzar demanda son rappel. Puis, le trouvant insolent, après l'avoir traité en ami, il l'expulsa, sans vouloir même que le consul anglais Stéphan Shairp restât à Saint-Pétersbourg. Tout'le personnel de l'ambassade dut s'enfuir, « après d'indignes traitements », disait Witlnvorth, et en emportant les archives. Dumouriez, qui se trouvait dans la capitale, recrut l'ordre de s'éloigner. Le comte de Woronzof, ambassadeur à Londres, fut rappelé. Il n'obéit pas d'ailleurs et resta en Angleterre. Les relations diplomatiques entre la Grande Bretagne et la Russie ne furent reprises qu'en 1801, à l'avènement d'Alexandre.

Garaman les ignorait. Grâce aux documents officiels, il suffira de revenir à quelques mois en arrière pour rencontrer les événements qui avaient préparé et provoqué ce coup de théâtre.

Devenu, par la journée du 18 brumaire, maître de la France, Bonaparte souhaitait la pacification de l'Europe. La paix était conclue avec l'Espagne et la Prusse; il la voulait avec les autres puissances, la Russie surtout. Le cabinet de Berlin, que dirigeait M. d'Haugwiz, s'était ofi'ert comme médiateur entre Saint-Pétersbourg et Paris. L'aide-de-camp Duroc avait été chargé de lui exprimer la reconnaissance du premier consul. Gette mission temporaire ayant pris fin, le général de Beurnonville était arrivé à Berlin comme ministre de la République française pour tirer parti des bons offices de la Prusse.

L'idée d'un rapprochement entre la France et la Russie n'était pas nouvelle. Déjà, à la mort de Gatherine II,. le directoire avait tenté d'opérer ce rapprochement par les même voies. A la demande du roi Frédéric-Guillaume, M. de Kalitschef, ambasseur de Russie à Berlin, avait eu une entrevue avec le citoyen Gaillard,représentant du directoire.Gespourparlers étaient restés sans résultat. Les hostilités avaient continué pendant que M. deTalleyrand, devenu ministre desaffaires des étrangères, s'efforçait d'intéresser au rétablis-

sèment de la paix certains émigrés, M. de Ghoiseul-Gouffier, et même M. de Garaman, qu'il croyait envoyé à Saint-Pétersbourg, non par Louis XVIII, mais par la Prusse *..

Maintenant, les circonstances semblaient plus favorables. Le tzar, nous l'avons dit, regrettait d'être entré dans la coalition. Ses regrets dataient de la défaite de ses armes à Zurich. Ils s'augmentaient, de jour en jour, par suite de l'obstination de l'Anglettre à détenir l'île de Malte, qu'il voulait rendre à l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, dont il s'était fait proclamer grand-maltre, et de la résolution manifestée par l'Autriche de garder pour elle seule la citadelle d'Ancône, dont elle n'avait pu s'emparer qu'avec le secours de la marine russe.

Ge qu'il appelait la mauvaise foi de ses alliés exaspérait Paul I". Sous l'empire de ses griefs, il répondait à Louis XVIII qui le suppliait de s'associer à une expédition sur les côtes occidentales de France, que préparait l'Angleterre: « L'exécution de ces projets est peu probable dans ce moment, vu la confusion générale dans laquelle se trouve le système politique de toutes les cours, et

1. « Il n'y a que les (''migres qu'on puisse employer à cette cause. J'ai la certitude qu'un des Caraman (Victor), envoyé par la Prusse à Saint-Pétersbourg, et qui y est bien posé, ne demande pas mieux que do nous être utile. » (Lettre de Talleyrand, 7 juin 4800.)

tant que les cours de Vieune et Londres se conduiront d'après les mêmes principes, je ne pourrai rien entreprendre pour la bonne cause sans m'atlendre à être sacrifié. »

Un des officiers de Paul I", chargé d'accompagner à Londres M. de Vioménil, alors au service de la Russie, qu'à la prière de Louis XVIII l'empereur venait d'autoriser à prendre part à une expédition anglaise en Vendée, disait en traversant. Berlin: « L'armée de Souvarof ne retournera pas sur le Rhin. Le voyage de M. de Vioménil n'est qu'une simagrée. L'empereur est résolu à abandonner la coalition, à rappeler ses armées. Il est en garde contre les vuesambitieuses des ennemis de la France. »

Le 12 février 1800, ses troupes recevaient l'ordre de rentrer en Russie. Le corps de Coudé ayant manifesté peu d'empressement à obéir, Paul saisissait l'occasion de se délivrer de l'engagement pris par lui de le garder à sa solde : « La répugnance que vous témoignez de rentrer avec le corps de troupes sous vos ordres dans leurs quartiers respectifs, me porte à croire que Votre Altesse Sérénissime compte trouver plus d'avantage à faire passer ce corps à la solde anglaise. C'est ce qui m'engage à lui donner, par la présente, mon plein consentement à tout arrangement qu'elle voudra contracter en la déchar-

géant de ceux qu'elle avait pris envers moi. » Après avoir donné son consentement, qu'on ne lui demandait pas, avec une facilité qui ne fut pas sans causer quelque déception au roi de France et au prince de Coudé, il refusait, malgré leurs sollicitations ultérieures, de s'occuper de la petite armée : « Ayant pris le parti de ne me mêler d'aucune manière à la coalition existante actuellement,] eue puis prendre sur moi de prescrire la destination d'un corps qui, de mon service, a passé à la solde de l'Angleterre. Le comte de Vioménil n'étant plus dans mon armée. Votre Majesté pourra l'employer d'après son gré. » Puis, comme pour accuser son ressentiment et ses volontés, il expulsait lord Withworth, rappelait Woronzof. C'est ce moment qu'étaient jetées les bases de la ligue des neutres.

Indépendamment de ses griefs contre l'Angleterer et l'Autriche auxquels le tzar donnait ainsi satisfaction, des causes accessoires déterminaient sa conduite: d'une part, l'enthousiasme qu'excitait en lui le génie de Bonaparte; d'autre part, la complaisance qu'onmettait, au sein de sa cour,àflatter ses idées du moment. La campagne d'Italie, l'expédition d'Egypte, la journée du 18 brumaire, avaient été l'objet de son admiration. Dans le jeune général que les événements venaient de mettre àla tête de la France, il se plaisait à vokun

représentant des principes qu'il appliquait clans ses États et qu'il considérait comme indispensables à la sécurité des trônes en Europe. La forbien plus tune de ce victorieux le séduisait, l'entraînait que ne le pouvaient faire les plaintes et la détresse du chef des Bourbons. 11 revenait peu à peu de ses préventions contre la France.

Autour de lui, ce penchant trouvait des encouragements; ses ministres s'attachaient à mettre en lumière ce qu'offrait d'égoïste et d'intéressé la politique des cours de Vienne et de Londres. Ils lui montraient l'une usurpant le commerce exclusif des mers, l'autre confisquant l'Italie. Ils le circonvenaient de toutesles cajoleries qui répondaient à sa haine pour les Anglais ; ils ouvraient devantlui, en flattant son amour-propre militaire, la vaste carrière d'une attaque sur l'Inde; ils faisaient briller à ses yeux, comme un argument à l'appui de ceux qui voulaient qu'il se rapprochât du premier consul, la gloire militaire dece dernier.

Les efforts de l'impératrice tendaient au même but, ainsi que ceux de la favorite, Mlle de Nélidot rappelée à la cour après une courte disgrâce. C'est en parlant de cette jeune femme que notre ministre à Copenhague, Bourgoing, écrivait à Talleyrand: « Elle a autant de raison que d'esprit. Elle a fait tout ce qu'elle a pu pour détourner Paul d'entrer dans la coalition. Ellelepoussera àen sortir. »

La cour de Mitaii commençait à ressentir les effets de ces changemens. Mais ni le roi ni ses conseillers ne pouvaient se rendre compte des motifs qui modifiaient l'attitude de Paul P'. Le secret des négociations politiques n'était pas alors un vain mot. Il n'y avait ni journaux pourle trahir ni télégraphe pour le divulguer. Ce n'est pas à Saint-Pétershourg où régnait la terreur, qu'on pouvait le pénétrer. Ce n'est pas davantage à Mitau où, privé d'informations sûres, le roi restait déplus en plus isolé. Pas plus à Mitau qu'à Saint-Pétersbourg, on ne se doutait delà gravité de ces incidents, ni des efforts que faisait Bonaparte mieux informé, pour en tirer parti.

Page 1