‹ Les Bourbons et la Russie pendant la Révolution française (d'après des documents inédits)Chapitre 36 sur 71 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Louis XVIII à Varsovie, d'après les rapports de police. — État de l'Europe en 1804. — Mauvais rapports entre la Russie et la France. — Le roi songe à provoquer une réunion des princes de sa famille. — Sa lettre au roi de Suède et réponse de ce dernier. — Mort du duc d'Enghien. — Bonaparte empereur. — Louis XVIII écrit au tzar et au roi de Prusse pour leur faire part de son désir de se rendre en Suède. — Surprise du gouvernement prussien. — Désapprobation de la Russie. — Départ du roi. — Séjour à Blankenfeld. — 11 s'embarque à Riga.

Au cours de ces événements, deux années s'étaient écoulées. La vie de l'exilé restait paisible en apparence. L'observateur secret que la police de Foùché entretenait à Varsovie ne signalait aucun incidente Le prétendant semblait

1. Cet observateur arriva à Varsovie au mois d'octobre 1802. Ses instructions disaient : « Son premier soin, en se faisant connaître comme homme de lettres, négociant, ou sous tout autre rapport qui puisse attirer la confiance, sera de se former des connaissances utiles, de se lier avec les personnes qui, par leur position et leurs rapports, pourront le plus utilement servir au succès de ses observations. C'est ainsi par exemple qu'il obtiendra sur l'intérieur de la maison du comte de l'Isle les notions détaillées et étendues qu'il devra transmettre à Paris. Le citoyen Gallon-Boyer nous fera connaître la composition du

résigné à son sort. « Les intentions qu'on lui prête de reprendre son titre sont fausses. » Il menait la vie la plus retirée, laplus uniforme. Il passait l'hiver dans le faubourg de Gracovie, où la sœur du dernier roi de Pologne, fixée ellemême à Vienne, l'avait autorisé à s'installer dans son ancienne demeure; en été, il habitait le palais de Lazienski, mis à sa disposition par le roi de Prusse.

Il sortait rarement. Lorsque cela lui arrivait, et qu'il allait visiter les châtelains des environs, les Fiadziwill, les Gzartoryski, les Potocki, auprès desquels il trouvait des égards dignes de sa naissance et de ses malheurs, c'était toujours avec l'extérieur le plus simple, sans décorations, presque sans suite.

L'observateur racontait, il est vrai, qu'il se dédommageait de cette contrainte dans son intérieur, où il se laissait traiter en roi. « Les deux gardes du corps qui ont suivi son frère à Varennes ne le quittent pas. Le public leur conserve leur ancien titre, quoiqu'ils soient sans uniforme. Monsieur et Madame d'Angoulême forment sa société la plus intime. Cette dernière est très

cortège qui entoure ce prince. Il rapportera les petites intrigues qui l'agitent, l'espérance qu'on y entretient, les projets que l'on y forme et les inquiétudes qui détruisent ou changent les unes et les autres. Il parlera des voyagetirs qui pourront y être conduits etdeVaccueirqu'ils y recevront. ^

aimée dans la ville, où elle répand d'abondantes aumônes. Quant à l'emploi du temps, on prétend que le comte travaille tous les matins une heure ou deux avec ses ministres, — c'est l'expression générale, — et que le reste de la journée est partagé entre les exercices de dévotion, la lecture et la table, à laquelle il apporte généralement les plus heureuses dispositions. »

Du fond de sa retraite, le roi proscrit, loin de se désintéresser des événements qui se succédaient sur le continent, continuait à les suivre avec sollicitude. Au commencement de 1804, alors que, depuis plus de trois ans, il vivait à Varsovie, l'état de l'Europe s'aggravait. L'ambition de Bonaparte, la persistance de ses vues sur l'Angleterre, sa prétention d'asservir le monde à ses desseins, préparaient une nouvelle coalition et de nouvelles guerres.

Les cordiales relations nouées entre la Russie et la France, en 1801, avaient changé de caractère. Le premier consul accusait Alexandre de partialité au profit de la Grande-Bretagne. La protection accordée par ce souverain à des émigrés tels que le comte d'Antraigues ou le chevalier de Vernègues, l'irritait au plus haut degré. Entre Paris et Saint-Pétersbourg, c'étaient tous les jours des difficultés nouvelles, tandis que l'Autriche et la Prusse, en proie aux plus vives per-

plexités, évitaient encore de prendre parti dansle conflit qui se préparait.

Dans ces divisions latentes, Louis XVIII puisait des espérances et des audaces; après des découragements passagers, il croyait maintenant à la possibilité de recouvrer sa couronne. Mais, éloigné depuis longtemps des princes de sa maison, de son frère notamment, qu'il n'avait pas vu depuis huit ans, il reconnaissait la nécessité de se concerter avec eux pour étudier les avantages que pouvait tirer sa cause des dispositions des diverses cours.

De cette nécessité constatée naquit l'idée d'une réunion de famille. Mais où se tiendrait-elle?" Sur le territoire prussien? Il n'y fallait pas songer, par suite des relations de la Prusse avec le gouvernement français. Restait la Suède. L'an-^ née précédente, Louis XVIII avait sollicité et obtenu de Gustave IV la promesse d'un asile dans la Poméranie suédoise. C'est ce souvenir qu'il invoqua d'abord en écrivant, le 4 mars 1804, au roi de Suède. Il exprimait ensuite le regret de n'avoir pas trouvé un prétexte suffisant pour quitter Varsovie. Enfin, il ajoutait :

« Je me crois au moment d'y réussir. Ce prétexte, ce motif, sera le désir, la nécessité même de revoir mon frère, que les circonstances tiennent éloigné de moi depuis plusieurs années, de

lui mener ses enfants, qu'il n'a pas vus depuis leur mariage, et de lui épargner une partie du chemin. Armé de ces raisons, je compte, à moins d'obstacles dont je ne serai pas le maître, me mettre en chemin vers le 1"" mai prochain. J'annoncerai, à la vérité, mon retour ; mais Votre Majesté, qui n'a fixé pour terme de mon séjour dans ses États que le moment où j'aurais la volonté d'en sortir, pense bien que cette volonté ne me viendra pas aisément et que je tiendrai ce langage uniquement par égard pour le souverain qui me tolère ici depuis trois ans. Je supplie donc Votre Majesté de renouveler, s'il en est besoin, les ordres qu'elle a bien voulu donner l'année passée à son gouverneur de Stralsund. Mais je la supplie en même temps d'ordonner à ce gouverneur, et à tous autres, d'observer un secret sans lequel l'exécution de mon plan deviendrait peut-être problématique. »

La réponse du roi de Suède à cette lettre ne se fit pas attendre. Elle arriva au comte de l'Isle par l'intermédiaire du ministre suédois à Berlin. Gustave IV ne refusait pas de se prêter au désir de Louis XVIIL Mais, dans son propre intérêt, il lui conseillait de s'assurer d'abord si l'empereur de Russie ne considérait pas comme avantageux aux Bourbons et à Jui-même que leur téunion eût lieu dans ses États. Ce conseil four-

nissait au comte de l'Isle une occasion de mettre à l'épreuve la bonne volonté d'Alexandre. Il allait donc s'y conformer, quand arriva à" Varsovie une nouvelle aussi douloureuse qu'imprévue. Durant la nuit du 20 au 21 mars, le duc d'Enghien, arrêté sur les bords du Rliin et conduit à Paris, avait été fusillé dans les fossés du cliâteau de Vincennes. La famille royale n'était pas encore revenue de la stupeur causée par ce tragique événement qu'il s'en produisait un second d'un autre caractère, mais d'une égale gravité. Bonaparte venait d'être proclamé empereur..

Maintenant, la réunion de famille projetée tirait de ces faits sa raison d'être. Louis XVIII n'hésita plus à la réaliser. Il engagea son frère et les autres princes de sa maison à se rendre à Calmar, en Suède, et à s'y trouver au mois de septembre. C'est là qu'ils devaient l'attendre, si le tzar refusait de prêter le territoire russe à leur réunion. Dans le cas contraire, ils devaient se rendre à Riga, où il arriverait avant eux pour les recevoir.

Le 25 juin, après avoir protesté auprès de toutes les cours contre l'acte usurpateur de Bonaparte, il faisait connaître ses projets à l'empereur de Russie. « Si Votre Majesté impériale daignait l'approuver, écrivait-il, cette réunion si désirable, et qui ne doit être que momentanée, aurait

inO LES BOURBONS ET LA RUSSIE

lieu dans ses propres Etats, soit àVilna, soit dans toute autre ville qu'il plairait à Votre Majesté impériale de me désigner. Parmi les motifs sans nombre qui meferaientpréférerce parti, il est une considération qui ne peut manquer de toucher l'âme sensible de Votre Majesté Impériale. Depuis son enfance, ma nièce n'a point va son l)eau-père; depuis son mariage, je cherche vainement l'occasion de la lui présenter ; je voudrais lui épargner les fatigues d'un long voyage et d'un double trajet de mer. Si, malgré cette puissante considération, Votre Majesté Impériale pensait que je dusse plutôt passer moi-même en Suède, je la supplierais de me donner un bâtiment qui de ses côtes pût m'y transporter. En attendant, -et pour recevoir moi-même sans obstacle ni délai la réponse de Votre Majesté Impériale, je vais, accompagné de mon neveu le duc d'Angoulême, me mettre en route pour sa frontière, m'y croyant suffisamment autorisé par l'invitation obligeante qu'elle me fit il y a deux ans. Je m'arrêterai à Orodno, et là, j'attendrai la communication ultérieure qu'elle voudra bien adresser au comte de l'Isle. »

La résolution prise par Louis XVIII de ne pas attendre la réponse du tzar à Varsovie révèle clairement que, s'il redoutait de voir sa démarche désapprouvée par Alexandre, il entendait

cependant y donner suite quand même et se mettre dans l'impossibilité d'y renoncer. Déjà, d'ailleurs, il procédait aux préparatifs de son départ. Il en avait averti le roi de Suède, en se réservant de ne se rendre à Calmar que si la Russie lui était fermée. De même, quelques jours avant de quitter Varsovie, il écrivait au roi de Prusse pour lui annoncer qu'il allait se mettre en route et placer sous sa protection « ce qu'il avait de plus cher, sa femme et sa nièce », qui restaient en Pologne, où il comptait les rejoindre avant peu.

Cette nouvelle causa au gouvernement prussien autant de surprise que d'inquiétude. L'initiative que prenait le comte de l'Isle, cette résolution de revendiquer solennellement ses droits, pouvaient engendrer de graves difficultés. Le roi, cependant, se contenta de le remercier pour ses communications, en ajoutant, il est vrai : (( Je ne doute pas de l'intention constante que vous voudrez bien apporter à éviter tout ce qui, de manière ou d'autre, pourrait compromettre ce séjour à Varsovie, et à me procurer le plaisir de continuer à vous l'offrir. »

Ces recommandations portent la date du 20 juillet. Le même jour, le monarque prussien informait de ce qui se passait M. de Lucchesini, son ministre à Paris. « Je vous en informe afin

que vous puissiez en parler, puisque le gouvernement français paraît attacher, à tort, de l'importance aux démarches même les plus innocentes de cet infortuné prince. Je m'attends au moins que dans aucun cas, on ne paraîtra vouloir s'enquérir officiellement de cette correspondance indifférente dont personne absolument n'a le droit de se mêler. »

On trouve dans l'accent de cette lettre, avec l'évident désir de ne pas se brouiller avec la France, un reflet de l'impression de révolte et d'horreur, produite sur les cours par la mort du duc d'Enghien. Cette impression, la Prusse et l'Autriche cherchaient encore à la dissimuler. Mais la Russie semblait s'appliquer à la trahir. Entre elle et la France, les relations se tendaient. M. de Markof, tombé dans la disgrâce de Bonaparte, comme M. de Kalitschef, avait quitté Paris, où un simple chargé d'affaires, M. d'Oubril, occupait sa place.

Le général d'Hédouville, ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, écrivait le 20 avril : (( Tout est changé ici depuis la nouvelle de l'arrestation du duc d'Enghien et l'arrivée de l'estafette expédiée par le résident de Russie à Francfort, qui a appris son jugement. On ne parle que d'une rupture ouverte avec la France et de mesures violentes qui en seraient la suite. L'em-

pereur s'est échappé plusieurs fois en propos contre les Français, en ajoutant qu'ils gâtaient ce qu'ils avaient fait de bon. »

Le général d'Héclouville signalait en outre la position difficile de son ambassade. x\près la mort du petit-fils des Gondé, la cour de Russie avait pris le deuil et fait célébrer un service religieux; elle avait poussé la diète de Ratisbonne à protester contre la violation du territoire badois. L'ambassadeur de France, en énumérant ces actes, préparait son gouvernement au rappel de M. d'Oubril, à l'ordre donné aux sujets russes de quitter la France, à une résurrection de la sympathie du tzar pour Louis XVIII, à line alliance entre la Russie et l'Allemagne,- toutes choses dont le langage et l'attitude d'Alexandre ne laissaient que trop prévoir la réalisation.

De son côté, le gouvernement français se répandait en reproches et en plaintes. Le 2 mai, Talleyrand exprimait par écrit ses griefs à M. d'Oubril. « Après l'intervention que le cabinet de Saint-Pétersbourg a voulu prendre aux affaires intérieures de la France, après la conduite qu'il a tenue par rapport à MM. de Vernègues et d'Antraigues, après ce qu'on voit d'incertitude dans les dispositions de ce cabinet relativement aux nouvelles destinées de la France et aux prétentions de la maison de Bourbon, après surtout

cette affectation de porter, sans qu'aucun lien de parenté l'exigeât, le deuil d'un homme coupable, tombé sous le glaive des lois pour avoir tramé des assassinats sous l'influence de l'Angleterre, la déclaration qui vient d'être faite à Ratisbonne est un acte qui prouve clairement qu'il n'y a plus aucun moyen pour que la France et la Russie se concilient à l'effet d'intervenir de concert dans les affaires germaniques. La première démarche que fit Paul r-, de glorieuse mémoire, lorsqu'il voulut se rapprocher de la France,- ce fut d'éloigner le comte de l'Isle de ses États et de lui retirer toute sa protection. » Cette lettre précédait et préparait une rupture qui fut définitivement consommée au mois d'aoûts

Cependant, quoiqu'irrité contre la France, l'empereur de Russie ne laissait pas de désapprouver le voyage de Louis XVIIL II ne lui dissimula pas qu'il voyait avec peine sa résolution et qu'il l'en aurait dissuadé s'il en avait été averti à l'avance : « Ces démarches seront inutiles et ne pourront que donner des armes à vos ennemis. Je ne saurais donc y adhérer, et l'olïre faite précédemment d'un asile en Russie est sous la condition

1. Le 28 de ce mois, M. d'Oubril demanda ses passeports, qui lui furent envoyés le même jour. Depuis le 18, M. de Rayneval, resté à Saint-Pétersbourg comme chargé d'affaires, après le départ de M. d'Hédouville, avait reçu les siens.

expresse qu'aucune démarche semblable n'aurait lieu. »

Après diverses remises, le départ du comte de risle avait été fixé définitivement au 25 juillet. Au moment de partir, un accident l'obligea à le retarder de nouveau ^ . C'est le 30 seulement qu'il put se mettre en route. Il ignorait encore quelle suite serait donnée aux demandes qu'il avait adressées au tzar; il ignorait de même si ses parents pourraient venir le rejoindre. Après avoir fait des adieux à sa femme et à sa nièce, il se dirigea vers Gi:odno. Il voyageait sous le nom de comte de l'Isle, et le duc d'Angoulème sous le nom de comte de Ghàtellerault. Il était accompagné du cardinal de Montmorency, du comte d'Avaray, du duc de Piennes, du comte de Blacas, du marquis de Vassé, d'un médecin, d'un chapelain, et de trois domestiques.

Le 8 août, il arrivait à Grodno, sur le territoire russe, où l'attendait la lettre de l'empereur Alexandre. C'était, comme on vient de le voir, une désapprobation formelle de sa conduite. Il

1. Après avoir mangé un plat de carottes, il fat violemment indisposé. Il crut toujours avoir été, dans cette circonstance, victime d'une tentative d'empoisonnement. Une instruction fut même ouverte à sa requête. Nos recherches n'ont pu nous faire découvrir la vérité, pas plus que ne put la découvrir le magistrat-instructeur, dont il suspecta d'ailleurs la bonne volonté.

ne pouvait même compter sur une frégate russe pour le transporter de Riga à Calmar. Il ne lui restait donc qu'à profiter des offres de ^Gustave IV. Il lui annonça son arrivée prochaine à Calmar.

(( Je dirai à Votre Majesté, et lui en demande le secret, qu'en m'environnant de mes parents, mon intention est de conférer avec eux sur le nouvel acte que je prépare et que je veux adresser à mon peuple. Sans doute, il eût été bien satisfaisant pour moi de placer les trois fleurs de lis à l'abri des |trois couronnes. Mais je n'abuserai point de la généreuse amitié de Votre Majesté. La compromettre serait pour moi un malheur et une source de regrets éternels. Je lui donne donc ma parole d'honneur que rien ne sera daté ni publié de ses États. »

Cette lettre écrite, la nécessité de s'assurer le moyen de traverser la Baltique condamna le comte de l'Isle et ses compagnons à une longue attente. Pendantquinze jours, réfugiés en Courlande, sur la frontière de Lithuanie, au château de Blankenfeld, dont le propriétaire, M. de Konigsfels, leur avait offert une hospitalité plus confortable que celle des auberges de Grodno,

L Louis XVIII n'oublia jamais le service que lui avait rendu M. de Konigsfels. Sous la Restauration, ce gentilhomme fut nommé officier de la Légion d'honneur et reçut du roi de France pour lui et ses descendants le titre de comte.

ils attendirent que Blacas, envoyé à Riga, eût réussi à trouver un bâtiment pour les transporter à Calmar. Cette attente les conduisit jusqu'au 12 septembre. Le départ de Louis XVIII eut lieu ce jour-là. Ne voulant pas exposer le vieux cardinal de Montmorency et le cliétif d'Avarayaux fatigues d'un voyage par mer, il les laissa à Blankenfeld, où il devait les reprendre à son retour * .

Le lendemain, il était à Riga. Il y trouva des nouvelles de son frère, mais non telles qu'il les souliaitait. Le comte d'Artois exprimait la crainte de ne pouvoir se rendre à Calmar et d'être obligé d'y envoyer à sa place le prince de Coudé. Louis XVIII se décida néanmoins à continuer son voyage. Le 14 septembre, avant de monter à bord du navire marchand qui devait le conduire en Suède, il écrivit à l'empereur de Russie et au roi de Prusse pour leur annoncer son départ, toujours soucieux de ne pas perdre

1. Par les soins de d'Avaray, une note fut communiquée aux gazettes allemandes : « M. le comte de l'Isle a quitté l'asile noble et touchant qu'il a reçu en Gourlande chez le baron de Konigsfels et s'est rendu à Riga, le 12 septembre, accompagné de M. le duc d'Angoulême, de son capitaine des gardes et de son premier gentilhomme de la chambre. M. le comte de l'Isle amis sur-le-champ à la voile pour se rendre à Stockholm et reprendre ultérieurement et sans retard la direction déterminée de concert avec les puissances du Nord. »

les bonnes grâces des deux souverains et de se ménager un asile dans les États de l'un ou dans les États de l'autre. Le même jour, le navire mit à la voile et prit la mer par le plus afTreux temps.

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