‹ Les Bourbons et la Russie pendant la Révolution française (d'après des documents inédits)Chapitre 48 sur 71 · LE DUC D'AXGOULÈME A PAUL I · texte numérisé non relu

LE DUC D'AXGOULÈME A PAUL I

:\ritaii, no mai 1790.

Mon premier devoir, mon premier mouvement, en quittant Tautel ou je viens d'être uni ù ma cousine, est de mettre aux pieds de Votre Majesté Impériale, l'iiommage de ma vive et respectueuse reconnaissance. Mais plus je suis heureux, plus je voudrais me montrer digne de mon bonheur; tout ce qui n'est pas sourd à l'honneur se précipite à Tenvi dans la carrière ouverte par Paul P^ J'ai vu passer les enfants de Votre Majesté Impériale volant à la gloire ; l'Europe retentit des exploits du maréchal Souvarof et de l'archiduc Charles; et l'époux d'une princesse qui, par son courage autant que par ses malheurs et ses vertus, fixe les regards et l'intérêt de l'Europe languiroit dans l'oisiveté. Ah! Sire, à ce prix, il ne seroit plus de bonheur de moi. Que Votre Majesté Impériale daigne considérer ma situation, qu'elle mette le comble à ses bontés en m'accordant la permission d'aller joindre ses drapeaux. Servir comme volontaire la cause de mon Dieu et de mon Royaux premiers rangs des armées de Votre Majesté Impériale, montrer à l'univers que je n'ai pas dégénéré de mes ancêtres est tout ce que je veux, tout ce que je demande. Tranquille sur le sort de celle qui m'est plus chère que la vie, puisque je la laisserai dans les États et sous la protection de Votre Majesté Impériale, l'honneur étouffera les regrets que d'autres sentiments pourroient faire naître, et je ne m'occuperai plus qu'a

justifier le choix de nos parents et les hontrs de notre auguste bienfaiteur.

Je suis avec le plus profond respect,

Sire, De Votre Majesté Impériale, Le très luimble et très obéissant serviteur,

Louis Antoine.

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