‹ Les bourgeois aux champsChapitre 20 sur 60 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

MADAME PATIN, MADAME BONNET, EMMA BONNET, MADAME CORNU, PALAMËDE CORNU, ADÉLAÏDE.

MADAME BONNET. — BonjouT, madame.

MADAME CORNU. — Boujour, madame.

PALAMÈDE CORNU. — Boujour, madame.

MADAME PATIN. — Ail! c'est cliamiant, mesdames, de penser à moi. M. Patin sort d'ici à l'instant ; il sera désolé de ne pas s'être trouvé à la maison.

MADAME BONNET. — Nous vcuons de Ic rencontrer sur la roule de Fromainville.

MADAME PATIN. — Avcc M. Boircau?

MADAME BONNET. — Avpc M. Boireau.

MADAME PATi^. — I!s Yonl essajer un cabriolet que vient d'acbeler M. Boireau.

MADAME Bo^:vET. — M. Boircau n'a pas fait là une belle acquisition.

MADAME TATiN. — Vraiment?

MADAME Bo>?«KT. — C'cst ce vicux cabriolcl qu'avait 31. Dulegat, un vieux soufilet.

MADAME PATIN. — M. Paliu ic trouvait supcrbc.

MADAME BONNET. — On cst veuu ic proposcr à mon mari, je n'en ai pas voulu.

• MADAME coRNc. — Et tu as bien fait.

MADAME PATIN. — Eb bicH, à cntcudre M. Boireau, il a tout pour rien.

MADAME BONNET. — Sa fcmmc csl de même: elle acbèle vingt francs des cbapeaux que nous payons trente et quarante.

MADAME PATIN. — Mais, à propos de chapeaux, ôtez donc les vôtres.

MADAME CORNU. — Jc VOUS remercic, madame; nous ne venons vous faire qu'une petite visite.

MADAME PATIN. — Mcttcz-vous dans la bergère, je vous en conjure.

MADAME BONNET. — Nous passiotts dcvanl la porte, et madameCornu était bien aise de vous faire ses adieux.

MADAME PATIN. — Madame ne part pas encore?

MADAME toRNi. — Si fait, madame.

LES LOISmS DE PETITE VILLE. 71

MADAME PATIÎV. — Quoi ! déjà?

MABAME coRM". — Savcz-vous, madame, qu'il y aura mardi sept semaines quejesuishorsdecliez moi.

MADAME PATo. — On nc s'cn est pas aperçu ici, madame.

MADAME BONNET. — Vous êlcs bien bonne; mais il n'en faut pas moins qu'elle s'en aille; mon beaufrère est furieux contre moi de ce que je retiens sa femme si longtemps.

MADAME CORNU. — J'ai grand besoin chez mol.

MADAME PATIN. — Il y avall longtemps, madame, que vous ne vous étiez vues avec madame votre sœur?

MADAME CORNU. — Trols ans, madame.

MADAME PATIN. — Ça ne laisse pas que d'être long. Mettez ceci sous vos pieds. {Elle lui présente un tabouret.) Et monsieur votre flis s'est bien amusé, sans doute?

MADAME CORNU. — Il n'a fait absolument que cela ; il doit être fatigué de plaisirs.

MADAME BONNET. — Quc vcux-tu, madame Cornu ! c'est de son âge.

MADAME CORNU. — Il scralt tcmps cependant qu'il commençât à devenir raisonnable; nous avons bientôt sept ans.

MADAME PATIN.— Vous avcz cncorc de la marge.

MADAME coR>u. — Mais commc cela, madame.

MADAME PATIN. — Vous êlcs Bllce cbez madame Simier depuis peu?

MADAMi: Bo^^'ET. — Hicp, nous y avons dîné avec ma sœur. Elle éiait loule contrariée, madame Simier.

MADAME PATIN. — Elle n'csl pas malade?

MADAME Bo>?iET. — Au Contraire; mais elle est très-nerveuse, vous savez, un rien l'indispose.

MADAME PATIN. — Et cclle peUlc duine qui est chez elle ?

MADAME BONNET. — Madame Martin ?

MADAME PATIN. — Oul.

MADAME BONNET. — Emma, va jouer un peu dans le jardin avec ton cousin.

EMMA. — Oui, maman.

MADAME CORNU. — Vous nc touclicrcz à rien. PALAMÈDE. — Non, ma tante.

Page 1