SCÈNE XI
ADÉLAÏDE, ?;w?s PATIN.
AnÉLAiDE. — Elles ne risquent rien, elles n'en seront pas quittes de sitôt.
PATIN. — Adélaïde!
ADÉLAÏDE. — Qui cà? quI m'appelle?
PATIN. — C'est moi.
ADÉLAÏDE. — Tiens, c'est vous? Oh ! mon Dieu! quoi donc qui vous est arrivé?
PATIN. — Je suis brisé; tout le cabriolet qui s'est renversé sur moi !
ADÉLAÏDE. — Mais VOUS n'ctcs pas reconnaissabie... Par où donc que vous êtes entré?
PATIN. — Je me suis coulé tout le long du mur du jardin, je n'ai été vu de personne.
ADÉLAÏDE. — Heureusement encore !
PATIN. — Et j'attendais, pour entrer, que ces dames fussent parties. Je suis moulu !
ADÉLAÏDE. — Prenez garde de VOUS asseoir sur les fauteuils; vous allez me les gâter.
PATIN. — Je suis donc bien abîmé?
ADÉLAÏDE. — Regardez-vous un peu dans la glace. «
PATIN. — C'est à ne pas me reconnaître.
ADÉLAÏDE. — Voulez-vous prendre qucl'cliose?
PATIN. — Non, merci; je vas me jeter sur mon lit.
ADÉLAÏDE. — N'avcz-vous rien de cassé?
PATIN. — J'espère que non... Oli! les reins! les reins!
ADÉLAÏDE. — Ça vous apprendra une autre fois à aller avec des chevaux que vous ne connaissez pas.
PATIN. — CeBoireau est un imbécile...
ADÉLAÏDE. — Il y a longtemps que je l'ai dit,
PATIN. — Il me soutient qu'il conduit dans la perfection ; moi, je le laisse faire.
ADKLAiDE. — Et patatras! vous voilà bien lotti.
PATIN. — Je m'en vas me mettre au lit; je ne voudrais pas que ma femme me vît dans un état pareil.
ADÉLAÏDE. — C'est dommage; vous êtes pourtant bien gentil comme ça.
PATIN. — Ne lui en dis rien.
ADÉLAÏDE. — N'ayez pas peur.
PATIN. — Tu monteras me voir.
ADÉLAÏDE. — Je crois bien. Sauvez-vous! j'entends qu'on vient.
PATIN. — Ah! les reins, les reins! (// sojH.)