‹ Les bourgeois aux champsChapitre 35 sur 60 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

VALENTIN, dans la rue; MÉLANIE, à sa feyiêlre.

méijAnie. — Comme je vous disais, si je m'attendais à trouver ici quelqu'un de connaissance, à coup sûr, c'était pas vous.

VALENTIN. — Moi non plus, par exemple.

MKLANIF-. — Ce qu'il y a de bon, c'est que j'en suis, (le la campagne, que je l'ai quillée pour entrer en service à Paris, et que m'y revoilà. En v'Ià de la chance !

vALENTiN. — Peut-être bien qu'vos maîtres n'y resteront pas... faut voir.

MÉLAME. — J'y compte pas.

vALENTiN. — Via les nôtres, ils ont une campagne, c'est pour dire qu'ils en ont; car ils n'y sont pas plus tôt, qu'ils parlent de s'en aller. Tenez, de demain en quinze, nous v'Ià parti pour les eaux.

MÉLAîviE. - Comment! sitôt qu'ça?

vALENTiN. — Ça paraît décidé.

MÉLANiE. — Eh ben, qui donc que nous allons avoir à voir?

vALENTiî». — Dame, pas grand monde.

MÉLANiE. — Ça va-t-être gentil !

vALENTiN. — D'autant qu'ici c'est un pays perdu; y a rien, ou ben faut aller au diable, et encore on ne trouve pas.

MÉtANiE. — Eh ben, je n'risque rien, j'vas ben m'amuser.

vALENTiN. — Après ça, ils ne sont pas chez eux, pas vrai, vos bourgeois?

MiÎLANiE. — Ils ont loué pour la saison, c'est déjà de trop.

vALENTiN. — Us ont affaire au malin des malins ;

s'ils n'y prennent gordc, il pourrait bien le leur z'y flanfiiier sa maison sur l'dos.

MKLAivif;. — Ça les regarde, je ne m'en mêle pas; pourquoi qu'ils sont si bêles!

vALENTiN. — Eh ben, sans adieu.

MÉLANIE. — Déjà?

VALENTiN. — Faut quc j'aille en course. MKLANiE. — On vous revcrra ?

vALENTiN. — Je crois ben ! trop content d'vous avoir revue.

MÉLANIE. — D'mon côté aussi.

VALENTiiv. — Sans adieu, mamselle Mélanie. MÉiiANiE. — Au r'voir, monsieur Vaiontin.

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