I.KS Mf.MES, MONSIEI R THlRAmi, LA Bü.^lINE
LA BONNE
Monsieur Thirard!
MONSIEÜK LAMOllRorx.
Bonjour, monsieur Thirard.
MONSIEUR THIRARD.
.Madame, votre très-humble.
MONSIEUR LAMOÜROUX.
Prenez doue la peine de vous as.seoir -,
MONSIEUR THIRARD.
Faites pas attention, je ne suis ici qu'en passant ; j’étais
UNE FIMÆ A MARIER
bien aise de voir un peu comment vous alliez ce matin.
MONSIEUR LAMOUROUX
Et madame?
MONSIEUR THIRARD.
Tout doucement. Elle m’a chargé de vous dire un million de choses? Et votre charmante demoiselle? '
MADAME I.AMOUROUX
A merveille.
MONSIEUR LAMOUROUX
Nous en étions précisément sur son chapitre.
MONSIEUR TIIIRARD.
Vous pensez toujours à l’établir?
MONSIEUR LAMOUROUX
Mais il en est question;
MONSIEUR TIIIRARD.
Vous n’êtes pas sans avoir ouï parler du mariage de mademoiselle Salivet? -
Pas encore.
MONSIEUR TIIIRARD.
C’est, dit-on, pour la semaine prochaine.
MADAME LAMOUROUX
Sitôt!
MONSIEUR LAMOUROUX
Qui épouse-t-elle?
MONSIEUR TIIIRARD.
Un notaire des environs de Fontainebleau.
MADAME LAMOUROUX
On nous en a proposé un de ces côtés-là.
MONSIEUR LAMOUROUX
L’année dernière.
MADAME LAMOUROUX
.le n'en ai pas voulu.
LM; Kll-Mi A n AUI LU
MONSIEUR LAMOUROUX
Il a de la forlune ce notaire i|ui épouse mademoiselle Salivet?
MONSIEUR TIHRARD.
Ses parents, à ce qu’il paraît, sont fort à leur aise.
MADAME LAMOUROUX
Comme celui qu’on nous proposait.
* MONSIEUR TIHRARD.
Fils unique, le futur de mademoiselle Salivet, établi depuis trois ou quatre ans ; joli homme, à ce qu’oii dit encore; fort au courant des affaires; il y a cent à parier que son étude vaut le double de ce (ju’ellc valait quand il a traité.
MONSIEUR LAMOUROUX
Vous le connaissez ?
MONSIEUR TIHRARD.
Beaucoup, beaucoup ; nous nous sommes rencontrés plusieurs fois.
MONSIEUR LAMOUROUX
C’est vous peut-être qui avez fait le, mariage?
MONSIEUR TIHRARD.
J’y suis bien pour quelque chose.
MADAME LAMOUROUX
File n’est pas jolie mademoiselle Salivet.
MONSIEUR TIHRARD.
Beau corps de femme 1 surtout trtis-donce, parfaitement élevée, un caractère charmant, remplie d’excellentes qualités.
MADAME LAMOUROUX
Une perfection, à ce qu’il paraît.
MONSIEUR TIHRARD.
J’avoue que si j’avais un fils...
Digilized by Googte
l’NK FILM'. A MAHIKH
MO.NSIEUK l,A.MOl!nOi;x.
La position du notaire qu’on nous proposait éLiit exactement la même.
MADAME 1. A M O r II O U X .
Plus belle encore! il avait un oncle immensément riche, sans enfants, garçon, qui était... quoi donc déjà, monsieur Lamouronx'?
MO.NSIEUK I.AMOIHIÜUX.
Je ne m’en souviens plus.
MADAME LAMOUROUX
Tout cela n’a pu me déterminer, lonjours parce qu'il aurait fallu me séparer d'elle.
MOXSIEII! TlilRARD.
Plus on ira. plus on aura de mal à marier .ses filles, vous verrez.
MONSfEl ll I.AMODIIOI X.
(1'e.sl mon avis.
MO.XSIEUlt TH lit A RD.
Quand un parti est à peu près soi'lable, on a grand tort de le laisser aller.
MONSIEUR I.AMOUROUX
Oui, oui.
MADAME LAMOUROUX
C’est souvent aussi faute de s’ètre donné le temps de réfléchir que nous voyous autant de mauvais ménages.
MONSIEUR THIRAKD.
Aujourd’hui, dès qu’un jeune homme a quelques espérances. il a des prétentions à n’en plus finir.
MONSIEUR LAMOUROUX
Croyez-vous donc que des parents qui ont quelque chose n’aient pas aussi les leurs ?
MONSIEUR THIRARD.
Je ne vous dis pas non. Vous avez, [lar exemple, le fiL Palm. HipiMilyle, qui n’est ni lieau ni riche...
[;M-: FILLK A MAlUbR ‘203
MADA..MK I.AM0ni;iM
Tant s’cii fanl .
MOXSlEUn TIIIKAr.il.
(Ja ii‘a pas empècliô qu'il a lait im mariaj;o c.xcelicnl, mais excellent, excellent issime ! C’est nue magnifique .itfaire. une tles plus belles, assurément, qu’on ait faites déliais longtemps.
MAUAME LA.M or KOC A.
.lainais JC n’auraîs consenti à ce ijne ma lille s’a|ipelà( madame Palni.
MON s IEC K TIlIKAKIi.
Mademoiselle Fourcliat a épousé M. Palm, parce que M. Patni lui convenait; elle a eu de sa ümte, en se mariant, cinquante on soixante mille, francs, vingt mille et ’ tant de ses père et mère ;joignez à. cela ce qu’elle aura un jour ü la mort de ses parents : je ne vois déjà pas qu’elle soit si à plaindre.
MONSIECK I.AMOÜHOl.V.
f]lle doit être fort heureuse, au contraire.
MADAME I.AMOCKOlîX.
(}ui vous l’a dit '
M O X s I F, f 11 1. A M O r II 0 U A .
Tous ceux qui la connaissent .
MADAME I.AMOriïOrX.
Pai •ce qu’une fenune qui a le sens commun ne se plaint jamais ; nous avons bien trop d’amour-propre!
MOXSIEt'Il TIIIKAKU.
Mon Dieu! que vous ayez de l’ambition pour votre demoiselle, c’est bien naturel ; nous aussi nous en avions pour la notre, et, eu définitive, nous avons été bien heureux de trouver. . . quoi ?...
MADAME l.AMOUROL'X.
Un épicier !
•204 1;NK I- ILLI-. \ MAUlKR
MONS IKCl'. TlIIliAIiU.
Qui l’a tendue paifailemenl heureuse; elle le sérail eu-core si nous n’avions pas eu le malheur de la perdre.
MONSIF.eit LANOUROUX.
Son petit garçon va bien ?
AlONSlEL’R THIRAlill.
Il pousse comme un ehampignon. J’aurais une seconde lillc, que j’cn serais débarrassé il y a longtemps.
MOSSIEUr. I.AMOl'ROrX.
Si l’on m’eùt écouté...
MADAME I.AMOUliOUX
Mon Dieu ! que ne mariez-vous la vôtre bien vile? et ne m’en parlez plus. C’est impatientant, à la fin, d'entendre toujours rabàeber la même chose.
MO.NSIEIR THIHAI‘,1),
Si j'ai un conseil à vous donner, c’est de lerniiiicr au plutôt, pour peu <[ue le jeune homme vous convienne. Mon Dieu! comme je vous disais, si je n’avais brusqué les choses, notre fille serait encore à la maison.
MADAME LAMOUDOÜX.
Pauvre madame Darhot !
MOSSIEUR TlIlUAUÜ.
excellente personne!
MADAME LAMOUKOVX.
Mon Dieu! si elle n’était pas si loin, j'aurais déjà été la voir; si c’était à Monlmarlrc, j’irais souvent; mais làbas, au Père Lachaise, on y regarde à deux fois.
MONSIEUR TIIIRARD,
Vous Ôtes bien hoiiiie. Nous l’avons beaucoup {denrée, nous la pleurons encore, toutes les fois qu’il en est question. Enfin, je le répète, ce que vous avez de mieux à faire, c’est de ne pas vous endormir sur le mouton ; ne lanternez pas, cher ami, ne lanternez pas.
uni: l'ILLi; A MAliltll
MONSIEUK l-AMOfliOUX.
Nous ne lanternons pas.
MONSIEUR THIRARII.
Que faites-vous donc alors'?
MONSIEUR LAMOUROUX
Nous devons cependant prendre (jiiclques Informations.