‹ Les bourgeois de Paris scenes comiquesChapitre 127 sur 175 · MARION · texte numérisé non relu

MARION

Du feu.

LF. r.ARÇON.

PREMIER t.TECTENANT.

Dites donc, Plaiitiii?

PIANTIN.

Si vous plaît?

PREMIER LIEUTENANT

Si le lieutenant Blanc, comme on dit, passe capitaine, il aura fait un joli cliemin, savez-vous, sans trop se fatiguer... Du bonheur!

PLANTIN. l

Et des protections. Il était de la promotion de Gourol. N’y a qu’à voir si Goiirot avancera jamais comme ça, pas si bête.

UN C\FK MILITATRU

2tll

PREMIER LIEUTENANT

El pourtant, soit dit sans l’on'enser, Goiirot estim aulro homme.

PLANTIN

Goiirot, lui, sait son affaire, tandis que l’autre...

PREMIER LIEUTENANT

La sait à moitié. C’est pas encore lui qu’a inventé les tire-bouchons.

PLANTIN

Ni les paratonnerres. Après ça, Gonrot n’a pas besoin de ça ; Gonrot est bien ; il a du pain sur la planche, comme on dit ; quand il aura assez du service, il pourra hier, et allez donc! sans rien demander à personne.

PREMIER LIEUTENANT

C’est pas une raison ; c’est comme moi, une supposition, faut donc, si j'ai de quoi vivre, que je file sans avoir droit à rien? Non, merci, bien obligé, puisque j’ai tant fait de rester, j’aime mieux aut’cbosc. Garçon?

LE GARÇON

Voilà !

PREMIER LIEUTENANT

Du feu.

PLANTIN

Voilà î

PREMIER LIEUTENANT

Ah çà ! le colonel va bien souvent à Paris!

PLANTIN

plus souvent qu’à son tour.

PREMIER LIEUTENANT

.le crois qu’il ne serait pas lâché de passer général.

Moi je le voudrais.

262 UN CAFI'; MILITAIRK

PREMIER LIEUTENANT

Comme il nous en faiU toujours un, nulanl celui-là (|u’un antre.

PLANTIN

Pas moi, parce que je vas vous dire...

PREMIER LIEUTENANT

' Dites.

PLANTIN

S'il est jamais nommé général, nous courons risque d’aller nous enterrer en Brelagne.

PRE.MIER LIEUTENANT

(Comment ça, en Bretagne?

PLANTIN. ’

Vu qu’il a là ses propriétés.

PREMIER LIEUTENANT

Je crois qu’en fait de pro|iriélés, il.est comme moi, c’est pas ça qui le gêne.

PLANTIN

Et sa femme?

PREMIER LIEUTENANT

Sa femme, je ne dis pas, on prétend qu’elle a de quoi.

PLANTIN

Très-riche en terres. Ses propriétés sont là, en Bretagne, et s’il ne passe pas général, il demandera à y aller, afin d’y être tout porté pour quand il prendra sa retraite, lui pas bête ! dans deux ou trois ans. Ce qui fait que nous courons grand risque de nous en aller là.

PREMIER LIEUTENANT

Ça sera le jiouquet. Le fait est qu’il conmience à ne plu> se faire jeune, le colonel .

PLANTIN

Comptez. Nous avions, au huitième chasseur, un vieux capitaine, le capitaine Marbois, qui avait commencé avec lui, au même régiment; ils étaient ihi meme âge, et voilà

UN G A F K MILITAI lit

i[ii;ilre aiis qu’il est eu l'clraitc, le c-apilaiiie Marbois. Un parle de bous officiers, eu voilà un (jiii l’était, et premier numéro! J’ai été sou fourrier. Sans lui, j'aurais été cassé vingt fois ! et uu bel homme ! Non, bien sûr, il ne serait pas entré ici sou shako sur la tcle.

PREMIEH IIEUTE.NANÏ.

Eh bien, dites donc , à en juger par les deux, je dirai même par les trois, en vous comptant, c’était pas des volligcurs, dans ce régiment-là.

ri. ASTIJi.

Je crois bien, dix-huit croix dans le premier escadron. Sans aller plus loin, c’est dix-huit blessures qu’il a sur lui, le colonel, à ce qu’on dit.

PREMIER LIEUTENANT

On m’a dit davantage et constatées.

PLANTIN

Sans compter le coup de sabre cpii lui coupe la ligure en deux. '

PREMIER LIEUTENANT

Votre capitaine était-il plus grand que le commandant boré?

P LAN Tl N.

Ah ben, oui! rien du tout ! La tête de plus que le commandant Boré.

PREMIER LIEUTENANT

Excusez.

PLANTIN

11 avait un fils, ce capilaiiie-là, machi-chefau 2“ houzards, un bambocheur fini.

PREMIER LIEUTENANT

.Je l’ai connu le 2' houzards, c’est lui qui a remplacé le 7® chasseurs à Niort.

C’est pas le 7®chasscurs qui avait une si belle musique ï

UN CAFÉ MILITAIHE

l'KEMIEK LIEUTENANT.

Justeineiil

1‘LANTIN

Jamais, chez nous, nous u’eu aurons de musique.

l'REMIER LIEUTENANT.

Pourquoi pas'?

FLANTIN.

Parce que personne ne s'en mêle,

PREMIER LIEUTENANT

Je crois plutôt que c’est, au contraire, parce que tout le monde veut s’eu mêler.

PLANTIN

P't-cl’ bien. Tiens! le jière Pensey.

LKS MÊMES, Mü.NSlElHt l'ENSEY.

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