K U AT
Capitaine!
LE CAPITAl.NE.
Avez-vous demandé au fourrier ce dont je vous avais chargé?
EILAT.
Oui. capitaine;
LE CAI'ITAI.NE, alluMiaiil sa pipe.
Vous ne savez pas la grande nouvelle?
CŒLINA. ■ '
Le mariage de M. Tabarot?
LE CAPITAINE
Eli bien, oui, mani’selle Bompard.
CtELINA.
La demoiselle où vous demeurez ?
LE CAPITAINE
Précisément.
CIKLI.N A.
Je n’en savais rien... quand ça?
LE CAPITAINE
La semaine qui vient.
CŒLINA.
Et le lieutenant Riché ?
LE CAPITAINE
Premier garçon de noce. Il arrive lanlùl.
CŒLINA.
Qui épouse-t-elle?
UN CAFL MILITAI R K
LE CAl’ITAINE.
Un apolhicaire.
CIKLINA.
Il est bien bon enfant !
LE CAl'lTAISE.
Uichéï
ECELINA.
L’apothicaire.
LE CAl'lïAIiNK.
C’est ce que nous disions ce matin à déjeuner.
, CŒLISA.
Une honnête Mlle, qui n’aurait jamais rien coûté à personne, ne tomberait pas à un parti comme ça ; aussi je dis que celles qui ne s’amusent pas ont bien tort.
LE CAPITAINE
La vie est si courte!
ClELINA.
Vous croyez rire! c’est pourtant connue ça; et M. Guimard est-il aussi invite à la noce‘?
LE CAPITAINE
Pourquoi pas tout l’escadron, pendant que vous y êtes?
CŒLINA.
Du moment qu’ils y sont intéressés.
LE CAPITAINE
Mademoiselle Cœlina, et la charité?
CŒUNA.
- Pourquoi donc que je la serais; avec ça que c’est la mode d’êt’ charitable I Qu’est-ce qu’on n’a pas dit sui’ mon compte?
LE CAPITAINE
Jamais de la vie, ça, je vous le jure.
CŒLINA.
Vous tout le premier. Enfin, qu’est-ce que vous voulez? Le capitaine Chauly n’est pas venu hier ni ce matin.
UN CAFÉ MILITAIRE
LE CAPITAINE
Il n était pas bien hier. Je vais y passer tantôt en allant amer.
CŒLINA.
Vous parlez, capitaine?
LE CAPITAINE
Il est trois heures.
CŒ I.INA.
Vous verra-t-on ce soir ?
LE CAPITAINjE.
Si le spectacle ne finit pas trop tard.
' CŒLIN A.
A revoir, capitaine.
LE CAPITAINE
Sans rancune.
CŒMNA.
Ça, jamais. Vous non plus, pas vrai? '
LE CAPITAINE
Parce que...
CŒLINA.
Oh ! rien, des bêtises... Peut-être parce qu’on vous aura dit que j’avais prétendu que la petite au vieux conimanmandant vous ressemblait.
le CAPITAINE.
Bien le bonjour, (lirait une pirouette et tourne les talons.) CiELINA.
A bientôt, capitaine.
PE N SE ï.
Qui s’en veut venir dîner avec moi? Ne parlez pas tous a la fois. Venez-vous, Plantin? Ktvous, lieutenant?
LE LIEUTENANT
.Merci, capitaine, pas aujourd’hui.
PENSE V
Vous avez peur d’être fusillé?
l’N CAFK MILITAIHK
Ce ii’est pas ça.
l'I.ANTlN.
l'ENSEY.
Iteme! en semaine, à la fortune du )) 0 t.
l.E I.IEUTEN ANT.
Non, vraiment, nous avons invité un ami.
PE N s F. Y.
(}ui donc celui-là ï
PLANTIS.
(jn ancien sous-officier établi près d’ici.
PENSEY
Je sais, celui qrie vous m’avez parlé?
Forest.
PENSE V
Connu. Vous me ramènerez, nous prendrons le café à la maison. Ça* vous va?
PLANTI s.
Adopté ! Ah çà ! vous voiliez donc m’avoir en pension (•liez vou.s ?
P EN SE Y
Si la cuisine vous convient, pourquoi pas? Et vot’ con-
Pl.A NTIN .
' Qui ça? Trapillon?
P R NSE v.
Toujours noceur ?
PI.ANTIN
A perpétuité; encore au 5' cuirassiers
PENSEY
Je croyais qu’il avait demandé à passer en Afrique.
PLANTIN. '
Mon frère, pas mon cousin. ,
l N GAFK MlUTAlRK
PENSE V
(Jù donc est vot’ frère '
PI.ANTIN
Au 2* drapons.
l'EN »EV.
.le ne m’en souvenais pins. C’est vrai, il est bien là ; .à sa place, moi, j’y resterais.
LE LIEUTENANT
Il y reste aussi. Monsieur Pensey, nous allons vous quitter.
PENSEY
Décidément, messieurs, vous ne voulez rien prendre?
PI.ANTIN
Nous allons dîner.
PENSEY
Ça n’empikîhe pas, an contraire. N'est-il pas à Colmar, vot’ frère ?
PI.ANTIN
Depuis deux mois.
PENSEY
Bonne ville, Colmar !
PLANTIN
Demandez à Goriot.