ROSE
700 francs par an; ces sommes proviennent de collectes, dons, fêtes, etc. |
La diversité de ces systèmes, chacun bon en particulier, n’est pas sans entraîner de nombreux inconvénients.
Les visiteurs se plaignent amèrement de la différence de traitement qui leur est faite d’une Bourse à l'autre. Le non-syndiqué venant d’une Bourse où il a été secouru s'étonne et se fâche qu’une autre ‘n’agisse pas de mème ; le syndiqué qui voyage ne comprend pas que les Bourses qu’il visite puissent, à leur gré, tantôt lui donner de l’argent, tantôt de la nourriture, et que même la quantité et la qualité du secours puissent varier. En règle avec son syndicat, il croit de ce fait avoir droit au secours, et il n'admet pas que les Bourses soient libres de le secourir ou non, et dans les conditions qui leur plaisent. Ces réflexions amènent des disputes et souvent des rixes.
Avec ce système de distribution aucun contrôle n’est possible, les secrétaires des Bourses ne peuvent connaître le nombre et la fréquence des visites de chaque voyageur. Aussi s'est-il rapidement créé une nouvelle profession, celle de trimardeur, profession lucrative et de tout repos. Ces professionnels du trimard sillonnent les grandes routes de France, durant la bonne saison, d'avril à octobre ; un bâton à la main, une besace sur le dos, ils vont de Bourse en Bourse, en ayant soin d'éviter celles qui ne donnent rien, et celles qui donnent peu. Parasites des organisations ouvrières, qui dépensent leur argent pour eux, sans aucun profit ni reconnaissance, ils ont bien soin de ne pratiquer aucun métier. Ce sont d’éternels promeneurs, vivant gaiement en plein air, dilettantes des voyages à pied. Lorsque les premiers froids, et les pluies d'hiver leur rendent la campagne hostile, ils savent commettre adroitement un délit