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qui les fera hospitaliser pendant les mauvais jours dans une prison, où ils attendront patiemment le retour des hirondelles, qui les inciteront de nouveau à reprendre leur profession estivale.
Pour échapper à ces inconvénients, le comité de la Fédération des Bourses présenta à ces organisations un projet de « viaticum fédéral » qui remplacerait tous ces secours particuliers et différents, par un viaticum collectif réservé aux seuls syndiqués, et reglémenté uniformément pour toutes les Bourses adhérentes à la Fédération. Ce viaticum fédéral supprimerait, sinon la totalité, au moins la plus grande partie des inconvénients qu'entraine le système particulariste pratiqué par les Bourses. (1)
C’est au congrès des Bourses du travail tenu à Rennes, en 1898,(2) que ce système fut présenté pour la première fois.
L’éconoœmie de ce projet repose sur les réponses faites au cours d'enquêtes organisées par le comité fédéral auprès
des Bourses. Les moyennes des chômeurs et la durée du chômage donnent de 10 à 20 pour cent de chômeurs pendant 90 jours par an. Ces chiffres ne concernent pas l’AIgérie qui est placée dans une situation particulière par suite du grand nombre d'ouvriers nomades qu’elle possède,
En prenant le taux de la cotisation prélevée, et celui de l'allocation versée par les organisations ouvrières qui ont déjà institué chez elles le viaticum, on trouve que 100 ouvriers versant chacun 20 centimes par mois fourniraient une somme annuelle de 240 francs, et que 20 chômeurs rece-
(1) Pelloutier. Histoire des Bourses du travail, p. 93 et suivarles.
(2) L'Ouvrier des deux Mondes, 1* oclobre 1898, p. 321 à 226.