‹ Les Bourses du Travail et la Confédération Générale du TravailChapitre 32 sur 111 · LENS AUS · texte numérisé non relu

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vant pendant 3 mois, 2 francs par mois toucheraient 120: francs. Il reste donc un excédent de 120 francs de recettes.

Si les moyennes indiquées sont exactes, et le comité fédéral le prétend, on pourrait abaisser à 10 centimes la cotisation mensuelle sans que l’allocation diminuât de ce fait. Si ces moyennes sont considérées comme inférieures à la réalité, la cotisation de 20 centimes permettrait à chaque Bourse de secourir jusqu’à 40 ouvriers chômeurs pendant 3 mois, ou 30 pendant # mois ou 20 pèndant 6 mois.

Pelloutier, l'auteur de ce projet, nous dit lui-même qu'il n'a rien d’original, il n’est que la combinaison des systèmes pratiqués par l'Union des travailleurs du Tour de France et par la Fédération des travailleurs du Livre.

Mais. la disproportion qui existe entre le nombre des membres de ces organisations (l’Union des travailleurs du Tour de France ayant, à l’époquedece projet, 3.000 membres, la Fédération des travailleurs du Livre en ayant 6.000) et celui des ouvriers affiliés aux Bourses (Pelloutier prétend qu'ils étaient à cette époque 250.000, ce qui est certainement très exagéré) ne permettait pas de conserver le même taux des cotisations et des allocations.

Bien que, en définitive, les chiffres dans les trois cas soient à peu près semblables, ceux proposés par le comité fédéral sont son œuvre propre et n’ont été fixés qu'après enquête auprès des Bourses.

Cette enquête donna le nombre d’adhérents de chaque syndicat, le pourcentage annuel des chômeurs dans chaque profession, et la durée moyenne du chômage.

Les résultats de cette enquête se sont trouvés confirmés

par les tables de la Fédération des travailleurs du Livre

dont la dépense mensuelle la plus élevée n’atteint que 0 fr. 085 par syndiqué, et par les secours de roule alloués

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par les Bourses dont la valeur moyenne est de 87 francs pour 100 membres.

Ces calculs faits, le comité fédéral, proposa aux adhérents de la Fédération des Bourses de créer un service de viaticum entre les ouvriers syndiqués affiliés aux Bourses fédérées.

Chaque Bourse posséderait une caisse spéciale administirée par elle, et alimentée, à son gré, soit par une cotisation mensuelle de 10 centimes par syndiqué, cette cotisation, qui n'est pas fixe, pourrait être réduite suivant les fluctuations du nombre des ouvriers secourus, soit par le produit de dons, de fêtes, de réunions, de collectes, etc.

Pour avoir droit au secours de route, le syndiqué devrait, premièrement, être syndiqué depuis trois mois au moins ; deuxièmement, avoir acquitté régulièrement ses cotisations, sauf dans les cas de chômage, de maladie dûment constatée, et de service militaire ; troisièmement, avoir quilté la localité où il résidait, par suite de manque de travail, ou pour avoir accompli un des actes de solidarité ouvrière prévus par le réglement particulier de chaque syndicat. Le livret de syndiqué, que le voyageur doit avoir sur lui, attesterait que ces conditions sont remplies.

Le taux du secours est calculé d’après Le nombre de kilomètres effectués par le voyageur. Pour toute distance de 40 kilomètres, et au-dessous, le secours serait de 2 fr. depuis la Bourse la plus voisine dans la direction d’où vient le voyageur. Toute distance supérieure à 40 kilomètres donnerait droit à une allocation supplémentaire de T5 cen- “imes par fraction de 20 kilomètres et jusqu’à concurrence de 200 kilomètres.

Les sommes versées au voyageur seraient portées sur son livret et totalisées au bas de chaque page. Les Bourses au-

raient un répertoire général sur lequel seraient mentionnés le nom, la date du passage du fédéré, sa profession, la ville d'où il vient, et le total des sommes portées sur son livret au moment de son passage. |

Le fédéré qui omettrait de visiter une Bourse intermédiaire n'aurait droit au viaticum que pour la distance existant entre cette Bourse et celle où’il se présente.

Le secrétaire de la Bourse visitée donnerait au voyageur l’adresse du secrétaire du syndicat de sa corporation, qüt lui ferait connaître les maisons de sa profession où se trouvent des syndiqués ; le voyageur serait tenu de s’y présenter et de s’assurer s’il ne s’y trouve pas de travail ; un des syndiqués de l’atelier attesterait que la visite a été faite. S'il n’exislait pas dans la localité de syndicat de la profession du voyageur, le secrétaire de la Bourse du travail lui donnerait lui-même les adresses et les indications nécessaires. Dans ce cas le contrôle de la visite se ferait par entente entre le secrétaire de la Bourse et les membres des syndicats de professions similaires. Au cas où une journée ne suffirait pas pour visiter les ateliers, le voyageur recevrait une indemnité de séjour pour qu’il lui soit possible de continuer ses recherches le lendemain.

Le visa de départ ne serait donné sur le livret qu'après que son possesseur aurait prouvé qu'il a bien visité tous les ateliers et qu’il y a cherché du travail sans en avoir trouvé.

Si le voyageur s'est mis à la recherche de travail avant d’avoir vu le secrétaire de la Bourse, ce qui est son droit, il ne peut accepter du travail, qu'après s’être renseigné si le patron qui veut l'employer remplit les conditions du travail imposées par le syndicat. S'il prend du travail dans un atelier à l'interdit, il perd son droit au viaticum pour une durée déterminée par la Bourse. S’il ne restait dans la

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