‹ Les Bourses du Travail et la Confédération Générale du TravailChapitre 41 sur 111 · MO E · texte numérisé non relu

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sent les rapports de leurs commissions, qu’elles suscitassent parmi leurs adhérents des collaborations souvent précieuses, et ainsi les colonnes de ces journaux seraient remplies d’exposés intéressants sur le syndicalisme et sur le fonctionnement des Bourses du travail.

Souvent les congrès discutèrent de la fondation d’un organe officiel de la Fédération des Bourses du travail.

Dès 1893, à Toulouse, au lendemain de la création de cette fédération, les Bourses s’en préoccupent, mais voulant ménager leurs ressources, et ne pas tenter à la légère une aventure qui pouvait mettre à mal leurs finances, elles décidèrent de demander à la municipalité de Paris de donner largement l'hospitalité, {ant aux Bourses du travail de province adhérentes à la Fédération, qu’à la Fédération ellemême, dans le Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris.

En 1894 (1) au congrès de Lyon, la Bourse du travail de Paris présente un rapport sur la création d’un bulletin officiel des Bourses du travail et des fédérations. Ce bulletin, qui devait s’interdire toutes polémiques politiques, ne devait contenir qu'une critique sociale, les procès-verbaux du comité fédéral et du secrétariat national du travail, les communications des Bourses du travail, des fédérations et des syndicats, les déclarations de grèves, leurs motifs, leur but, leurs résultats et leurs statistiques, les opérations de la caisse nationale des grèves, le mouvement syndical natio- ; nal. Sa création fut adoptée par le congrès.

Ce journal bi-mensuel devait pour mille-exemplaires coûter 3.770 francs et pour deux mille exemplaires

(1) Bulletin officiel de la Bourse du travail de Lyon, juin et juillet 1894, p. 105 et 106.

4.150 francs. L'abonnement serait de 4 francs par an, et il suffirait de 1.000 abonnements pour qu’il puisse vivre.

Mais dans l’année 1894-1895 (1) onze Bourses seulement et quatorze syndicats souscrivirent l'abonnement décidé à Lyon, ce qui faisait en tout vingt-cinq abonnements, nombre insuffisant pour permettre la publication du journal.

Le congrès de Toulouse en 1897 (2) décida qu’une active propagande serait faite pour arriver à la création d’un journal quotidien, et que pour cela l’aide de la Confédération générale du travail serait sollicitée.

Une proposition fut faite à ce congrès tendant à la création d’un journal dans les conditions suivantes : le secrétaire fédéral deviendrait secrétaire de la rédaction, et ses émoluments seraient portés de 1.200 à 2.400 francs par an; ce journal serait envoyé gratuitement à raison de soixante exemplaires à chaque Bourse. L'augmentation du traitement du secrétaire, les frais d'impression, de tirage, d'envoi, etc. seraient couverts si chaque Bourse fédérée souscrivait 6 francs par mois en plus de cequ’elle versait. Cette somme de 6 francs par mois serait elle même couverte par la vente, à raison de 10 centimes le numéro, des 60 exemplaires du journal que les Bourses recevraient gratuitement.

Ce projet ayant été rejeté, Pelloutier, secrétaire fédéral, propriétaire du journal l'Ouvrier des deux mondes, proposa au congrès de donner son journal à la Fédération, sous certaines conditions. Mais cette offre ne fut pas acceptée.

Malgré cela en 1898 la Fédération des Bourses eut un

(1) Congrès des Bourses du travail, Nimes 1895, p- 30 et 31.

(2) Congrès des Bourses du travail, Toulouse 1897, p.40 à 43. et 70 à 72.

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