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constiluèrent une union dite « Bourse des sociétés ouvrières de consommation ». k
Devant cette nouvelle tendance des sociétés coopératives, la Fédération des Bourses du travail intervint, et le congrès de Rennes en 1898 (1) décida que ces sociétés devraient accepter les modifications suivantes :
1° Suppression de tout travail aux pièces ;
2° Substitution au salaire proportionnel de la répartition égalitaire usitée dans la plupart des commandites typographiques ; RP
3° Suppression de toute différence de traitement entre les sociétaires et les auxiliaires ;
4° Recherche par les coopératives de production de la clientèle des coopératives de consommation.
Telles étaient les bases sur lesquelles les Bourses du travail pourraient constituer des sociétés coopératives, et Pelloutier ajoutait que, si l’on tient compte du nombre des ouvriers qu'elles fédèrent, et si l'on songe que tous ces hommes seront tôt ou tard des coopérateurs, on peut conclure qu'avant dix ans la coopération française sera totalelement transformée. C’est encore là une de ses idées qui ne se sont pas réalisées.
Les Bourses reçommandaient aux sociétés coopératives de production de créer non pas un capital aliénable, que quelques ouvriers pourraient se partager un jour, mais un capital de « main-morte laïque » qui rende peu à peu au travail, considéré comme personne morale, la totalité de la richesse publique. Ceci avait pour but de rendre les instruments de production propriété sociale indivise et inaliénable, au lieu d’être la propriété de certains groupes de travailleurs.
(1) L'Ouvrier des Deux Mondes, 1‘* octobre 1898, p. 328 à 330.
RS
Une des raisons principales pour les Bourses de constituer des coopératives c’est qu’ainsi elles auront un moyen de se subvenir à elles-mêmes sans l'intervention des pouvoirs publics, Créer des coopératives c'est donc pour les Bourses résoudre le problème de leur existence sans subventions. .
Elles cherchent à développer les sociétés coopératives de consommation de telle sorte qu’elles soient amenées, dans un avenir peu éloigné, à produire elles-mêmes dans des ateliers coopératifs qui leur appartiennent, la presque totalité, sinon la totalité, des produits dont elles ont besoin.
Les Bourses engagent les sociétés coopératives de consommation à donner de préférence, à égalité de prix et de qualité, leurs fournitures aux sociétés coopératives de production, et celles-ci à appliquer aux autres leurs meilleurs prix, et à les faire participer à leurs bénéfices.
Les organisations syndicales combattent l'usage courant fait du trop-perçu ; elles désirent que dorénavant les coopératives suppriment sa réparlition aux sociétaires, et qu’elles divisent les bénéfices constituant actuellement ce trop-perçu en deux parties : l’une serait affectée à l'agrandissement du magasin de gros et à l’organisation d’usines communistes ; l'autre irait à l’action syndicales des Bourses (1).
Mais les Bourses du travail, et la Confédération générale du travail combattent, par contre, les coopératives qui n’appliquent pas ces décisions, qui n’adoptent pas le principe communiste, et dont les conseils d'administration ne sont pas composés absolument et entièrement de travailleurs syndiqués et confédérés.
(1) Voix du Peuple du 27 décembre 1908 au 3 janvier 1909. E. Tabard, « Aux coopérateurs syndiqués et confédérés ».