CHAPITRE V
LA FÉDÉRATION DES BOURSES DU TRAVAIL DE FRANCE ET DES COLONIES, DE 1892 À 1902.
Unir les Bourses du travail entre elles c'était augmenter leur force ; un organisme central pouvait coordonner leurs efforts et rendre leurs résultats plus pratiques. Aussi les Bourses décidèrent-elles de constituer la Fédération des Bourses du travail de France et des Colonies.
Cette idée eut une origine politique, Certains membres de la Bourse du travail de Paris, adhérents à des groupes socialistes hostiles au « Parti ouvrier français », étaient mécontents et inquiets de le voir former la « Fédération des Syndicats » et s’en servir dans un but politique; afin de <ontrebalancer l'importance de cette Fédération, ils eurent l’idée de créer une association concurrente, dont le siège serait à Paris, et qui dans leurs mains deviendrait leur chose. (1)
La Bourse du travail de Paris entra dans ces vues, et soumit dans un congrès des Bourses du travail à Saint- Etienne, en février 1892, un projet de Fédération. Le congrès
adopla cette proposition et créa cette Fédération. (2)
(1) Pelloutier. Histoire des Bourses du travail, p. 64 et 65. (2) Pelloutier. Histoire des Bourses du travail, p. 149 à 158. — De Seilhac. Syndicats ouvriers. Fédérations, Bourses du travail, p. 286 et 287.
Franck. 11
Les premiers statuts n'indiquent guère que son but.
Les dépenses qu’elle entrainera sont mises provisoirement. à la charge des Bourses nie mais il n’est pas dit dans quelles conditions. ù
Le comité fédéral sera composé d’un délégué désigné par chaque Bourse, et siégera c dans la même ville que le « secrétariat national du travail ». Les décisions et délibérations officielles du comité seront insérées dans les bulletins des
Bourses du travail. cs
La Fédération a pour mission « d’unifier et de faire aboutir les revendications des syndicats ouvriers ; d'étendre et de. propager l’action des Bourses du travail dans les centres industriels et agricoles; de nommer les délégués au secrétariat national du travail, de réunir tous les éléments de statistique et de les communiquer aux Bourses adhérentes
Cet, en même temps, généraliser le placement gratuit des
travailleurs des deux sexes de tous les corps d’état. » (1)
Fondée én 1892 par 10 Bourses du travail, la Fédération
a vu, depuis celte époque, les Bourses qui la composent. augmenter sans cesse en nombre et en force.
En 1895 elle comptait dans ses rangs 34 Bourses du travail groupant 606 syndicats ; en octobre 1908 ses effectifs sont de 157 Bourses du travail ou Unions de syndicats divers, avec 2.028 syndicats payant leur cotisation à la Fédération. C’est donc, pour une période de 13 ans, une augmentation de 123 Bourses et de 1.422 syndicats.
Certaines Bourses donnèrent au cours de leur existence: leur démission de la Fédération et y adhérèrent de nouveau par la suite. D’autres disparurent ou démissionnèrent défi-
nitivement. Ù
(1) Article 1 des statuts volés à Saint-Elienne.
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| Tableau comparatif du développement des Bourses du travail fédérées, de 1895 à 1908.
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