‹ Les Bourses du Travail et la Confédération Générale du TravailChapitre 49 sur 111 · LATE · texte numérisé non relu

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mains des partis politiques. Le comité fédéral les consulta directement sur cette question en 1897, d’après l’ordre qu'il avait reçu du congrès en 1896, et la presque unanimité des réponses décida que le siège de la Fédération serait à Paris.

Le congrès de Nîmes, en 1895, prévoyait le cas où les pouvoirs publics entraveraient l’action du comité fédéral, et décidait que, si une telle éventualité se présentait, le comité serait remplacé d'office par la commission éxécutive de la Bourse où aurait eu lieu le dernier congrès de la Fédération. Cette commission ferait convoquer immédiatement les Bourses en un congrès extraordinaire qui se tien drait dans cette ville.

La Fédération des Bourses eut un moment de peur lorsque la Bourse du travail de Limoges prétendit créer. une « Fédération des Bourses du travail du Centre », dans laquelle elle voulait réunir plus intimement les Bourses de | son voisinage. Le comité fédéral lui interdit de mettre son projei à exécution, et demanda au congrès de Paris de 1900 (1) de décider qu'aucune Bourse adhérente à la Fédération nationale ne put, sous peine de radiation d'office, adhérer à une autre fédération des Bourses, et lui permettre d'appliquer à la Bourse initiatrice de cette fédération ainsi qu'aux Bourses qui en feraient partie la décision prise à Rennes contre les Bourses non fédérées, et qui consistait à leur refuser tout concours.

Pour permettre à la Fédération des Bourses d'exister et à son comité de mener à bien la tâche qui lui était assignée, il fallait de l'argent, aussi les Bourses durent elles établir des cotisations.

Les premiers statuts, volés à Saint-Eticone en 1892, n'éta-

(1) Congrès des Bourses du trarail. Paris 1900, p. 154 ct 155.

pie

blirent pas la part de contribution de chaque Bourse fédérée aux dépenses de la Fédération; ils se contentaient de dire

qu'elles seraient mises à leur charge.

le)

Pour subvenir à ses frais et lui permettre de fonctionner, le comité fédéral demanda à la Bourse du travail de Paris de lui prêter de l'argent ; celle-ci lui versa 50 francs. (1)

Le comité chercha dès le début à organiser son budget et il proposa aux Bourses fédérées une cotisation mensuelle

- proportionnelle de:

3 francs par Bourses ayant de 1 à 15 syndicats

15 francs au-dessus de. . . 100 9

Ces cotisations furent payées irrégulièrement, le comité ne reçutque 247 francs. Les dépenses furent de 209 fr. 45.

A Toulouse, en 1833, le mode de cotisations établi par le comilé fédéral fut changé, et la cotisation mensuelle fut portée à 20 centimes par syndicat adhérent à chaque Bourse fédérée avec un minimum de 1 franc par mois et par Bourse ayant moins de 5 syndicats.

Le congrès des Bourses tenu à Tours en 1896 fixe le montant des cotisations de la façon suivante :

Bourses ayant de 1 à 5 syndicats 1 fr. 75 par mois;

Bourses ayant plus de 5 syndicats 35 centimes par syndicat et par mois.

Les Bourses mettent, en général, peu d'empressement à remplir leurs obligations financières, et maintes fois le comité fédéral se trouva en fâcheuse posture à la suite de cela. Les congrès se préoccupèrent souvent de cette situa-

(1) Congrès des Bourses du travail, Nîmes, 1895. Rapport financier du comité fédéral.

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tion, et prirent des décisions qu'on ne put appliquer avec énergie, car le nombre des organisations atteintes eut été trop considérable.

Les cotisations sont payables trimestriellement, et au

congrès de Nimes, en 1895, il fut décidé que les Bourses en

retard pour leurs paiements seraient considérées comme démissionnaires après un avis resté sans réponse. Mais le congrés seul a le droit de les rayer, le comité fédéral ne peut que les suspendre. Si une Bourse, par suite d’un cas de force majeure, esi dans l'impossibilité de payer ses cotisations elle pourra, sur sa demande, être exonérée d’une partie ou de la totalité de sa dette, et un délai d’un an au maximum lui sera accordé pour la liquider; une Bourse radiée ou démissionnaire, pour être admise à nouveau à la fédération, doit acquiter ses cotisations du jour où léspaiements ont été suspendus jusqu’au jour de la demande de réadmission.

Le congrès de Nice en 1901 décide qu’une commission de trois membres, pris dans le comité fédéral, sera nommée pour vérilier la gestion financière de la Fédération et pré— -senter un rapport aux congrès.

Malgré les menaces de radiation, les Bourses ne payaient pas régulièrement et beaucoup même demandaient des brochures et des journaux à la Fédération et n'en acquittaient pas le prix. En 1898, le congrès de Rennes décida d'employer pour les Bourses, qui ne payaient pas régulièrement, le système du recouvrement par la poste. Mais cemoyen même ne réussit pas, et le montant des sommes dues pour cotisations où paiements de brochures et journaux par les Bourses à la Fédération resta considérable.

Les receltes de la Fédération se composent des cotisa— tions, des sommes provenant de la vente du Bulletin, des

comples rendus des congrès, des brochures, et enfin du montant des souscriptions faites dans un but déterminé (affiches, etc.).

Les dépenses comprennent les indemnités données aux fonctionnaires, les frais de bureau, de correspondance, d'imprimés, de délégations, etc.

Tableau des recettes et des dépenses du comité fédéral de 1893 à 1902,

Exercices financiers Recettes (1) Dépenses 1892-1893 241 fr. 00 209 fr. 45 1893-1894 518 fr, 95 378 fr. 95 1894-1895 1.342 fr. 55 À 960 fr. 07 1895-1896 2.380 fr. 05 1.979 fr. 00 1896-1897 2.810 fr. 75 . 4.779 fr. 45 1897-1900 6.158 fr. 795 5.521 fr. 45 1900-1901 4.297 fr. 76 3.029 fr. 71 1901-1902 5.541 fr. 85 4.320 fr. 80

(1) Dans les recettes de chaque exercice est compris le reliquat de l'exercice précédent.

Il est impossible pour la Fédération de faire œuvre sérieuse avec de si faibles ressources, surtout si les Bourses du travail mettent une telle mauvaise volonté à l'aider dans sa tâche.

Un abri commun est nécessaire aux syndicats divers d’un mème centre ouvrier pour établir et nouer entre eux des relations permanentes ; c’est ainsi que se sont créées les Bourses du travail, qui naissent de l’union et de l'entente entre elles de plasieurs organisations syndicales.

Pendant longtemps la Bourse du travail, synonyme alors d'union locale de syndicats, était seule reconnue par la Fédération.

Al

Le IXe congrès des Bourses du travail, en 1901, tenu à

Nice (1), décida, au contraire que les Bourses du travailne

seraient désormais reconnues comme adhérentes à la Fédération qu’à titre d’Unions locales de syndicats, et toutes les Bourses adhérentes à la Fédération furent invitées à ne pas rester sous le seul titre de Bourse. du travail, désignant leur groupement, mais à se former si elles ne l'étaient déjà en : Unions locales de syndicats.

La Bourse du travail, dit-on, n'est qu’un immeuble, l'Union des syndicats, qui y est logée, est seule une organisation et seule peut être reconnue par la Fédération.

Ceci présente un avantage : lorsqu'une municipalité diminue ou retire la subvention qu’elle alloue à la Bourse, l’Union des syndicats a soin de n’en faire pâtir que les ser= vices municipaux attachés spécialement à cette Bourse du travail, comme le placement, les renseignements, les secours, etc.

Lorsqu'une municipalité ferme la Bourse, les syndicats unis dans leur Union locale, n’en sont pas atteints dans leur action ; ils se retirent et cherchent un local indépendant.

Bourse du travail subsiste encore aujourd’hui comme terme de désignation d'Union locale de syndicats divers, en fait celle-ci seule est considérée comme organisation adhérente à la Confédération générale du travail (section des Bourses).

Pour les syndicalistes le terme Bourse du travail n’a pas exclusivement le sens de « marché du travail », elle est surtout la « Maison des syndicats », la « Maison du peuple ».

Le Congrès d'Alger en 1902, invita les Unions locales de syndicats à s'entendre avec les coopératives afin de pouvoir,

(1) Congrès des Bourses du travail, Nice 1901, p. 28 et 29.

le cas échéant, entrer en lutte avec les municipalités et défendre leur autonomie. ;

La conférence des Bourses du travail d'Amiens en 1906, se prononce de nouveau dans ce sens, et, de plus, décide que les Unions locales établiront une cotisation pour chaque syndicat afin de constituer un fonds de résérve et de créer dans leur administration intérieure un organisme de résistance « prêt à entrer en lutte et à se substituer à la tutèlle des municipalités à l’heure où la conscience ouvrière assez forte aura décidé de s'en passer (1) ».

(1) Conférence des Bourses du travail, Amiens 1906, p. 240.

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