EURE
jours, et l’on y discutait de toutes les questions présentant un intérêt pour les ouvriers syndiqués : lois ouvrières, administration et fonctionnement des Bourses du travail, tactique syndicale, doctrines révolutionnaires. La multiplicité et la diversité des sujets traités surchargaient démesurément les ordres du jour et allongeaient les débats.
Les conférences sont moins longues, car, toutes les questions générales étant discutées aux congrès de la Confédé- - ration générale du travail, elles n’ont plus à s’occuper que des questions purement administratives qui intéressent seulement la section de la Fédération des Bourses : viattcum, placement, enseignement syndical, etc. Cette limitation des questions à discuter s'explique par la crainte de l’adoption de solutions différentes de celles votées aux congrès de la Confédération générale du travail.
Les discussions sont longues, peu claires et les explications embrouillées. Chaque délégué veut prendre la parole, ét chaque orateur prétend accaparer la tribune pour longtemps. Celui qui peut parler longuement sans fatigue, surmonter le bruit fait par un auditoire houleux, répondre à toutes les interruptions, parfois fort désobligeantes qui lui sont adressées, est assuré du succès. Les orateurs se succèdent, apportant à la tribune toujours les mêmes arguments ; les discussions n’avancent pas, et sont totalement inutiles, car si le siège des délégués n’est pas toujours fait, celui des mandants l’est avant l'ouverture des débats, et leurs représentants ne peuvent, sous peine d’être désapprouvés par eux, voter contre le mandat qui leur a été donné.
Souvent on a essayé de diminuer la durée des discours en imposant une limite à la loquacité des orateurs; la parole ne leur sera accordée qu'une seule fois sur une même