‹ Les Bourses du Travail et la Confédération Générale du TravailChapitre 53 sur 111 · APT À · texte numérisé non relu

APT À

« c) Suppression du travail des prisons et des ouvroirs ; « d) Suppression du marchandage ;

« e) Modification à la loi du 2 novembre 1892;

« /) Suppression pure et simple des bureaux de place- . « ment;

« g) Repos hebdomadaire, »

Le comité fédéral et les Bourses s’occupèrent aussi du projet Millerand sur la règlementation des grèves et de l’arbitrage obligatoire (1).

Une circulaire fut envoyée à toutes les organisations fédérées, le 25 mai 1901 : c’était un manifeste destiné par ses auteurs à être discuté attentivement par les Bourses.

Rien n’est bon dans ce projet, qui, plus que n importe

(4) Pelloulier. Æistoire des Bourses du travail, Documents annexes, p. 227 à 229. |

quel autre, porte atteinte aux droits de défense « des spoliés contre les spoliateurs » ; grâce à lui le juge frappera sans relâche l’ouvrier, et jamais le patron. D'ailleurs les Bourses savent parfaitement que n'importe quel conflit éclatant entre le capital et le travail «est toujours légitime », car il a pour cause « le débordement d’une coupe emplie de privations, de vexations, d’atteintes à la parcelle de liberté des travaillleurs ». Toute grève est due à l’initiative courageuse d’une minorité intelligente, consciente et hardie. C’est cette minorité qui est visée par le projet, et pour laquelle des pénalités y sont édictées. L’abus de la réflexion et de la règlementation tue les grèves ; les « parlementariser » c’est anéantir l'esprit de révolte légitime qui les anime.

Les Bourses se déclarèrent hostiles au projet Millerand.

Leur congrès de Toulouse, en 1893, prit une série de résolutions : il invite les syndicats à étudier la question du repos hebdomadaire; il réclame la suppression du marchandage, et l’applicalion stricte de la loi de 1848; il veut que seules les chambres syndicales choisissent les candidats ouvriers aux conseils de prud'hommes, et que ces candidats: ne puissent être recrutés que parmi les ouvriers syndiqués, ayant adhéré au mandat impératif.

Cette question des conseils de prud'hommes est reprise au congrès de 1900, qui vote, en même temps que l’abrogàtion de l’article 634 $ 1 du code de commerce, l'extension de cette juridiction à tous les salariés.

Le Congrès de Lyon, en 1894, adopte un vœu tendant à la suppression dés bureaux de placement privés, et à faire pression sur les employeurs pour qu’ils s'adressent exclusivement aux bureaux de placement gratuits des Bourses ‘du travail. On y décide, en outre, de faire une propagande

aclive pour arriver à la suppression du travail dans les couvents, ouvroirs et prisons, et pour que la main-d'œuvre péuitentiaire soit employée au défrichement des terrains arides, |

Le Congrès de 1895 (1) reprend ces vœux et proteste contre la création des établissements dits « d'assistance par le travail », qui ne visent qu’à l’avilissement des salaires et au maintien des travailleurs dans la misère.

Le projet de loi de M. Groussier, tendant à la reconnaissance des Bourses du travail comme établissements d'utilité publique, fit l’objet d’une discussion au congrès des Bourses de Lyon, en 1894, qui se prononça favorablement à son sujet ; malgré cela, durant l'exercice 1894-1895, le . comité fédéral le combattit et, grâce à ses eflorts, parvint à faire rapporter ce vote par le congrès suivant à Nimes en 1895.

Un projet de loi Merlin-Trarieux, contre le droit de coalition des ouvriers des chemins de fer et des arsenaux, étant déposé sur le bureau de la Chambre des députés, le Comité fédéral, en 1895, adressa une leltre aux « députés républicains », dans laquelle il protestait contre ce projet, et, au congrès de Nimes, les Bourses déclarèrent faire la grève générale « si la loi Merlin-Trarieux-Cordelet était votée par la majorité opportuniste réactionnaire de la Chambre des députés ».

Les congrès de Nimes, en 1895 (2), et de Tours, en 1896 (3), se prononcent sur les adjudications des travaux départementaux et communaux. Le premier exprime le vœu

(4) Congrès des Bourses du travail, Nîmes 1895, p. 78 à 81.

(2) Congrès des Bourses du travail, Nimes 1895, p. 82 à 84.

(3) Congrès des Bourses du travail, Tours 1896, p. 115 t

que les cahiers des charges soient établis par une commission composée mi-partie de patrons et d’ouvriers, avec maximum de rabais, minimum de salaire, et limitation de la journée de travail à 8 heures. Le second se prononce pour la suppression totale des adjudications et pour la mise en régie des travaux communaux, départementaux et re

Le congrès de T ours, en 1896 (1), donne mission au comité fédéral de faire un rapport sur la mauvaise volonté que mettent les inspecteurs du travail à faire appliquer les lois ouvrières, Le congrès de Paris de 1900 demande l'augmentation du nombre de ces inspecteurs et leur élec- - tion par les syndicats ouvriers.

Les congrès de Nice en 1901 (2) et d’ des en 1902 (3) demandent l'application dans les colonies des lois ouvrières instituées en France ; la création, pour le contrôle de leur application, d’inspecteurs du travail élus par les syndicats ouvriers ; la constitution, par les gouverneurs des colonies, de commissions, composées par moitié d’industriels et d'ouvriers, chargées dans chaque colonie d'établir la façon d'y adapter les lois ouvrières.

(1) Congrès des Bourses du travail, Tours 1896, p. 117.

(2) Congrès des Bourses du travail, Nice 1901, p. 75 et 76. (3) Congrès des Bourses du travail, Alger 1902, p. 80.

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