LES UNIONS DÉPARTEMENTALES ET RÉGIONALES
Dans son rapport au congrès d'Amiens, en 1906 (1), le secrétaire de la section des Bourses du travail à la Confédération générale du travail estime que la multiplication incessante des Bourses du travail ou Unions locales est un indice de la nécessité qui s'impose de simplifier l’organisation syndicale, en décentralisant un peu ses rouages, L’accroissement du nombre des syndicats d’une même corpora-, üon les oblige, pour être moins épars et plus forts, à former des fédérations d'industrie et de métier, de même les Unions locales se transforment en Unions départementales ou régionales.
Lorsque, durant l’année qui séparait deux congrès, un nombre assez sérieux de Bourses s'était créé, ce résultat plaisait à Pelloutier, mais il n’était pas sans inquiétude, car souvent cette augmentation cachait une faiblesse très grande ; beaucoup de ces nouvelles organisations ne possédaient qu’un nombreinfime de syndicats, et, par conséquent, étaient à la merci d’une municipalité, qui pouvait les supprimer, du jour au lendemain, en leur retirant les subventions qui leur permettaient d’exister. Aussi beaucoup de ces Bourses vivaient d'une vie factice, et Pelloutier leur conseillait d'étendre leur rayon d'action en dehors des villes, d’abord dans les faubourgs puis dans les campagnes envi-
(1) Congrès de la Conf. gén. du trav., Amiens 1906, p. 52.