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ronnantes, et de ne créer de nouvelles Bourses que lorsque les anciennes seraient puissantes.
Grouper des syndicats nouveaux dans d’anciennes Bourses, réunir beaucoup de syndicats dans une Bourse nouvelle, au lieu de les disséminer dans plusieurs organisations, tel était le conseil qu’il leur donnait constamment.
Aussi s’eflorça-t-on, en même temps que les Unions locales augmentaient en nombre et en force, d’unir entre elles celles d’un même département ou d’une même région, et de créer ainsi des Unions départementales et régionales, qui apporteraient un appui nouveau au syndicalisme.
Ce programme ne s'établit pas sans difficulté ni sans résistance. ;
L'Union départementale est le groupement des syndicats divers d’un même département. Ces syndicats peuvent y adhérer directement ou indirectement, selon qu'ils sont ou ne sont pas adhérents à une Union locale (1).
L'Union régionale est un groupement de syndicats de deux, trois et parfois quatre départements, suivant la position géographique de certains centres industriels et la facilité plus ou moins grande de communication avec le siège de l'Union régionale. |
La Fédération des Bourses est favorable à la création de ces Unions départementales et régionales, et n’y voit un danger que si une exagération se produisait dans l’extension démesurée des régions. Les intéressés sont qualifiés pour donner les raisons qui militent en faveur de la création et de l’étendue de ces Unions ; à eux seuls appartient le droit d'en fixer les limites.
(1) Notice sur les Unions locales; Unions déparlementales, Unions régionales de syndicats divers. Editée par la Confédération générale du travail, section des Bourses.
Ne Soie
Ces Unions présentent certains avantages.
Le nombre des Unions locales est illimité, celui des Unions départementales ou régionales n'ira jamais beaucoup au-delà d’une centaine, et ceci est important pour la représentation de ces Unions dans le comité fédéral des Bourses. Un trop grand nombre de délégués rendrait cette organisalion impuissante.
. L'Union régionale ou départementale ne détruit pas l’Union locale, et la plupart de celles qui se forment sont composées des Unions locales d’une région ou d’un département.
L'Union départementale de Seine-et-Marne est composée des Unions locales de Melun, Meaux, Nemours, etc. Celle
des Alpes-Maritimes est formée des Unions locales de Nice,
Menton, etc.
Ces Unions départementales ou régionales n’ont aucun intérêt à empêcher la formation d’'Unions locales.
La section des Bourses de la Confédération générale du travail reçoit l'adhésion directe des Unions locales, mais elle leur indique au préalable qu’elles ont la faculté d’adhérer indirectement par une Union départementale ou régionale, s’il en existe une.
M. Yvetot (1) estime que ces Unions ne tendent aucunement à une organisation nouvelle de centralisation des forces ouvrières. C’est, au contraire, quoiqu’en disent les adversaires de cette méthode, une décentralisation efficace, en même temps qu’un moyen sûr d'étendre la propagande avec le moins de frais et le plus d'avantages possibles.
D’après M. Klemezynski (2), partisan déterminé de ces
(1) Voix du Peuple du 17 au 24 janvier 1909. Yvetot. « Pour les unions départementales ».
(2) Voix du Peuple du 28 février au 7 mars 1909. HÉRGAneEr, « Unions régionales ».
Unions, elles sont nées de la nécessité de porter à son maximum l'influence syndicaliste. De 1900 à 1906 le nombre des Bourses augmente en même temps que la moyenne des syndicats qu'elles renferment diminue, alors qu'avant cette époque celte moyenne s'était maintenue. À l’appui de ses dires il présente la statistique suivante :
‘Années Bourses Syndicats Moyennes
Jun SOS RATE CRIE 34 606 RATES DELL DES CT Te Mere] Set 862 18,3 SDS er der 51 947 18,5
D LINOEN RE RON 51 1.065 18,6 DATI RARRR ARE ee ce 83 1.112 43,1 dt AO ietere Foie 110 1.349 12,2 See UT EE 135 1.609 11,9 Octobre 19062 ee A 4165 1.826 - 11,0
C'est alors, poursuit-il, que les Unions groupant plusieurs Bourses se forment, et en juin 1908 le rapport confédéral indique 157 Bourses ou Unions pour 2.028 syndicats. Le nombre des Unions a diminué et la moyenne des syndicats est remontée à 13 par Union.
Il s’est constitué une Union des Syndicats des départements de l'Ain et du Jura (1) qui groupe actueliement 40 syndicats avec 3.500 cotisants environ. Elle a été composée par la réunion des Bourses du travail de ces deux départements.
Mais il n’en est pas toujours ainsi, et l’Union départementale de Seine-et-Oise groupe, au contraire, les syndicats sans tenir compte de leur affiliation aux Bourses du travail (2). Elle n’entretient de relations avec les Bourses et
(1) Voix du Peuple du 31 janvier au 7 février 1909 et du 4 au 11 avril 1909.
(2) Voix du Peuple du 7 au 14 mars 1909. Lapierre. « Unions départementales de syndicats ».
Unions locales que pour l’organisation de la propagande générale et des meetings. C’est un congrès des syndicats intéressés qui, en 1901, a créé cette Union départementale, et a déterminé le rayon d’action dans lequel elle peut étendre sa propagande et constituer de nouveaux syndicats. |
La question des Unions départementales et régionales fut portée devant le congrès corporatif d'Amiens, en 1906 (1), qui se déclara incompétent et renvoya cette étude à la conférence des Bourses, qui devait avoir lieu ensuite. Là elle fut discutée, et la conférence, reconnaissant que ces Unions ont contribué pour une large part au développement du syndicalisme dans les centres les plus reculés, décida que, leur utilité étant incontestable, il y avait lieu d'en crééer partout; elles permettront de rendre plus intense la propagande, en facilitant l'échange des orateurs d’une localité à l’autre. Elle décida, en outre, que les syndicats doivent former des Unions départementales ou régionales, afin que, si une ou plusieurs Bourses se trouvaient supprimées, il n'y ait pas d'arrêt dans le fonctionnement de l’organisme fédéral syndicaliste.
S'il est désirable de voir se créer ces Unions, il ne faut pas exagérer l'étendue de leur ressort; c’est ainsi qu’en 1907 on soumit au comité de la section des Bourses un projet de constitution d’une fédération régionale englobant les syndicats de la Gironde, des Landes, de la Dordogne, du Lot-et-Garonne, du Gers, des Hautes-Pyrénées et des Basses-Pyrénées ; le comité de la section des Bourses déclara qu’une organisation de cette nature ne pourrait
(1) Congrès de la Conf. gén. du trav., Amiens 1906, p. 244 à 252.
avoir de place dans la Confédération générale du travail (section des Bourses) (1).
IL est nécessaire de faire une place à part, dans celle étude, à la plus ancienne et à la plus puissante des Unions départementales : à l’Union des Syndicats du département de la Seine.
Elle fut créée en juin 1895, à la suite de la fermeture de la Bourse du travail de Paris. Son siège était rue de Bondy, n° 80, et elle groupait 66 syndicats ; en 1896, ce nombre élait passé à 96.
Lors de la réouverture de l’immeuble Ro cette Bourse indépendante y rentra, mais elle dut abandonner -son titre de Bourse du travail, qui ne pouvait être pris par aucune organisation autre que la Bourse officielle, et elle s’appela dès lors Union des Syndicats du département de la Seine.
Si elle ne porte pas le titre de Bourse du travail de Paris, elle est pourtant considérée comme telle par les organisations syndicales, el c’est sous cette dénomination qu’elle est admise à la Fédération des Bourses, à l'exclusion de la Bourse municipale de Paris, qui n’est considérée, comme nous l’avons déjà dit, que comme un immeuble.
Pendant longtemps, malgré son titre d'Union départementale, elle ne fut composée que de syndicats parisiens, mais, cherchant à élargir de plus en plus son cercle d’action, elle est arrivée à englober un certain nombre de syndicats de la banlieue de Paris.
Dans sa séance du 19 juin 1907, le comité général de l'Union des Syndicats du département de la Seine déci-
(4) Voix du Peuple du 2 juin 1907.
Da
dait (1) de provoquer une réunion des Bourses du travail et Unions de Syndicats de la banlieue parisienne, dans le but de rechercher un terrain d’entente pour faire fusionner tous ces groupements dans l’Union des Syndicats du département de la Seine, parce que, par son titre même, elle s’étend à tout le département, et les organisations similaires qui y existent font double emploi avec elle,
La section des Bourses a dans son sein des Bourses du travail composées exclusivement de sections de syndicats adhérents à l’Union des Syndicats du département de la Seine ; d’autres composées de syndicats qui, en partie, font double emploi. Exemples : :
1° L'Union des Syndicats de Charenton, composée de trois sections de syndicats ; |
2° La Bourse du travail de Clichy, composée de sept sec-
. tions de syndicats et d’un syndicat ;
3° La Bourse du travail d’Issy-les-Moulineaux, composée de huit syndicats et sections de syndicats ;
4° La Bourse du travail d'Ivry-sur-Seine, composée de quatre syndicats ou sections de syndicats ;
5° La Bourse du travail de Levallois-Perret, composée de treize groupements dont la majorité sont des sectiens de syndicats ;
6° La Bourse du travail de Puteaux-Courhevoie, composée de sept sections de syndicats et de deux syndicats ;
1° La Bourse du travail de Saint-Denis, composée de neuf sections de syndicats et de cinq syndicats.
Ces Bourses du travail ne comptent que sept ou huit syndicats seulement, les autres groupes les composant ne sont que des sections de syndicats.
(1) Voix du Peuple du 3 au 10 novembre 1999. « Pour l'union départementale de la Seine ».
Ces sept Bourses du travail de la banlieue de Paris, groupant sept ou huit syndicats, disposent de sept voix à la section des Bourses, alors que l’Union départementale, qui seule devrait être confédérée, groupe plus de deux cents syndicats et ne dispose que d’une seule voix.
Ceci est très dangereux pour l'unité ouvrière, car admettre dans la Confédération générale du travail les Bourses du travail du département de la Seine autres que l'Union départementale, c’est inviter les sections syndicales de la banlieue à quitter leur syndicat respectif dont le siège est à Paris, ou dans une autre localité, et à se transformer en syndicats, pour être représentées directement dans la section des Bourses; c’est l’émiettement syndical, ou bien c’est donner le droit à ces sections d’être représentées plusieurs fois à la Confédération générale du travail :
1° par l’Union des Syndicats à laquelle leur syndicat est affilié; ;
2° Par les Bourses du travail de la banlieue auxquelles elles sont adhérentes.
Done, en principe, l’adhésion des Bourses du travail de la banlieue à la section des Bourses n’est pas acceptable.
Ces Bourses du travail ne devraient être que des succursales de l'Union des Syndicats du département de la Seine. Il faut que les groupes qui les composent régularisent leur situation, les syndicats qui ne font pas double emploi doivent adhérér à l'Union des Syndicats, les autres doivent fusionner avec les syndicats similaires qui sont affiliés à l’Union.
L'Union doit être l'organisme de concentration des forces syndicales ; mais son action de propagande doit être décentralisée, et c’est justement pour décentraliser l’action et La propagande de l’Union qu'il est indispensable de créer
une multitude de groupements semblables aux Bourses du travail de la banlieue.
Vis à vis de l’Union, ces groupes de Bourses du travail devront jouir de la plus entière autonomie. Ils ne lui paieront pas de cotisations, ils garderont leurs ressources pour leur action propre, et pour s'assurer les locaux nécessaires à la tenue des réunions et des permanences des syndicats.
Cette fusion est en voie de réalisation ; le rapport financier de la section des Bourses, présenté au congrès de Marseille, en 1908, porte les Bourses de Levallois-Perret et de Saint-Denis comme ayant adhéré à l'Union des Syndicats du département de la Seine.
Celle-ci est une organisation essentiellement révolutionnaire. Elle groupe les principaux syndicats de Paris et eut son siège longtemps à la Bourse du travail de la rue du Château d'Eau, d'où elle fut expulsée le 5 août 1908; par décret du préfet de la Seine, pour son agitation anarchiste et antipatriotique. Le décret indique que les frais de propagande antimilitariste se sont élevés pendant une année à la somme de 1140 francs, alors que la propagande syndicale figure seulement pour 74 fr. 80; dans les trois premiers mois de l'année 1908 les dépenses de propagande de l’Union se sont élevées à 2337 fr. 70, alors que, pendant la même période, il n’a été versé que 137 francs aux ouvriers syndiqués, sans ressources et sans travail, de: passage à Paris.
Tout commentaire serait superflu.
Depuis cette époque, l'Union des Syndicats du département de la Seine a son siège à la Maison des Fédérations
de la rue Grange aux Belles.