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existait 587 syndicats ouvriers, dont 237 à Paris et 350 dans les départements (1). |
Selon une comparaison de M. Clémenceau, les syndicats professionnels, tels que la loi les organise, étaient comme le cheval de bois autour duquel tournaient les Troyens inquiets. Peu à peu, une certaine confiance vint aux ouvriers ; timidement, d’abord, Les syndicats se multiplient, et le nombre de leurs adhérents augmente petit à petit.
Les anarchistes, d’abord adversaires farouches de la loi de 1884, pensant trouver dans les syndicats un terrain favorable à leurs ambitions, se décidèrent à y entrer. De ce moment, la force syndicale ouvrière s’accrut.
Sans ligne de conduite et sans tactique arrêtées, les syndicats se créent sans méthode; mais bientôt, les ouvriers se rendant! compte que créer, dans une même localité, plusieurs syndicats d'une même corporation est une cause de faiblesse ; ils se décident à les faire fusionner en un seul.
Ils réfléchirent aussi que les divers corps de métiers réunis en un même lieu, ont des intérêts communs. En effet, une crise économique, dans une ville ou dans une région, frappe tous les habitants de cette ville ou de cette région, de même qu'ils profitent de sa prospérité. Les syndicats divers, d'une même localité, s’unirent pour former des unions locales, qui sont les Bourses du travail. La Bourse du travail est en quelque sorte le cercle de l’ouvrier ; il y rencontre ses camarades, il y entend des conférences, il assiste aux fêtes et aux concerts qui y sont donnés, la bibliothèque lui fournit livres et journaux, il s'y renseigne sur tout ce qui l'intéresse, lorsqu'il est sans travail il peut y
(1) De Seilhac. Syndicats ouvriers. Fédérations. Bourses du travail, p. 99.