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vrière,onauralapossibilitédelesréunirsousunemêmeégide, et l'on mettra un peu d'ordre dans l’organisation ouvrière.
La question de l’unité n’est pas nouvelle, elle s'est posée du jourmêmeioù, à côté de la Fédération des Bourses,.on.a créé la Confédération, :et tous les congrès ont tenté ide La réaliser. {l faut aujourd'hui décider cette unité, « parcequ'elle acheminera plus méthodiquement vers la nouvelle société de justice et de solidarité, »
Au cours -de la discussion des articles des statuts, .des difficultés furent soulevées particulièrement au sujet des organisations qui pourront adhérer à la Confédération générale du travail. |
M. Guérard prétend que l’on cherche à faire l'unité .et
qu’en réalité on neila fait pas. Ce qui :simplifierait tout, ce
serait d'admettre seulement Les syndicats à la Confédération, et ainsi on aurait le syndicat à la base et la Confédération au sommet. Avec le projet présenté, au contraire, la Kédération des Bourses garde son autonomie, il n'y a donc pas d'unité ; Les Bourses n’ont rien à faire dans la Confédération, et les syndicats y auront une double représentation, d'un côté par les Bourses, et de l’autre par les fédérations de métier.et d'industrie. (1)
Tout faillit échouer à la lecture de l’article 5 proposé par la commission et ainsi libellé : &« La Confédération générale du travail se divise en deux sections autonomes : la première prend le nom de : Union des fédérations de métier et d'industrie et des syndicats isolés ; la deuxième prend le titre de : Union des Bourses du travail. »
Le congrès d'Alger avait décidé que l'unité me se ferait que si la Fédération des Bourses du travail gardaitsontitre. C'était en somme une question de mots qui divisait le «con-
(1) Congrès de la Conf.-gén. du trav., Montpellier, p. 443.
mio,
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grès, mais question de mots qui aurait été fatale à l’unité si elle n'avait été réglée, car elle cachait sous son apparence insignifiante la grave question des subventions. En effet la
Fédération des Bourses craignait que, changeant de titre,
les pouvoirs publics lui refusassent, sous ce prétexte, Les subventions qu’ils lui accordaient jusqu’alors.
Personne dans cetle discussion ne voulait céder, et l'on chercha des solutions transaclionnelles; c’est ainsi qu’on proposa de changer le titre des deux sections en les dénommant l’une Union des fédérations de métier et d'industrie et des syndicats nationaux, l’autre Union fédérale des Bourses du travail, mais les Bourses ne l’admirent pas davantage.. Enfin la Fédération des Mouleurs proposa la rédac-. tion suivante qui mit tout le monde d'accord et qui fut adoptée : «la première section prend le nom de section des fédérations de métier ou d'industrie et des syndicats isolés ; la deuxième section prend le titre de section de la Fédération des Bourses du travail. »
On décida, contrairement au désir des Bourses du travail, que le secrétaire de la section des fédérations seraittoujours le secrétaire général de la Confédération générale du travail, car, dit-on, le secrétaire de la section de la Fédération des Bourses n’est pas qualifié, de par ses fonctions purement « éducatives » et administratives, pour être le secrétaire d’une organisation de lutte, et il n’est pas pratique de donner le secrétariat à tour de rôle aux secrétaires des deux sections. |
£nfin l’ensemble des statuts de la Confédération générale du travail est adopté et l’unité ouvrière tentée vainement depuis 1895 est constituée.
D'après ses statuts, la Confédération est organisée de la facon suivante : elle se compose des fédérations nationales
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et à leur défaut des fédérations régionales d'industrie et de
métier et des syndicats nationaux; des Bourses du travail, considérées comme unions locales, départementales ou régionales des corporations diverses; des syndicats dont les professions ne sont pas constituées en fédérations de métier ou d'industrie, ou dont la fédération n’est pas adhérente à la Confédération. Ces syndicats isolés seront groupés par industrie ou métier dès qu'il y aura trois syndicats de la - même profession.
Pour être confédéré, un syndicat doit être-affilié à la fois à une Bourse du travail et à sa fédération nationale d'industrie ou de métier : mais la Confédération a Îe droit d'admettre chez elle des syndicats qui, pour des raisons d’éloignement du siège de leur union locale, n’adhéreraient qu'à l’un de ces deux groupements.
Pour être confédérée une organisation doit avoir au moins un abonnement au journal la Voix du Peuple, organe officiel de la Confédération générale du travail.
Chaque organisation adhérente sera représentée par un délégué, qui devra être syndiqué depuis un an au moins, et l’ensemble de ces délégués constituera le comité confédéral. Le même délégué ne pourra représenter plus de trois organisations.
La Confédération générale du travail se divise en deux sections autonomes : la section des fédérations d'industrie ou de métier et des syndicats isolés, la section de la Fédération des Bourses du travail. Elle possède trois commissions permanentes : la commission du journal, celle des grèves et de la grève gènérale, et enfin la commission de contrôle.
Les cotisations sont pour les Bourses du travail ou Unions de Syndicats divers de 35 centimes par syndicat et par mois; pour les fédérations d'industrie et de métier et les
syndicats nationaux de 40 centimes par 100 membres ou fraction de 100 membres et par mois; pour les syndicats isolés de 5 centimes par membre et par mois.
Tous les deux ans, au mois de septembre, aura lieu un grand congrès national du travail, auquel seront invitées les organisations qui, directement ou indirectement, sont adhérentes à la Confédération. A l'issue du congrès les deux sections pourront, si elles le jugent utile, tenir des conférences particulières.
Le siège de la Confédération générale du travail est fixé à Paris.
Ces statuts devaient entrer en vigueur au 1° janvier
C'était une ère nouvelle qui s’ouvrait pour la Confédération générale du travail, et depuis cette époque elle vit le nombre de ses adhérents augmenter et ses finances s'améliorer. Les deux organismes, enfin unis, cessèrent. dès lors de se combattre, ils suivirent une même voie et leurs efforts furent menés parallèllement vers un mème but : la suppression du capitalisme. Mais aussi, depuis cette époque, n'ayant plus à se combattre, ces deux organisations se divisèrent intérieurement, et deux tendances, qui jusqu'en 1902 n'avaient pas pu être exploitées, un objectif plus général absorbant tous les instants et tous les efforts des militants, se firent jour et la lutte commença entre les
représentants de la fraction révolutionnaire et ceux de la
fraction réformiste.
Les statuts votés en 1902 furent légèrement modifiés aux
congrès suivants, mais on ne toucha pas à la base même
de l’organisation.
Le congrès d'Amiens de 1906 décida que dorénavant les fédérations d'industrie et les syndicats nationaux seraient
admis à la section des fédérations de préférence aux fédérations de métier, et que celles-ci devaient, dans la mesure du possible, fusionner entre elles pour former des fédérations d'industrie.
Déjà au congrès de Paris en 1900 il fut proposé de n’admeltre que les fédérations d’industrie. M. Griffuelhes, partisan de cette opinion, se chargea de la développer. Jadis le terme métier avait une autre signification qu'aujourd'hui; prinitivement le mélier consistait dans la fabrication d'un objet déterminé; aujourd’hui, avec le développement du machinisme, beaucoup d’ouvriers coopèrent à la fabrication d'un même objet. L'ensemble de ces différentes parties constitue un métier, L'industrie, au contraire, se trouve être la réunion de différents métiers se subdivisant euxmêmes en spécialités ayant une certaine connexité. La Fédération de la Métallurgie se trouve constituée par les différents métiers qui emploient le fer; dans le livre, au contraire, il y a différentes corporations qui n’emploient pas la même matière, mais qui concourent toutes malgré cela à sa confection. Il v a donc deux sortes de fédérations d'industrie, qui sont basées l’une sur la matière employée, l'autre sur l’affectation commune du produit. Il faut pour lutter efficacement contre le capital avoir des moyens adaptés à la constitution du patronat. Seules Les fédérations d'industrie répondent à ce but; il est inutile de supprimer les fédérations de métier, elles disparaitront d’elles-mêmes lorsqu’elies ne répondront plus à un besoin. La concentration croissante des capitaux oblige la création des fédérations d'industrie. Lorsqu'une grève éclatera, elle entrainera la grève généralisée de toute une industrie, et elle ne sera plus une grève partielle d’un métier.
Le congrès de Paris décida que, les fédérations de métier