‹ Les Bourses du Travail et la Confédération Générale du TravailChapitre 78 sur 111 · HER UE · texte numérisé non relu

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tr ; de plus, des poursuites judiciaires furent intentées contre la Confédération générale du travail à ce sujet, en vertu de la loi de 1836 interdisant les loteries. Or, la Confédération pour organiser cette souscription s'était basée sur un précédent : le journal Le Matin avait, en 1900, édité et mis en vente, au prix de 2 francs, un guide de l'Exposition remboursable par tirage au sort et par un objet ayant une valeur égale ou supérieure à 2 francs ; ce journal n’ayant pas été inquiété, la Confédération suivit cet exemple et ne croyait pas tomber sous le coup de la loi de 1836, car, prétendait-elle, sa souscription remboursable n'était pas une loterie : il n’y avait pas de risque de perte pour les souscripteurs, tout porteur de billet étant garanti d'un remboursement égal à son prix de souscription, mais, par contre, il y avait pour certains une chance de gain. Ces poursuites génèrent beaucoup la bonne marche de la souscription; le Parquet saisit toute sa comptabilité et les listes des souscriptions.

Malgré tont cela, les engagements pris furent tenus : tous les porteurs de billets furent remboursés et la souscription s’est clôturée, comme il élait prévu, par un excédent. La Confédération générale du travail ne possédant plus les listes d'expédition des billets n’a pu faire rentrer tout l'argent qui lui était du, aussi, sur les 400.000 billets mis en cireulation, une quantité considérable n’a été ni payée, ni rendue.

Certains délégués, et parmi eux M. Guérard, proposèrent au congrès de Montpellier d'accepter, afin d'augmenter les recettes du journal, des annonces commerciales, mais « à l’exception des annonces capitalistes et immorales ». Le congrès, en bonne logique, décida que, la Confédération générale du travail étant créée pour combattre et détruire l'ordre capitaliste, il est impossible que son journal prône

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tel ou tel produit, et fasse ainsi faire des affaires à des commerçants et à des industriels dont ils veulent la perte à il repoussa donc cette proposition.

Les statuts de la Confédération portèrent que nulle organisation ne pourrait être confédérée si elle n’avait au moins un abonnement à la Voix du Peuple.

Depuis le congrès de Montpellier le journal devint lorgane officiel des deux sections.

Ce congrès décida, en outre, que, sur le reliquat de la souscription, une somme de 1000 francs serait versée à la - caisse du journal et qu’au 1°" janvier 1904 il devrait de ses seules ressources faire face à-toutes ses dépenses ; en cas de délicit la charge en serait supportée par moitié par les deux sections. C’est pour rendre impossible ce déficit que fut prise la décision obligeant chaque organisation confédérée à s'abonner au journal.

A partir du 1* juin 1903, le prix de Pabonnement d’un an fut augmenté d’un franc, ce qui le porte à 6 francs.

IL s’en faut qu’en 1904, au congrès de Bourges, tous les syndicats se soient conformés à l'obligation de l’abonnement. Malgré cela le nombre des abonnés a augmenté et le tirage, qui en 1902 était de 4.780, est en 1904 de 5.790.

Le bilan de l'exercice 1942-1904 (1) est le suivant :

Recettes en 1903 . . 22.096 fr. 70 Recettes en 1904 (jusqu'à.finimai). .. .:: 10.715 fr. 65

—— 32.812 fr. 35 Dépenses:en 1903 . . 21.677 fr. 50 Dépenses en 1904 (jus-

qu'à finomai). + ,:. 9.839 fr. 30 JT 510 fr 80 Excédent des recettes. . . 1.295 fr. 55

(1) Congrès de la Conf. gén. du trav., Bourges 1904, p. 44 à 51.

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