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ne convient qu'à la cessation de tout travail ouvrier dans un pays ou dans tous les pays, ou même dans une province
ou dans une ville ; lorsqu'il s’agit de désigner les grèves de
certaines industries l'expression convenable est « grève généralisée » ou « grève corporative générale » (1).
Les syndicalistes emploient l'expression grève générale dans tous ces sens diflérents.
Le caractère d’une grève corporative généralisée peut, dans certaines industries particulièrement importantes dans la vie contemporaine, avoir un double caractère : elle peut être tantôt politique, tantôt révolutionnaire. Ce serait le cas d'une grève générale des chemins de fer, par exemple.
La grève générale est préconisée par les anarchistes et par une fraction très importante des socialistes; mais l’objet qu'ils lui fixent n’est pas le même.
Pour les anarchistes, la grève générale est révolutionnaire : elle est le seul moyen efficace dont dispose le prolétariat pour agir contre le capital. Certains socialistes révolutionnaires ont la même conception.
Pour la majorité des socialistes, l’idée d’affamer la bourgeoisie par la grève générale est ridicule; il s’agit pour eux d'exercer, par ce moyen, une pression à la fois économique et morale sur l'Etat, et ainsi aider l’action politique socialiste.
L'idée de la grève générale n’est pas nouvelle, elle préoccupa longtemps les milieux ouvriers, mais elle subit une éclipse, après la disparition de l'Association internationale des Travailleurs. |
Les anarchistes de Chicago là reprirent en 1886 et firent une ardente propagande en sa faveur. Grâce à cet
(1) Buisson. La Grève générale, p. 10.