‹ Les Bourses du Travail et la Confédération Générale du TravailChapitre 95 sur 111 · AT · texte numérisé non relu

AT

au label ou « marque syndicale », ils pourront faire leurs achats chez les commerçants et les industriels qui respectent les conditions imposées par les syndicats.

Le label est une marque spéciale, affiche ou étiquette, délivrée par les syndicats aux commerçants et industriels

qui n'emploient que des ouvriers syndiqués et qui leur

paient les tarifs syndicaux. Cette marque, placée d’une façon apparente dans les magasins ou sur les objets mis en vente, indique aux clients, acheteurs ou consommateurs, que le

‘ produit est confectionné par des ouvriers syndiqués, ce qui

permet de faire de la propagande syndicale en n’achetant que des objets fabriqués par des ouvriers syndiqués. Les syndicalistes prétendent que par son utilisation les

patrons coiffeurs, restaurateurs et autres indiquent à leurs

clients que leur personnel «est consciencieux », puisque, étant payé au tarif syndical, il applique la maxime « à salaire raisonnable, travail scrupuleux » (1).

Le label est considérablement développé dans certaines industries, celle du Livre entre autres ; les Fédérations de l'Alimentation et des Coiffeurs pratiquent aussi ce moyen et délivrent aux commerçants, qui remplissent les conditions nécessaires, des « affiches-labels ».

Le congrès de Paris, (2) en 1900, s'occupa très activement des moyens à employer pour développer son utilisation. Il prit, pour arriver à ce résultat, un certain nombre de résolutions. “

Une active propagande devait être faite auprès de tous les groupements ouvriers pour propager l’emploi de la marque de la Fédération des Travailleurs du Livre et pour

(1) Yvetot. À. 2. C. syndicaliste, p. 62.

(2) Congrès de la Conf. gén. du trav., Paris 1900, p. 59 à 62 et 176 à 178.

étudier les moyens d'en établir d’analogues pour les autres

corporations. La Fédération du Livre fut invitée à essayer de constituer un « comité général des marques syndicales » chargé d'examiner les moyens propres -à en généraliser l'emploi. Ce comité serait composé d’un délégué de chaque

fédération d'industrie ou de métier et se réunirait une fois

par mois. Il décida qu’un journal /a Marque Syndicale serait créé et paraitrait sous le contrôle de ce comité. Il se consacrerait entièrement à cette propagande spéciale ; la Fédération du Livre en ferait les premiers frais; tiré à un grand nombre d'exemplaires, il serait mis en vente dans les Bourses du travail, syndicats, réunions corporatives, etc. Lorsque les dépenses occasionnées par la publication du premier numéro seraient couvertes il en paraîtrait un second, et ainsi de suite. La presse « sympathique aux revendications ouvrières » fut invitée à aider à la diffusion de l’emploi du label et les journaux corporatifs devaient traiter cette question dans leurs colonnes, afin de décider les travailleurs français à employer « énergiquement » ce nouveau mode d'action. Les coopératives de production et de consommation devaient l'employer. La Fédération des Bourses devait engager les Bourses du travail et les unions de syndicats à créer chacune un comité spécial chargé d’examiner les moyens pratiques pour arriver à « implanter » l'usage des marques syndicales dans leur localité, et à afficher dans leurs locaux ef au siège de chaque syndicat un tableau indiquant l'adresse des commerçants chez lesquels

les ouvriers sont invités à se fournir. On demanderait aux

pouvoirs publics l'assimilation légale des marques syndicales aux marques de fabrique. Enfin le congrès décida de s’efforcer par une propagande incessante à créer un label international, Il faut ne plus consommer ni acheter des

Page 1