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Le congrès de Bourges (1), en 1904, eut à décider si le label serait fédéral au confédéral. Un grand nombre de délégués pensait qu'il devait être fédéral afin qu’il put s’adapter en dessin et en format aux objets sur lesquels il devait être apposé. L’uniformité ne peut régner que dans la marque d'une même industrie, et cela est nécessaire dans ce cas pour éviter toute confusion. Malgré cela, à mains levées et avec une énorme majorité, le congrès décida que le label serait confédéral. pie
Le principe du label fut adopté par presque tous les congrèset particulièrement par ceux de 1898,de 1900,de 1901, de 1902 et de 1904. Il n’a pas donné de grands résultats, L’affiche-label, qui, afin d'éviter les fraudes, estre nouvelée chaque trimestre, imprimée sur un papier de couleur différente et porte l'indication de l’année et du trimestre, est d'un usage très restreint chez les commerçants.
Nous n’avons parlé jusqu'ici que du « labei commercial », c’est-à-dire de celui qui a pour but d'indiquer aux consommateurs les produits qu’ils doivent consommer. Il y a un autre label, dit « marque confédérale », qui sert de moyen de reconnaissance aux syndicats confédérés.
Ce label, qui s’applique sur tous les impriméssyndicaux, indique aux syndicats ouvriers qu’ils sont unis par la Confédération générale du travail et qu’ils remplissent les obligations que leur impose cette organisation. Un répertoire des organisations syndicales adhérentes à la Confédération, publié tous les deux ans par le comité confédéral, donne l'énumération des groupements qui ont le droit d’en faire usage.
(1) Congrès de la Conf. gén. du trav., Bourges 1904, p. 221 à 230.
Apposé sur les appels à la solidarité, il est une recommandation auprès des autres corporations.
Le label confédéral représente « une mappemonde sur laquelle, par dessus frontières et océans, s’entrelacent deux mains fraternelles, avec, en exergue, La devise Bien-Etre et * Liberté. Ce label est le symbole du lien de solidarité qui relie la classe ouvrière en ses communes aspirations » (1).
C'est au congrès de Nice (2), tenu par les Bourses du travail, que pour la première fois l’idée d’une marque syndicale fut présentée. Le secrétaire de la Fédération des Bourses manifesia le désir que toutes les organisations adhérentes à la Bourse du travail d’une localité puissent se reconnaître entre elles etse distinguer des syndicats jaunes. Pour cela tout syndicat qui « lutte contre l’exploiteur » devrait adopter un monogramme significatif, une sorte de signe de ralliement, qui indiquerait son adhésion absolue à la grande organisation des travailleurs « qui veulent leur complet affranchissement ». Les Bourses du travail le donneraient aux organisations qui se réclameraient du principe de la lutte de classes et empècheraient les autres organisations de s’en servir.
La question fut reprise à Montpellier, en 1902, où un rapport fut présenté (3).
C’est une arme qui a pour objet de mieux utiliser les secours de grève en n’éparpillant pas les ressources déjà faibles des organisations syndicales et en permettant qu’elles n’aillent qu’à des syndicats confédérés. Elle sert de signe de reconnaissance aux éléments actifs du prolétariat.
(1) Pouget. La Confédération générale du travail, p. 30.
(2) Congrès des Bourses du travail, Nice 1901, p. 67 à 73.
(3) Congrès de la Conf. gén. du trav., Montpellier 1902, p. 60 à 635.
Cette marque est complétée par le répertoire-contrôle con tenant la liste des syndicats confédérés.
Afin de régulariser la rentrée des cotisations, le congrès d'Amiens, en 1906, décida de mettre à l’étude un projet de € timbre confédéral » déjà présenté à Bourges, en 1904, qui permettrait de voir tout de suite si les organisationsont . réglé leurs cotisations et indiquerait aux syndiqués si leur organisation est confédérée.
M. Merrheim présenta un rapport au congrès de Marseille en 1908 (1). D’après lui le timbre confédéral s'impose . surtout pour amener les fédérations à payer régulièrement leurs cotisations, car beaucoup d’organisations ne payent qu’à la veille des congrès, ce qui rend la comptabilité très difficile. Pour le moyen d'application la commission présente une double proposition se résumant comme suit : | « 1° un timbre unique pour la fédération avec carte confédérale facultative ;
« 2° un timbre spécial pour les Bourses avec un livret de syndicat obligatoire ».
On n’impose pas la carte confédérale aux fédérations parce que Île timbre est déjà en application dans un certain nombre ; elles ont des livrets syndicaux ou fédéraux sur lesquels leurs adhérents apposent le timbre fédéral qui justifie le paiement de leurs cotisations. Lorsqu'on appliquera le timbre confédéral, ces fédéra- . tions substitueront simplement ce timbre à leur timbre
particulier. Le timbre doit avoir comme valeur celle de la “cotisation payée à la Confédération. Ainsi une fédération qui paie 10.000 francs de cotisations recevra du tréso-
(1) Congrès de la Conf. gén. du trav., Marseille 1908, p. 74 à 76.
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rier confédéral, en même temps qüe son reçu, 10,000
limbres. La valeur du timbre-doit-être équivalente au monlaut de la cotisation mensuelle que paient les adhérents. La commission pense que l'on doit obliger les Bourses du travail à avoir le livret syndical qui contiendrait les statuts de la Confédération, ceux du viaticum, le résumé des indications nécessaires au fonctionnement des syndicats, la créatiôn et le fonctionnement des divers organismes confédéraux et, de plus, une page contenant 24 cases, pour les 24 mois comprenant l’exercice d'un congrès à un autre. Les Bourses du travail ou Unions locales de syndicats remettraient elles mêmes un livret à chacun de leurs syndicals adhérents. Le timbre aurait la forme d’un timbreposte avec lelabel et le nom de la fédération à laquelle il devra êtrere mis en échange des cotisations.
La question ne fut pas réglée au congrès de Marseille et ful reprise à la conférence extraordinaire des fédérations et des Bourses de Paris. La décision prise est celle proposée par la commission à Marseille.
Un usage curieux du label a été fait en 1907 et mérite d’être cité. Sous les auspices de la Confédération générale du travail, il a été fabriqué du papier à cigarette, il est vendu en paquets portant le label. Ce papier s'appelle «le syndiqué », son prix est le même que celui des autres marques. Des boites de 100 paquets sont livrées aux organisations syndicales à raison de 8 francs, celles-ci vendent chaque paquet 10 centimes ; la différence entre le prix d'achat et celui de vente, c’est-à-dire, pour 100 paquets, 2 francs, est un bénéfice qui entre dans la caisse de propagande de l'organisation. De plus une somme égale est versée à la caisse
de la Confédération générale du travail.
L'auteur de cette initiative conserve pour lui, comme
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bénéfice personnel, le bénéfice que prélève l'industriel fabricant de papier à cigarette èt abandonne aux organisations syndicales et à la Confédération, par moilié à chacune, le bénélice que fait le commerçant vendant au détail ce papier. C’est une manière avantageuse de faire de la propagande syndicale et de la propagande en faveur du label.
La mise en vente commença en janvier 1908 ; les versements opérés depuis cette époque jusqu'en novembre 1908 à la caisse de la Confédération générale du travail se sont élevés à 673 francs, ce qui représente 33.650 cahiers de papier à cigarette achetés par les syndiqués. C'est peu!
6°. L’antimililarisme et l'antipatriotisme. — Les syndicalistes révolutionnaires sont antipatriotes ; mais ils n’ont pas dès le premier jour proné lautipatriotisme; ils sont pour cela trop habiles.
Craignant d’effaroucher leurs adhérents s’ils présentaient tout de suite cette doctrine, ils s’efforcèrent tout d’abord de faire admettre l’antimilitarisme en le présentant sous une forme susceptible de rallier des individus qui auraient refusé de se déclarer antipatriotes. Ils prirent prétexte, pour combattre l’armée, de sa présence sur les champs de grève et soulinrent que leur seul but était d'empêcher l'armée, mise à la disposition du patronat, de prendre part aux luttes entre le capital et le travail; d’ailleurs, selon eux, il est raisonnable d’agir ainsi, car la seule présence de la troupe constitue une restriction au droit de grève.
Au début les syndicalistes ne se déclaraient donc pas antimilitaristes au sens large du mot, mais seulement adversaires de la protection que l’armée accorde aux individus et à la propriété.
C'est sur le terrain purement économique qu'ils prétendaient se placer en agissant ainsi. 11 faut protester contre le rôle que l’on fait jouer à l’armée en la faisant paraître dans les localités où le travail a cessé et cn lui faisant remplacer parfois les ouvriers en grève. L'armée se trouve sans cesse en face des travailleurs, remplissant un rôle pour lequel elle n’est pas faite; ces ouvriers, parce qu’ils sont soldats, sont obligés d'empêcher leurs camarades de mener à bien leurs projets. :
Ces protestations ayant été bien accueillies par les ouvriers, les syndicalistes aggravèrent un peu plus leurs théories. Les discours étant insuffisants, il faut passer aux actes, et pour cela il suffit que les syndicats fassent de la propagande pour attirer à eux les soldats « abusés par leurs chefs » et pourleur faire comprendre leur devoir.
L’unanimité ayant encore été obtenue sur cette proposition, il fut décidé dans de nombreux congrès qu'une propagande active serait engagée dans ce sens; et, chose rare, ces décisions furent appliquées.
Les syndicats et les fédérations, tant réformistes que révolutionnaires, cherchèrent à établir des relations étroites entre les ouvriers devenus soldats et leurs camarades restés à l’atelier. Les soldats furent invités par les Bourses du travail, sur l’initiative de leur fédération, « à venir consulter leurs bibliothèques, fréquenter leurs cours professionnels, assister aux réunions de propagande syndicale, aux conférences philosophiques et sociales, aux séances récréatives et d'éducation artistique et sociale ». (4)
Afin de connaître les ouvriers syndiqués « obligés de subir l’encasernement », il fut décidé que chaque Bourse
(4) Yvetot. À. B. C. syndicaliste, p. 55.
communiquerait aux autres Bourses le nom de ceux de ses membres appelés sous les drapeaux et que le recrutement mettait en garnison dans leur localité; de celte façon, sitôt que le jeune soldat serait incorporé, il serait mis en rapport avec le secrétaire de la Bourse, qui l’inviterait à fréquenter chez cette organisation. Souventmême les conscrits recevaient des lettres de recommandation pour les secrétaires des syndicats et des Bourses qu’ils devaient visiter.
Dans certaines villes un nombre assez considérable de jeunes soldats fréquentent de ce fait régulièrement la Bourse du travail, où, naturellement, le meilleur accueil leur est fait et où on les retient en leur fournissant gratuitement les timbres pour leur. correspondance ou ea leur offrant quelque argent provenant de la caisse de propagande. « Par les distractions saines et fortes » que l’on procure à ces jeunes gens on les arrache « aux amères songeries, autrement que par les libations qui aveulissent ».
Toutes les précautions sont prises pour atteindre ce bu; c'est ainsi que, au cas où l'autorité militaire tenterait d’empêcher les soldats de fréquenter chez ces organisations qui les poussent à ne pas remplir leur devoir, il est décidé que ces relations se poursuivraient au domicile mème des militants.
Dans la plupart des syndicats importants un moyen plus
pratique fut employé : des caisses dites « sou du soldat » furent créées en faveur des « travailleurs momentanément revêtus de la livrée d’esclave de la bourgeoisie ». Elles per. mettent l’envoi d'argent à leurs adhérents ; le plus souvent ce sont 5 francs qui leur sont adressés tous les trimestres, ils sont accompagnés d’une lettre leur rappelant leurs
camarades restés à l'atelier et les devoirs qu'ils ont vis-à-
vis d’eux. Ces caisses. servent encore très fréquemment à venir en aide aux camarades insoumis ou déserteurs.
Le but auquel tendent les révolutionnaires — détruire la société actuelle — leur semble facile à atteindre si l’armée ne s’y opposait pas, aussi cherchent-ils ou à la conquérir, en attirant a eux les soldats, ou à la détruire, en réduisant à néant l'autorité des officiers.
La Confédération générale du travail s’applique à ne pas laisser échapper une seule occasion pour faire sa propagande ; c’est ainsi que régulièrement chaque année la Voix du Peuple, son organe officiel, fait paraître des numéros spéciaux illustrés, à l'époque des conseils de révision, du tirage au sort, du départ de la classe, etc.. La Fédération des Bourses du travail l’aide puissamment dans sa propagande, c’est ainsi qu’elle fit paraitre une brochure le « manuel du soldat », œuvre de son secrétaire, M. Yvetot, qui fut tirée à 200.000 exemplaires. Cette publication valut à son auteur des poursuites devant la cour d'assises de la Seine. Des réunions publiques sont organisées au moment du départ de la classe auxquelles sont tout particulièrement invitées les jeunes recrues et dans lesquelles les antimilitaristes et les antipatriotes les plus forcenés prennent la parole ; ils incitent à la désobéissance et tentent de faire croire que les officiers se sont en toutes circonstances couverts de honte. Pa
Toute la théorie antimilitariste des syndicalistes repose sur les idées suivantes : Le rôle de police de l’armée est plus important que son rôle de défense nationale : « le soldat a pou: onction de défendre le patron contre l’ouvrier ». (1)
(4) Mouvement socialiste, 1 janvier 1905, Griffuelhes. « Le syndicalisme révolutionnaire ».
Dès le premier jour de la grève l’armée se porte au secours du patron ; souvent elle menace les ouvriers et quelquefois les soldats remplacent le personnel gréviste des patrons.
D'ailleurs, la présence de la troupe dans les grèves est tou-
jours une « provocation » contre les ouvriers. Les syndiqués ayant admis qu’il fallait combattre l’armée -en tant que force publique placée entre les grévistes et les patrons, les syndicalistes révolutionnaires s’attaquèrent directement à l’armée, dans son rôle d’organisation de défense nationale, et pour atteindre ce but, ils se déclarèrent ouvertement antipatriotes. C'était, d’ailleurs, uniquement pour en arriver là qu'ils avaient élaboré les théories précédentes. « La patrie, c’est un territoire donné, limité par des lignes de convention géographique, et qui, pour la France, comporte une dette, si je ne m'abuse, de 437 milliards de propriété foncière et terrienne, de 350 millions de propriété moyenne, et de 1.670 millions de grande propriété. C’est la représentation d’un capital terrien foncier, défendu par l’armée, qui est la couverture de fer protégeant, au profit des riches, les intérêts, les rentes de ce capital terrien. » (1) | L'ouvrier n’a pas de patrie car iln’a pas de patrimoine, condition indispensable pour être patriote. « Le patriotisme ne s'explique qu'avec, pour tous les patriotes indistinctement, une part d'avoir social, et rien n'est plus absurde qu'un patriote sans patrimoine. » (2) Si l’on prétend que la
patrie est un ensemble de traditions intellectuelles et senti-
mentales, le prolétaire, même sous cette forme, n’a pas de patrie, car il n’a pas le temps de se faire une culture intel-
(1) Congrès de Marseille, 1908. Discours de M. Janvion, p. 192.
(2) Pouget. Les bases du syndicalisme, p. 15.
lectuelle, occupé toute la journée qu'il est à travailler de ses mains pour gagner sa vie. Comme la propriété, la culture intellectuelle est réservée aux riches. D'ailleurs, les sciences, la philosophie, l’art sont des biens communs à tous les hommes, quelle que soit leur nationalité.
Le bourgeois, qui possède des biens et qui participe au patrimoine intellectuel et moral de son pays, a une patrie et les syndicalistes poussent leur générosité jusqu’à comprendre que le bourgeois aime sa patrie. « Sa patrie c’est son coffre-fort » et il éprouve pour elle « la reconnaissance du ventre. » Mais il ne faudrait pas croire que le bourgeois pousse son amour pour la patrie jusque dans toutes ses conséquences. Son intérêt prime son sentiment patriotique. C'est ainsi que pour le placoment de ses capitaux il est internationaliste et, pourvu que le placement soit avantageux, . il met son argent dans des entreprises étrangères.
L'ouvrier, qui n’a rien de tout cela, n’a de ce fait pas de patrie ; sa terre natale ne constitue même pas pour lui une « petite patrie », car dès son jeune âge il la quitte pour chercher le travail qui le fera vivre. Malgré cela il a une patrie morale, qui est « où se trouvent travail et salaire ». La patrie des ouvriers « c'est leur ventre et celui de leur famille » (1).
L'ouvrier n’a donc pas plus d'intérêt à être Français qu'Allemand, que Russe ou Chinois. « La patrie ést partout où il y a des hommes qui luttent, pensent, souffrent, travaillent, espèrent et se révoltent contre les injustices sociales » (2).
La patrie apparaît à l’ouvrier « sous les espèces du pa-
(1) Mouvement socialiste, octobre 1905, p. 225. Le secrétaire
de la Bourse du travail de la Seyne.
(2) Yvetot. Le nouveau manuel du soldat, p. 30.
tron, du contremaitre, du soudard, du policier, du juge et du geôlier ».
Il n’y a pas de devoir patriotique. L’ère des classes remplace l’ère des Etats ; aussi l’ouvrier « doit aimer sa classe comme il aime sa mère ». Les frontières divisant la terre en pays n'existent plus ; elles sont remplacées par des frontières de classes, limites séparant la classe exploitée de toutes les nations de la classe capitaliste internationale qui est son seul ennemi; « les frontières géographiques sont modifiables au gré des possédants, les travailleurs ne reconnaisssent que les frontières économiques séparant les deux classes ennemies : la classe ouvrière et la classe capitaliste » (1).
« Le préjugé essentiel c’est le préjugé patriotique ; çar
c’est avec celui-là que les gouvernants nous tiennent, qu'ils peuvent appliquer leurs lois, qui sont toujours dirigées contre nous ». Aussi « le devoir du syndicaliste c’est d’ètre antipatriote, c’est.de nier La patrie » (2).
« Le patriotisme ne se traduit pas autrement pour l'exploité que par l'impôt du loyer prélevé sur le salaire par la propriété terrienne et foncière, protégée, défendue par le militarisme » (3). La patrie de l’ouvrier est donc sa classe, et ses compatriotes sont tous les individus appartenant à cetle classe, sans considération du lieu de leur naissance ; l'ennemi c'est le capitaliste, le patron, quelle que soit sa nationalité. D’un côté « les fusilleurs », de l’autre « les victimes ». Par l’idée de patrie on cherche à réconcilier et
à unir contre un ennemi commun des individus qui, par
(1) Congrès de Marseille 1908, p. 213. Ordre du jour antimilitariste. :
(2) Congrès de Marseille 1908, p. 177. Discours de M. Ebers. (3) Congrès de Marseille 1908, p. 194. Discours de M. Janvion.
leurs intérêts, sont séparés et qui n'ont que des motifs de se combattre sans répit. L'idée de patrie détourne le prolétariat de son but en permettant « l’exploitation du travail au profit d’un parasilisme scandaleux ».
Quelquefois les syndicats se prétendent patriotes et même les seuls patriotes. « Les seuls qui aient le droit de dire qu'ils aiment leur pays, parce qu’ils le prouvent », sont, - parmi d’autres, «les révolutionnaires, qui par leur énergie, leur exemple, entraînent les foules timides à la conquête de plus de justice sociale » (1).
Les bourgeois ne célèbrent l’idée de patrie que pour jus- tifier l’existence des armées permanentes nécessaires au maintien de l'ordre, c’est-à-dire à l'oppresion capitaliste, L'armée n’a qu'un rôle, c’est la défense des propriétés patronales et des institutions qui les protègent. L'armée est pour le patronat, et dans chaque conflit européen la classe ouvrière est dupée et sacrifiée au profit de la classe parasitaire, de la classe bourgeoise. « Le militarisme constitue surtout la défense nationale et internationale des chefs d'Etat confédérés dans cette C. G. A. qui est la Confédération générale des appétits, des monarques et des chefs de république. Et c’est pour la conservation de cette internationale des chefs d'États; donties drapeaux couvrent le capital, qu’on arme les serfs du salariat » (2;.
Les ouvriers doivent donc être antimilitaristes. Le service militaire est pour eux une lourde charge ; «le militarisme est pour le salarié un créancier insatiable, réclamant impérativement son tribut : l'impôt du sang, l’impôt de la peau » (3).
(1) Yvetot. Nouveau manuel du soldat. p. 5.
(2) Congrès de Marseille 1908, p. 194, M. Janvion. (3) Congrès de Marseille 1908, p. 194, M. Janvion.