‹ Les bourses du travailChapitre 42 sur 52 · II. — Mouvement · texte numérisé non relu

II. — Mouvement

L'utilité de la Bourse du Travail est devenue aujourd'hui une chose incontestable. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d'œil sur la progression qui a marqué son mouvement depuis le jour de sa création. Les demandes de travail, qui, en février 1888, n'avaient été que de 384, se sont élevées successivement, pour les mois suivants, à : 615, 882, 803, 735, 434, 336, 388, 641, 779, 328, 297, 160, 214.

On remarque qu'une diminution notable dans la demande se manifeste pendant les mois de juin, juillet et août. Cette diminution trouve sa justification dans deux

causes : 1° le grand nombre de bras qu'a réclamés l'agriculture en retard dans ses travaux ; 2° le placement que quantité d'ouvriers ont trouvé, grâce au concours de la Bourse. Le mois de septembre, au contraire, reprend le mouvement ascendant, mouvement qui s'accentue plus particulièrement pendant les mois d'octobre et de novembre, c'est-à-dire au fur et à mesure que l'on se rapproche de la période hivernale. Cette fluctuation trouve sa raison d'être dans l'existence ou la non-existence de certaines industries particulières, telles que : les travaux agricoles, la construction, la briqueterie, etc., qui ne s'exercent qu'à certaines époques déterminées de l'année.

Les mois de décembre et de janvier accusent aussi une diminution dans la demande. Cette diminution s'explique encore par la reprise des affaires, notamment dans la grosse industrie mécanique, la serrurerie, l'armurerie et le charbonnage, lesquels ont donné lieu, à un moment donné, comme on le verra par la suite, à une offre correspondant en quelque sorte exactement à la demande.

L'offre de travail ne plaide pas moins que la demande de travail la cause de la Bourse.

Pour le mois de février 1888, 11 patrons seulement s'étaient adressés à cette dernière. Les mois de mars à décembre 1888 ont vu ces chiffres s'élever successivement à 36, 71, 111, 123, 93, 82, 178, 94, 111, 85. Pour l'année 1889, les mois de janvier, février et mars ont donné les résultats suivants : 126, 130, 162.

Ces offres ont occasionné respectivement un place-

ment de 27, 70, 144, 250, 315, 122, 97, 356, 107, 237, 175, 310, 280 et 407 travailleurs. Ge qui donne un total de 2,897 placements.

Tout d'abord certaines personnes avaient soulevé des doutes sur la valeur morale ou industrielle des ouvriers qui se présenteraient à la Bourse du Travail. Une expérience de quelques mois a suffi pour démontrer combien seraient peu fondées des craintes à ce sujet. Nombre de maisons, parmi lesquelles on compte les plus importantes de la ville, se sont si bien trouvées de l'intermédiaire de la Bourse, qu'elles en ont fait leur bureau spécial pour se procurer, comme nous l'avons dit plus haut, au fur et à mesure du besoin, les ouvriers que leurs affaires réclament.

Dans ces conditions, on peut donc dire que la Bourse du Travail a fait ses preuves ; qu'elle n'est plus un simple essai, mais une institution fondée qui porte en elle tous les germes d'une vitalité assurée.

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