LES JOURNAUX
L'Officiel.
Le directeurdero^cieî change, sauf des exceptions très-rares, avec le ministère. Gomme rédacteur, il reçoit ies variétés, des traductions de journaux étrangers, des faits divers, et surveille l'insertion des actes officiels, des débats des Chambres. Les députés et les sénateurs qui ont parlé à la séance revoient leurs épreuves et modifient ou changent complètement le travail des sténogra-
phes. Ils refont leurs disco poir des compositeurs.
Après avoir été entre les PaDckonke et Daltoz jusqu'< ofUciel fut retiré à M. Paul Dalloz et le gouveruement créa ia feuille qui existe aujourd'hui. On construisit pour VOfjiciel nouveau un hôtel sur le quai Voltaire, presque en face du Pont-Royal, et la direction et l'administration s'y installèrent. M. Wittersheim, gérant, surveille l'exécution matérielle du journal. C'est un homme aimable, et d'un" caractère ferme sous des formes trèsdouces. Il ne se mêle point de la rédaction, mais en revanche il ne permet point à celle-ci de s'occuper de son travail.
Les directeurs de l'Officiel depuis la Commune ont été : M. A. Kœmpfen, écrivain de talent qui n'a laisséqued'excellentssouvenirs.Il a longtemps collaboré au Temps "et rédigé la chronique hebdomadaire, de Ylîlustration sous le pseudonyme de X. Feyrnet.
Après le 24 mai 1873, M. Ernest Daudet fut placé à la tête de VOfficiel par le duc de Brogli«. Il resta à son poste sous le ministère Buffet et se retira en 1876 quandle ministère Dufaure prit
pouvoir. Il eut pour successeur M. Henri Aron, rédacteur' des Débats^ qui, après le 16 mai, quitta l'hôtel du quai Voltaire et céda son fauteuil directorial à M. E. Villetard, son ancien collaborateur aux Débats. Quand fut formé le ministère du 14 décembre 1877, M. Aron rentra à V Officiel; mais bien qu'il conservât le titre de directeur, ses attributions furent très-amoindries. Parmi les rédacteurs de Y Officiel nous citerons : M. Alphonse Daudet, chargé de la critique théâtrale. Sa réputation comme romancier est grande et méritée. M. Emile Ëergerat s'occupe des beaux-arts. L'habitude d'écrire toujours sur le même sujet lui a donné certaines connaissances spéciales; on n'éprouvera jamais le besoin de posséder la collection de ses articles sur les artistes. M. Bergerat est un peu poète — cela ne gêne personne — ; il a essayé du théâtre. Son beau-père, Théophile Gautier, n'avait aucune confiance dans sa valeur littéraire, M. Emile Bergerat a justifié les prévisions de l'illustre auteur d'^maeia? et Camées, c'est d'un bon gendre.
M. Edouard Drumont fournit des variétés ; M. Eugène Gauthier, professeur au Conservatoire, s'occupait de la musique. Homme d'esprit, écri-