‹ Les boutiques d'espritChapitre 8 sur 17 · nd ces deux jo„™aax deyinrem la p · texte numérisé non relu

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de M. Paul t)aIIoz, direeteui /; >-^^!^ l'administrateur et la ri^daction quittèrent les hauteurs de la rue Bréda, pour venir s'installer i quai Voltaire. Mais la librairie que M. Bourdill avait abandonnée pour les journaux continuait prospérer; on n'y éditait plus, elle était deveni une succursale de la maison Michel Lévy, i centre où tout ce qui se publiait à Paris d'œuvr d'imagination venait aboutir, et un lieu de réi nion où se rencontraient les littérateurs, les ai leurs dramatiques, les flâneurs, qui venaient s'il former des dernières nouveautés parues, de la ph récente médisance mise en circulation.

C'est la Librairie Nouvelle qui a publié l'éditic de Balzac, in-12, à 1 franc le volume.

A ce moment c'était un coup d'audace, a Balzac n'avait qu'un nombre restreint de lecteur malgré sa réputation. Le bon marché attira li acheteurs et l'illustre auteur de la Comédie ki maine fût non-seulement connu par son nom, ma son œuvre fut appréciée par un grand nombre < lecteurs nouveaux.

MM. Michel Lévy ont entrepris et conduit à bit une édition luxueuse de Balzac.

' Les romanciers surtout fréquentent la librair

Nouvelle. C'est là qu'ils peuvent prévoir le de leur œuTre. Dans le public qui entr< acheter un ouTrage, un roman bien poussé employés peut s'écouler très-vite, à la gran de l'autear, qui trop souvent oublie qui vente rapide a pour cause, non pas son non l'habileté d'un commis. Celui-ci, en effet, pi à chaque client qui vient lui demander que rQinan à succès, le volume paru récemm l'acheteur paye.

Fervacqnes, mort brusquement en 1871 qn des assidus de la Librairie Nouvelle. So table nom était Léon Duchemin. Sons Te modeste employé au ministère de Tintériei dacteur du Peuple Français, dirigé alo:

M. Auguste Vitu, il fut, après le 4 septembrt - nommé sous-préfet d'Yssingeaux, dans la 1 - Loire. Destitué par M. Gambetta, lorsque c sortit de son ballon, il reprit la plume de j( liste^ et après la signature de la paix, en entra au Gaulois.

Jusqu'alors il n'était connu que comme l du monde et viveur aimable, lorsqu'il publi le pseudonyme de Fervacques, des articles haute vie parisienne. La Snesse de ses aper

ton de Térité qai se deyinait dans son œuvre légère, attirèrent l'attention, et Fervacques devint une des célébrités du boulevard. On sentait que ses récits n'étaient point de la fantaisie et qa'il connaissait à fond ce coin de la société qu'il dépeigoait avec tant de brio.

Il publia, en collaboration avec Bachaumont, quelques romans qui eurent un grand succès. Un de ces romans était eu cours de publication dans le Constitutionnel lorsqu'il mourut subitement dans la maison où il s'était installé, à Auteuil, au milieu d'un jardin plein d'arbres et de fleurs ; il n'avait pas quarante ans.

MM. Jules et Edmond de Concourt, Gustave Flaubert, Paul de Saint- Victor, Xavier Aubryet, se donnaient rendez-vous â la Librairie Nouvelle tous les dimanches à six heures. M. Aubryet ayant été atteint d'une maladie grave, son état parut désespéré, et un individu qu'il croyait son ami crut l'instant favorable pour manger à ses dépens. Ce peu scrupuleux personnage se rendait au restaurant où on l'avait vu souvent en compagnie de M. Aubryet, et faisait porter la dépense au nom de l'écrivain. Ce dernier ne mourut point et la chose finit par se découvrir. On apprit aussi une foule

d'autres détails sar la façon d'agir du même ploiteur, qui se crut un instant perdu et ne son salut qu'à la discrétion des quelques perso qui connurent l'histoire.

Louis Bouilhet accompagnait souvent M. C tare Flaubert, son compatriote et son ami, Librairie Nouvelle.

Quand M. Victorien Sardou a une premier se promène en fumant son cigare au milieu livres et attend fiévreusement le résultat de la rée. M. Alexandre Dumas, à qui on demande :

vent de ses livres, lesfait expédierparla libra M. Léon Halévy aime les éditions rares, M. M hac est un bibliophile capricieux ; il y a des j< où il passera indifférent devant des volumes perbes et lires à quelques centaines d'exempla seulement. D'autres fois, il admire, se passic et achète. Il estaussi spirituel dans la conversa que dans ses pièces. Léon Gozlan, qui avait eu querelle avec M. Polydore Miilaud, le fonda du Petit Journal, se vengeait d'une façon biza Quand il était à la Librairie Nouvelle, s'il ape vail un nègre sur le boulevard, il se précipit; sa rencontre, et l'appelait Miilaud. Lenoirou\ de grands yeux étonnés et continuait son chec

pensant qa'il avait eu affaire à un fou. M. Âarélien SchoU a toujours à la main sa fameuse canne barométrique. M. Octave Feuillet, qui habite Saint- Lô, vient^ lors de ses voyages à Paris, causer avec les commis de son éditeur. En quelques minutes il est au courant du mouvement littéraire, il connaît la pièce nouvelle, le roman du jour.

M. Champfleury visite souvent la Librairie Nouvelle; Fauteur de Chien-CailloUy grand amateur de faïences peintes, est devenu un des gros bonnets de la Manufacture nationale de Sèvres.

Des collègues à l'Académie de MM. Feuillet et Alexandre Dumas : MxM. Cuvillier-Fleury, ancien précepteur des princes d'Orléans,ÉmiIeAugier,Ie comte d'Haussonville, Xavier Marmier, vont jeter un coup d'œilsur les nouveautés parues. M. Emile Augier est l'oncle de M. Paul Deroulède, brave soldat et poète de talent. Sa pièce VHetman a attiré à rodéon tout le public lettré de Paris. M. d'Haussonville appartient à une des plus anciennes familles de la Lorraine ; un des bastions des superbes fortifications de Nancy, détruites par ordre de Louis Xiy, portait le nom de d'Haussonville.

Le chef actuel de la famille a publié V Histoire de la réunion de la Lorraine à la France, ouvrage

fort remarquable : il présida la Société d tion des Alsaciens^Lorrains, qui a rendu services à nos malheureux compatciotes.

M. le TicomteOtheniu, est l'auteur d'un ti les prisons et d'intéressants articles de la : Deux-Mondes. On le voit aussi assez soi Librairie Nouvelle. M. Marmier offre des* à tous ceux qui l'entourent.

M. Jules Noriac a une charmante et to fille qui accompagne quelquefois son pi chasse de race, car elle a déjà proposé à mann Lévy le manuscrit d'une pièce dor l'auteur. M. Jules Verne, qui habite Air vient pas une seule fois à faris sans ei Librairie. On y rencontre assez souvent 1 manu, mais jamais son collaborateur < Lamartine était un grand amateur des r< ces deux écrivains.

M. Hector Malot, le romancier répubi uii habitué : il amène sa petite fille, qui t jou de grâce et de gentillesse. M. Mario l'auteur de la Fiammina, vient se repose Bourse, car, comme il leditlul-môme ei sacrifie tous les jours à Plutus. Il fait [ cercle de l'Union artistique, plus connu soi

fantaisiste des Mirlitons. On a vu longtemps, à la Librairie Nouvelle, Fiorentino, le célèbre critiqfne du Constitutionnel, qui était entouré d'artistes cherchant à obtenir la promesse d'une réclame. M. Ernest Feydeau, fatigué et malade, se traînait jusqu'au coin de la rue de Grammont. Georges Sand, qui avait, cependant pour éditeur M. Lévy, n'allait jamais daùs leur maison du boulevard des Italiens.

Les écrivains militaires vont y causer littérature ; on y voit le général Ambert et le colonel d'Andlau, qui sont eux-mêmes des auteurs de talent ; le général Marmier, frère de l'académicien ; le colonel Magnan. Peu de femmes de lettres, par exemple; nous ne citerons que madame Marie de Grandfort, madame la comtesse PasckoflF, auteur de la Princesse Vera Glinsky ; madame Louis Figuier, madame Lionel de Chabrillan, plus connue sous le nom de Céleste Mogador. On vient de publier une nouvelle édition de ses Mémoires avec son portrait.

Le prince Lubomirski, dont les romans ont acquis à leur auteur une certaine réputation, allaita la Librairie Nouvelle entouré d'un état-major de généraux russes. La guerre avec la Turquie a

Kbligé ces moscovites à quitter Paris, sous l'empire, s'était fait remarquer p; tence lusueuse. Tout à coup il disparu!

culation : les journaux parlèrent de cet puis on oublia le brillant boulevardie ses relations, M. Lubomirski travailla à comme coulissier, puis il donna quelqi à différents journaux et revues et enfin feuilletons qui obtinrent un réel succi fait paraître en 1869 un volume ayant Souvenirs d'un page du tzar Nicolas.

Dans cet ouvrage, mis en français p déric Béchard, le priuce auteur, tout e un grand respect pour ' le souverain, « l'avait comblé de bieus, de richesses veur, » déclare aussi qu'il < n'est rus; prit, ui de sentiment >, et plus loin q conflit se présente, son âme élèvera pour la Pologne » . Depuis, le prince I s'est rallié à la Russie. Lors de son ms madame veuve Boyer, tout le personm bassade russe, le prince Orloff en tête, la cérémonie.

M. du Boisgobey affectiomie les livr militaire. Qnatrelles cbercbe dans les

lions un sujet d'article pour la Vie Parisienne. Sous le pseudonyme de Quatrelles se dissimule la personnalité de M. Ernest Lépine, ancien secré taire du duc de Morny. C'est M. Lépine qui est \'2i\xte\iràeMonsieur.Choufleury, dont la paternité a. été attribuée au duc. Eugène Chavette fait des mots d'esprit. .Depuis qu'il est devenu châtelaine Monfermeil, M. Eugène Chavette publie moins de romans et sa présence devient plus rare à la librairie. Malgré la fortune que possédait son père, qui n'était autre que M. Vachette, le célèbre restaurateur du boulevard Montmartre, le romancier a vécu, longtemps seul, ne demandant de ressources qu'à son travail. Il faut dire qu'il possède une imagination brillante, du talent, de l'esprit, et un caractère très-gai.

Le Guillotiné par persuasion, est une œuvre désopilante ; dans ses romans on trouve toujours un ou plusieurs personnages d'une bêtise telle, que le lecteur le plus morose se^livre malgré lui à des accès de folle hilarité .

Un des romans de M. Ghavette, Nous marions Virginie.exdtdi l'indignation des portiers, parce que l'un de ses héros tirait le cordon dans une maison quelconqçie, et qu'il en avait fait un type grotesque.

Le cbroDiqneor le plus conoa est Ba qui écrit aa Constitutionnel et au Sport.

tant le vrai monde, membre de plusieui Bachaumont ne fait rien de fantaisiste, qu'il donne sont vrais ; s'il décrit uii< c'est qu'ili l'a vue ; s'il parle d'une so qu'il y a assisté. Il n'a pas besoin de dem renseignements à l'un ou à l'autre poi ses chroniques, c'est ce qui faitsa supério tons à cela un style léger et entrainant, prendra le succès de l'écrivain.

Bacbaumont est, on le devine sans nom de guerre : celui qui l'a prisse nom Gérard. Tout jeune encore, presque e n'avait pas dix-huit ans, — il fonda la Revue de Paris avec des fonds prove caisse palemelle.il est assez rare de voii ciant fournir de l'argent h son Sis pour Bévue; mais M. Gérard père, s'il eûl regp^etterait point le capital englouti dan de Paris. Après le jeune Gérard le rec Successivement entre les mains de M. H.

deleine, du docteur Lesourd,de madam Navery et disparut. Mais son fondateur goût à la littérature. Après une éclipse de

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aDDées,il reparut sons le oom d'empm a ajoaté une noaTelle célébrité. Les M premier Bachanmont sont l'histoire au jour le jonr des faits et gestes d'uae foule de personnages dudix-haitième siècle ; les Chronigttes da deuxiênie du nom font pénétrer dans la vie intime de la société du troisième quart du dix-neavième siècle.

Bacbaumont n'écrit pas que des cbroniqaes,iI esl romancier ; il a eu pour collaborateur, nous l'ayons dit plus bant, Fervacqnes.

Nobar-Pacha, qui est un biliopbile passionné et Irès-érudit, se montre en compagnie de M. Charles Edmond, directeur de la bibliothèque du Sénat. M. le commandeur Nigra, ambassadeur d'Italie, a un grand faible pour la Librairie Nouvelle. D'antres notables personnages politiques sont assez étonnés de s'y rencontrer ; M. Jules Simon se coudoie avec M. le duc de Broglie ; M. Vici go va s'y reposer ; après avoir plaidé au de Justice, MM. Cléry et Carraby quittent l siers pour les livres. Le dernier a rédigé looj et avec succès le Courrier du Palais à l'I illustré. M. Louis Ulbacb, fondateur de la l M. Albéric Second, MM. Alphonse et Ernes det, M. Labiche, le brillant vaudevilliste, se

Ont été des habitnés de la librairie. M.

a été diplomate de l'Empire, il a pnbl missions en Grèce, en Italie, en Allem; sienrs volumes remplis de détails eil piquants. Préfet d'Alger à la suite du 24 M. d'Ideville donna sa démission peu après. ■

Quand M. Henri Rivière ne voyage p la Librairie Nouvelle. Cet écrivain charm pitaine de frégate. Un magistrat très M. Eugène Mouton, qui écrit sous le ps de Mérinos, M. Paul Perret, qu'on s'est cidé h décorer, M. Armand de Pontmart lant critiqne de la Gazette de France, M Cadol, M. le comte Pierre de Castellane tall, le spirituel caricaturiste, les princei mille d'Orléans, vont feuilleter les livres à la Librairie Nouvelle. On sait que W Lévy soutinrent sous l'Empire ou procè gnèrent pour rentrer en possession de de la maison de Condé, dont l'auteur t duc d'Aumale. On avait trouvé tout sim sir l'ouvrage avant sa mise eu vente.

MM. Nélaton, Gliassaignac,le docteur quelques autres médecins célèbres, ont <

bitaés de la librairie. Après les sarants^ les artistes: le scalptear Franceschi, le mari d^mma Flenry ;

Olésinger, qui venait acheter les romans de sa famesse belle-mére^ madame GeorgeSand ; lepeintre Charles' Marchai, dont le suicide à causé tant d'émoi dans le monde qui is'occupe de Fart ; M. Thomas Couture, auteur de deux volumes devenus fort rares sur la peinture ; Puvis de Chavaimes, dont la*nomination au grade d'officier de la L^on d'honneur, a soulevé tant d'applaudissements. Des compositeurs : Meyerbeer, Gounod, Léo

Delibes; des directeurs de théâtres : MM. Garvalho, Bertrand, Victor Koning, ont flâné autour des rayons de la Librairie Nouvelle. M. Koning est un directeur habile et un journaliste spirituel. En 1870, avant la guerre, il faisait partie dé la rédaction de Paris-Journal et publiait sur les personnalités du demi-monde des articles qui avaient un grand succès. Naturellement il ne mettait pas les noms des personnages, mais les allusions étaient si transparentes , qu'on savait de suite de qui il voulait parler. Un jour l'employé aux abonnements reçut la visite d'un monsieur parfaitement mis qui se plaignit amèrement de M. Koning, disant que, dans l'article de la veille, il s'était reconnu dans

le mari trompé et vivant aux dépens de sa femme. « Ce procédé me déplaît, s'écria- t-il, et je ne renouvellerai pas mon abonnement I » L'employé, qni avait cm que cette afTaire finirait par un duel, fat abasourdi en voyant ce mari complaisant se ■venger de l'injure qu'il disait avoir reçue en se désabonnant.

Parmi les auteurs étrangers qu'on voit souvent à la Librairie Nouvelle, nous citerons : MM. Lougfellow.CharlesRead et l'écrivain politique Chartes Dilke. Quand un lilténrtenr connu meurt, tons les reporters se précipitent à la Librairie, achètent les œuvres du défunt et écrivent leurs articles nécrologiques. Ces renseignements, puisés à la même source, donnent aux articles un air de ressemblance pouvant faire croire qu'ils sortent de la même plume.

Où voit que la Librairie estautant un centre littéraire qu'un magasin de livres. Nous avons dit, au commencement de cet article, que les employés peuvent augmenter la vente d'un roman, parce qu'ils ont des clients qui achètent de confiance ; il faut dire que cette confiance est rarement trompée, caries commis, outrequ'ils connaissentlegoût de l'acheteur habituel, lisent, rapidement il est

vrai, les volumes qui leur sont envoyés; ils savent alors s'ils peuvent les recommander. Du reste, 3 n'y a rien de surprenant s'ils connaissent bien leur public, la Librairie Nouvelle étant une des rares maisons de Paris où plusieurs employés comptent plus de vingt ans de service.

Les femmes du monde vont y chercher des comédies de société. Tous les jours, de Paris et surtout de la province, arrivent des offres de manuscrits, il faut répondre à ces amoureux de la célébrité. Les différents éditeurs parisiens envoient en moyenne vingt-cinq volumes par jour à laitbrairie Nouvelle, il est fort difficile de les mettre à l'étalage, aussi les auteurs tâchent-ils d'insinuer que leurs œuvres sont de première force, et que leur place est d'être mis bien en vue, derrière la vitrine, du côté du boulevard.

Dans la rue de GreneUe-Saint-Germa de-chaussée de la maison portant le w cupé par une librairie. A l'étalage c superbes in-folios dout les titres rou tachent sur le fond gris de la couvertui les Historiens des Gaules et delà Fram sanctorum, l'Histoire littéraire de la Fi 'lia christiana. Les amateurs et les en rétent pour admirer, les uns, la beaul pression, les autres, le volume pou renferme. Ce sont en effet lestravauxd'i

succession de moines érudits qui apparaissent ai; grand jour à la satisfaction de tous ceux qui ont quelque souci de la gloire de la France.

Ces dififérents ouvrages forment de nombreux Yolumes et on se demande comment un homme seul a pu assumer la lourde entreprise de les réimprimer. Les souscripteurs sont venus, la publication d'un volume permettait de mettre le siu* vaut sous presse, et l'afifaire marchait.

Entrons dans ce magasin. Gomme dans toutel les librairies importantes, c^est un va-et-Tia( continuel de commis qui viennent acheter dfl livres, puis ce sont des visiteurs qui attendent qaj le chef de l'établissement soit libre pour pouv( lui parler. On pénètre dans un cabinet assez modestement meublé, où, assis devant une qui lui sert de bureau, est M. Victor Palmé.

D'une taille assez élevée, les yeux noirs, bii lants, d'une mobilité extrême, la figure encadrl dans une longue barbe d'un noir de jais, le gd prompt, ,1a tête déjà dégarnie, tel estauphysia M. Palmé. Il est jeûne, — à peine quarante ans et est le véritable créateur de la librairie. Il est propriétaire de la Revue du Monde catholique, i cueil paraissant deux fois par mois ; il publie an

la Bevîie des Questions historiques, qui par

chaque trimestre.

La revue : Ajiaîecta juris PontificH, malgré s litre latin, est écrite en français et traite les qu lions de droit canonique et d'histoire ecclési tique. Ce recueil très-ancien avait cessé de parai depuis un siècle ; on a dû, eu reprenant sa pu): cation, mettre au jour et consulter des milliers documents enfouis dans les archives romaines. Bevtte des Questions historiques, ainsi que l'i diqne sou titre, s'occupe de tons les points co traversés de l'Histoire ; la Revue du Monde C êolique, c'est la politique, les lettres, les scienc les arts ; les plumes les plus acérées et les p brillantes du parti que ses ennemis appelli nltramoutain, ont collaboré à la Revue. Nous ci fons MM. Louis et Eugène Veuillot, M. He [asserre, M. Léon Gautier, M. Chantrel, M. B toul, M. Arthur Loth, M. Charles Buet.

Parmi les membres du clergé dont les œuv ntt été publiées par M. Palmé, ou remarque H i'ie, évêque de Poitiers ; le B. P. dom Guérang e célèbre Abbé de Solesme; Mgr Mermill 'évêque que les Genevois calvinistes ont cha le lear ville ; Mgr Landriot; le R. P. Batisboni

auteur de l'oavrage fort remarquable qui a pour titre : Saint Bernard et le douzième 5iéck;Mgr Ozanam, Mgr de la Bouillerie; M. l'abbé Maislre; Mgr Meignan ; Mgr de Kernaëret ; M. l'abbé Lambert, membre de la société Géologique de France.

Le P. Héribert Rosweyde, jésuite de le maison d'Anvers, avait eu l'idée de publier les actes des vies des Saints; un autre savant jésuite belge, Jean Bolland, commença cette, gigantesque publlcatioa connue sous le nom A'Acta sanctorum. Beaucoup d'autres pères de la Compàgaie de Jésus continuèrent ce travail, qui fut interrompu lors de tt suppression des Jésuites, repris en 1779 et de non* veau arrêté à l'époque de la révolution française lorsque les troupes républicaines entrèrent e Belgique, en 1794. Le dernier volume de la col lection parut cette même année. Le gouvememen belge a fait continuer ce travail par les Jésuites, i un nouveau volume a paru en 1845 ; c'est le cin quante-quatrième.

C'est cet ouvrage qu'a réimprimé M. Palml Cette édition, dite d'Anvers, forme la premier série des Acta. Une deuxième série par les écï vains BoUandistes, continuant l'édition d'Auveï forme six volumes in-folio.

lier et d'Aguesseau avaient voulu lion des Historiens des Gaules et m Mabillon n'osa point commen- Ibert, qui en avait eu l'idée, mouque parût le premier volume; lu moins cette satisfaction de voir né. Dom Bouquet, bibliothécaire lint-Germaio-des-Prés, se lança rise, dont il flt paraître huit vo- 17S4, année de sa mort, inné, d'autres bénédictins contiivre, — qui n'a sa pareille dans sqa'à la période révolutionnaire, des inscriptions et belles-lettres avaux des bénédictins.

: la Librairie catholique a débnté t. Il occupait un petit magasin de Ipice où il vendait des objets de messe, chapelets, etc. En 1858 inça à éditer. Peu à peu, comme I, l'on vit les grands évêques de

— Î50 — France, NN.'SS. de la Tour d'Aai nechose, Landriot, Planlier, Frepf lerie, Mermillod, Meignan, Dabert] d'un autre côté, MM. Louis et Ei Heori Lasserre, Henri de Riancey, Léon Gautier, Armand Ravelet, Léon Autiineau, J. Gbantrd et vingt autres, publier leurs livres chez lui.

En 1859, la guerre entre l'Italie et la ¥nm d'un c6té et l'Antricbe de l'autre allait éclater.Oo sentait la papauté menacée, M. Palmé fonda la Bévue du Monde Catholique, qui compta panni ses premiers collaborateurs M. Louis Venillol. Parut le livre de M. Renan, la Vie de Jésus; aussitôt toutes les plumes catholiques répondirent à l'écrivain libre-penseur. De toutes ces brocbures publiées par M. Palmé, quelques-unes soulevèrent bien des passions. L'actif éditeur créa 1) Revue des questions historiques qui eut le plus graoïl succès. Les adversaires des catholiques firent paraître plusieurs pabliations dans le même genre, mais dans un ordre d'idées tout autre. Après li Revue des questions historiques paraissent lïs Analecta jurts pontifiai, organe spécial de b Théologie et du droit canon.

La Vie des Saints du père Giry fut réimprimée,

^uis en moins de cinq années parurent les soixan volâmes in-folio des Acta sanctorum. Des bollai distes passant aux bénédictins, M. Palmé cor mença en méoiB temps !a publication des Hisi riens de la France, de la Gallia Christiana et i l'Histoire littéraire de la France. La guerre del8' et la Commune de 1871 arrêtèrent l'élan, ma quand la paix fut signée les volumes reparurei Le concile et l'Exposition de Rome donnère une nouvelle activité à la librairie Palmé; les gj licans et les infaillibilistes étaient en présenc Dom Guéranger, le célèbre abbé de Solesme, paraître la Monarchie Pontificale, œuvre consid rable, où les partisans de rinfaillibililé étaie énergiquement défendus. Un livre dont le suce immense du début s'est maintenu, est Notre-Dat de Lourdes, de M. Henri Lasserre. C'est grâce cet ouvrage qu'un coin sauvage et ignorédesPyi nées a attiré des milliers de pèlerins. Des chemi ont été tracés, une église splendide a été élev sur un terrain inculte. Où Ton ne voyait q quelques pâtres on aperçoit nne populati.on pre sée; les chants religieux retentissent, l'orgue n sonne où la tempête faisait autrefois entendre s terribles rugissements.

M. Léopold Delisle, membre de rinstitat, dirige la publication des historiens des Gaules etdek France; M. Paulin Paris, également membre de rinstitat, s'est chargé de V Histoire littéraire dek France. La réimpression de la Gallia Christiam estdirigée par le savant bénédictin dom Piolin.

Nons n'ayons ni l'espace, ni l'intention de faire nn Catalogne de la librairie Palmé. Seulement nous ayons tenn à citer les titres de qaelqaes-uns des immenses onyrages mis an jonr par cet éditeur andacienx et intelligent.

M. Léon Gantier a publié les Epopées françaises, ouvrage couronné par l'Institut. Dans un autre ordre, M. Paul Féval, depuis qu'il a trouvé son chemin de Damas, est édité par M. Palmé. Cet écrivain a eu le courage de son opinion; sans se cacher et sans s'afficher, le catholique tiède et indiflférent est devenu un chrétien pratiquant. Le romancier populaire est un des défenseurs de l'Église.

Nous avons cité les noms des rédacteurs de la France nouvelle (1), ces noms se retrouvent à la Revue du Monde catholique. M. J. Rambosson est

(1) Ce journal appartient à M. Palmé*

chargé de la chronique scientifique. 11 a ea sieurs de ses ouvrages couronnés par l'inst

' Le nom de Charles de Beaulieo est le pseudon de M. Charles ; Amédée Leyret cache la per nalité do M. Charles Buet.

On voit que la librairie Palmé a bien son rêt, même pour le simple curieux. Évidemi le public n'est pas le même que celui de la Li rie nouvelle, de Dentu ou de Lemerre, mais i aussi nombreux et se renouvelle aussi soui M. Lamnlle, le principal employé chargé d( pondre aux visiteurs, aux clients, aux écriv;

' se tire bien d'une situation quelquefois cou: quée. 11 ne faut point appeler Votre Grandei coureur d'un commissionnaire en librairie dire mon ami à un évêque !

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