‹ Les boutiques d'espritChapitre 9 sur 17 · PLON · texte numérisé non relu

PLON

Le fondateur de la maison, M. Henri Pion, mort le 25 novembre 1872, avait Pamour- ou plutôt la passion de la profession d'éditeur. Presque tous les journalistes de la génération actuelle l'ont connu. Il se remuait pour lancer un livre et allait d'une rédaction à l'autre, porter l'extrait de l'ouvrage destiné à être reproduit. Il savait ce qui convenait à chaque journal et fournissait ainsi d'intéressantes variétés qui servaient de réclames au volume. Cette activité, cet esprit d'ordre, M. Henri Pion les portait dans les moindres détails de l'imprimerie

et de la librairie qu'il avait fondées et reodus prospères. Aossi ce fiit od deoil poor ceni qui l'aTaienl approché quand se répandit le bruit de sa mort. Il y eat des discours sur sa tombe, des articles nécrologiqaes dans les joarnani de Paris et de l'étraager.

La famille Pion est origiaaire da DaDeœank.

Elle Tint s'établir dans les Pays-Bas espagnols on elle exerça la profession d'imprimeur. H. Beuri Pion entra dans les ateliers de Firmio Didot i l'âge de quinze ans. en 1821 . A vingt-deux ans le roi des Pays-Bas l'appelait à la direction de l'iniprimerie royale à Amsterdam. Il revint en France qnelques années plus tard, continuer le métier de typographe, s'associa avec ses frères, et sa maison à partir de cette époque se plaça bientôt à la .hauteur des premiers établissements typographiques de la France. Cette prospérité, M. Henri Pion sut la maintenir tant qa'il vécut. Nommé toh primeur de l'empereur, décoré, il mourut au milieu de ses livres qu'il aimait tant, songeant à des publications nouvelles. Son fils, M. Eugène Pion, lui succéda.

La librairie et Timprimerie Pion sont insta me Garanciére dans deux vastes maisons > l'une a été construite pour René de Rieus, éy* de Léon. Cet hôtel, appelé d'abord de Sour puis de Montaigu, fut habité par le duc de Ro lanre et occupé par la mairie du XI' arrondi ment. Les jardins s'étendaient jusqu'à la rue vandoni — autrefois me des Fossoyeurs. Il en i encore une partie plantée de grands arbres i les cimes vertes dominent les toits. En bon sur la rue Servandoni ont été construits des I ments qui dépendent de rimprimerie.

Les successeurs de M. Henri Pion continuel tradition. Rien de ce qui tient à l'imprimerie i négligé par eux; les gens de lettres et les art: y trouvent un débouché pour leurs travaux, sons en passant qu'un écrivain éprouve touj une satisfaction très-grande de se voir bien pricné. A la librairie Pion, les volumes les modestes sont très-soignés et le romancier beureax de voir son oeuvre s'étaler, propre e IS

quette, aux étalages des libraires ou de la bibliothèque des chemins de fer.

Parmi les principales publications de la maison Pion nous citerons : la grande série in-8 dePwWications sur V Histoire de France avec* portraits et fac-similé; la grande série sur la Révolution franr çaise; la collection de documents sur la guerre de 1870-1871 avec cartes et plans ; la Bibliothèqm des voyages, ornée de gravures et dé cartes qui complètent le texte. Parmi les auteurs dont les impressions de voyage ont paru dans cette série, on remarque M. le comte de Beauvoir, M. le marquis de Compiègne,M. Charles Yriarte,M. le comte de Rochechouart, M. Henry Havard, etc. Ldi Bibliothèque des romans compte déjà un certain nombre de volumes. Un écrivain dont les études sur les mœurs russes ont eu un grand succès, M. Henry Gré ville, a été publié par la maison Pion.

Il y a trois ou quatre ans à peine que le nom d'Henry Gréville est connu dans le- monde littéraire. Il publia ses romans russes à la Patrie, aux Débats et ddins quelques autres journaux; on lut avec curiosité ces récits pour la plupart fort intéressants, ils parurent en volumes et la critique s'occupa de l'auteur, dont le véritable nom est

M"" Durand. Ayant habité longtemps la :

M""^ Durand a fort bien décrit la manière d de la société de Saiat-Pétersbourg.

M. Charles Canivet — Jean de Nivelle leil, — M. René de Pont-lest, madame I Molènes, M. Ernest Daudet et plusieurs aui mauciers de talent ont des volumes dans la tion de M. Pion.

L'histoire religieuse, le droit et la ju dence n'ont point été oubliés et beaucou; Trages spéciaux sont signés par des écriv ligieux, et des jurisconsultes célèbres.

La librairie Pion a trois gérants, M.

Pion, M. Robert Nourrit et M. Emile Pei premier est l'auteur d'un ouvrage très quable sur les sculpteurs danois Thorwa Bissen. C'est un hommage délicat rendu à ceaa de sa famille par M. Pion. Petit par s due, le Danemarck est grand par les bon:

lustres auxquels il a donné le jour.

Vu mois d'octobre 1877, M. Eugène Pl<

la croix de la Légion d'honnear ; son personnel lui offrit un banquet, il y eut des discours prononcés, des toast portés. Quelques mois après, ces ouyriers en apparence si déyoués se mettairat en grève et quittaient une maison dont ils n'ayaiaii jamais eu à se plaindre. Serrements de mains, protestations, services rendus, toat était oublié. H n'est resté de cette fête du 20 octobre 1877 qu'une brochure, imprimée avec luxe, contenant les discours prononcés à la salle Ragache, où avait lien le repas. Et pourtant parmi ces ouvriers, qui, le jour même où paraissait la nomination de M. Pion, se cotisaient pour lui offrir une croix qu'ils loi présentaient attachée à un arbuste, au moment on il faisait sa tournée dans les ateliers, parmi ces hommes, il n'y avait pas que des menteurs. Mais un jour les chefs de l'association des typographes exigèrent, sans vouloir qu'on discutât leurs prétentions, une augmentation dans le prix du travail ; les patrons ne pouvaient céder devant une démarche aussi insolente. A l'heure fixée par les meneurs, la grève éclatait, les ateliers se yidèrent, les boutiques de marchands de vin se remplirent. Tous ces grévistes ont été remplacés par des femmes et des compositeurs venus de la proyince.

M. Robert Nourrit, beau-frère d£ Pion, est le fils do grand artiste Ado] Avocat au conseil d'État, M. Non:

'charge et devint un des gérants d< Pion. C'est à lui qn'est due la créati lection des romans, c'est à lui que H< doit d'avoir Vu ses œuvres publiée!

après avoir para en feuilleton.

Le troisième gérant de la maiso Perrin, est un ancien libraire de Mul

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