‹ Les brebis galeuses: comédie en quatre actesChapitre 38 sur 103 · BU2AN^0I · texte numérisé non relu

BU2AN^0I

Je le plains bien sineèrement.

ROSE

B«hl bah! c'est bien fait; pourquoi ne s'àpercoit-il qu'après tous les autres que sa femme est jolie? (Ri&nt.) Du reste, le salon de madame Tingrey a ce^oir une physionomie tout à fait singulière. Ici, c'est madame de Tburny, cette chère Diane, qui roucoule mentalement la romance du Saule, en versant à flots sur son mari le fluide enivrant de ses yeux d^ëmeraude;... là, c'est M. le comt^ qui, saïls paraître remarquer môme la* présence de sa femme, couve d'un œil inquiet et paterne la pauvre colombe ayant nom Marie, qui se débat frémissante sous la regard iasdaa* teur du vautour Henri Gérard.

JU1« lit *.

BUZAKÇ01S, è pcrt.

Le comte a remarqué comme moi les poursuites de ce jeune homme, tant mieux; ce sera un protecteur de plus pour madame Marie Bernier.

BOSE

En vérité, il court ici comme un soufïïe amoureux... Vous croyez que l'on quête ce soir au profit de vos naufragés, vous? Du tout, c'est au proût d'Adonis que l'on quête.

BUZANÇOIS, avec reproche.

Ah! ah! madame... vous si timide, à l'allure st indécise, il y a un mois à peine, je trouve... un vieillard peut bien vous dire cela... je trouve qu'aujourd'hui, vous...

Je marche un peu vite ?

BUZANÇOIS.

■ J'allais le dire.

* Rose, Buzançois.

ACîrE MOXIÈMl 51

ROSE, riant, mêh oA'pea lionlease.

/ ^*y suis bien forcée, pour suivre ces dames. — Elles font. de si

S**^i^cies enjambées! — c*est^à-dire que je ne pourrai jamais les

'"^ •- t'^'aper, si quelqu'un ne m'aide de ses conseils. Ainsî, quand je

®Jt**» avec elles, ce n*est jamais moi que Ton regarde ; c'est impa-

j;*^^^i-anll... A quoi cela peut-il tenir? Je vous le... Ab! mais, au

monsieur BuzançoiSf vous avez vécu, vous?

BUZANÇOIS.

^i, madame?— Mais... en efiet^ et depuis une soixantaine d'andéjày malheureusement.

ous devez savoir ce qui plaît aux hotnmes?

BUZÂNÇOIS.

e qui plaît aux... ? Mais c'est la modestie«.. la réserve, deux n pudiquement baissés...

ROSBi

h! c'est pour rire, n'est-ce pas?

BUZANÇOIS.

tait-il t

ROSE

ui, ouiy il doit y avoir autre chose.

BUZANÇOIS.

-ilulre chose I

ilOSB.

Tn... je i)e sais quoi qui leur fait tout de suite battre le cofenr et ^rner la tète, et qui me manque apparemment. — Ai&si, mes cveux ne sont peut-ôlre pas assez à la diable...

BUZANÇOIS, embarrassé*

fftAev<Mia4inûpas»

EOSB.

Ua robe n'est peut-être pas assez décolletée?

^ BUZANÇOIS, Matant.

Pas assez?... Cependant... il me semble qu*à moins de n'en pas mettre du tout...

EOSB.

Enfin, vous avez aimé? '

BÏÏZANÇOIS.

Madame Buzançois. • • Oui , madame^

ROSE

Eh bien, comment s'y prenait donc madamie Buiançois pour vous plaire?

BÏÏZANQOiS.

Oh! c'était tout simple. Elle n'avait pas de... je ne sais quoi/ portait des bandeaux plats et des robes montantes.

ROSE, mogoèoM.

Ça devait être joli 1

BUZANÇOIS.

Mais... ça ne lui allait pas trop mal, et moi, qa m'allalt trèsbien...

EOSEy arec on cri.

Oh! regardez donc là-bas, madame de tourny... Gomme elle se penche amoureusement sur le bras du comte! (aiant.) Mais vous savez... elle en sera pour ses frais !•••

BUZANÇOIS, scandalUé.

OhlohI

ROSE

Ah ! c'est la duchesse qui m*a appris cela... et bien d'autres choses. Ainsi, hier soir, chez elle, entre chien et loup, elle nous a raconté une histoire bien étrange..! Il parait que madame de Tourny,

ÀGtB DEUXIËMB > 63

il y a cinq ans... un certain soir... enfin, il y avait un hospodar, un boyard, qui lui faisait la cour, et paf !... le comte Ta tué... Àh 1 je ne m'étonne plus que madame de Tourny soit si fort à la mode.

BUZÂNÇOIS^ qai cherche à se remettre^ essayant de soarire.

Pures inventions que tout cela» madame; c'est un de ces contes comme en font les grandes personnes pour... effrayer les enfants terribles.

EOSB.

Ah ! vous me grondez toujours. (Regardant aa dehors.) Yoilà nos amoureux... soyons discrets... Votre bras... (atm intenUon.) L'enfant a faim, conduisez-le au buffet.

Elle prend le bras de Bazançois, et ils sortent par la droite. Le comte et Diane entrent par le fond, La table de jeu se vide^ ainsi que la terrasse.

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