LA BAIE-DES-TRÉPASSÉS. U
SoD sable pâle est fait des ossements broyés ,
Et les bruits de ses bords sont les cris des noyés!...
Mais déjà s'éloignait la bande solennelle , Et tous les assistants s'écartaient devant elle : Parmi les plus hardis, quelques-uns se penchant Pour voir ceux qui toujours se cachent en marchant ; Dautres, tout effarés, s*enfuyant vers les grèves. Comme pour échapper aux spectres de leurs rêves. De sorte qu'un vieillard : « Non, jamais un tel vœu , « Même aux plus criminels, ne fut prescrit par Dieu ! « Jamais, hormis les morts entourés de leurs langes, « Les hommes n'ont marché sous ces voiles étranges ! t Vous-mêmes ; dites- nous si vous êtes des morts? « Hélas! dans tous les temps ils ont aimé ces bords. I Autrefois, un Esprit venait, d'une voix forte, «Appeler chaque nuit un pêcheur sur sa porte : «Arrivé dans la baie, on trouvait un bateau, « Si lourd et si chargé de morts qu'il faisait eau ; « El pourtant il fallait, malgré vent et marée,
« Les mener jusqu'à Sein, jusqu'à Tile sacrée... « Aujourd'hui sur la mer ils flottent tout meurtris , « Et rhorrible vent d'ouest nous apporte leurs cris ; « Sur le cap on les voit errer jusqu'à l'aurore , « Mais jamais en pleiu jour on ne les vit encore : « Faut-il prier pour vous? nous prîrons ; mais, hélas ! fl Si vous êtes des morts ne nous effrayez pas. « — Nous sommes des vivants ! suivez-nous a l'église, « Et ces habits de deuil qui font votre -surprise , « Ces voiles tomberont 1 vous entendrez nos chants ! « Ceuxquisemblentdesmortsdeviendrontdesvivants! »)
El bientôt dans l'église, au branle de la cloche Dont la voix grossissait toujours a leur approche , Le coriége voilé vers l'autel s'avançait, Et la peuplade entière autour d'eux se pressait; VA devant tous les Saints , devant toutes les Vierges, Fumaient des encensoirs, étincelaient des cierges; Et l'ardent Te Deum en choeur était chanté ; Puis, jetant son linceul, chaque ressuscité
LA BAIË-DES-TAÉPASSÉS. H9
Levait avec amour, levait au ciel sa tête Sur laquelle roula le flot de la tempête ; Et tous, pour attester Tappui venu du ciel , Suspendaient leurs habits au-dessus de Tautel. —
0 Liiez, c'était vousl c'était vous, jeune fille I Quels pleurs et quelle joie un jour dans la famille , Lorsqu'autour du foyer, vous direz , hlanclie Anna , Comme Dieu vous perdit, comme Dieu vous sauva 1 L'estqu'a l'heureoii l'abîme entr'ouvrant ses entrailles Devait vous engloutir, doux enfants de Cornouailles, Que portés par les vents, ses féroces abois S'en allaient retentir jusqu'au fond de vos bois : A cette heure où chacun au ciel se recommande , Vos parents, à genoux près du grand feu de lande, Et le cœur attendri par ce langage amer, Se souvinrent de ceux qui voyageaient en mer I
A présent, poursuivez votre pèlerinage I Allez par chaque bourg et par chaque village,
Cliacan a votre aspect se signera le front , Et pour vous recevoir les portes s'ouvriront ; Allez donc! achevez votre sainte entreprise. De la fureur des flots sauves comme Moïse : A vos nobles malheurs un barde s'inspira ; Vœu sublime I longtemps le monde en parlera !
Marche des Pèlerins. — Anna, Liiez èi le vicaire. — Halle dans une lande de Léon et souTenir de Cornooaille. — Que deviennent le clerc et la mère d'Anna?'-^ Les deux clochers foudroyés.— Chant des Pèlerins. — Ils passent & Saint«Pdl. — Ils passent à Morlaix. — Nouvelle halte aux confins de Tréguier. — Légende merveilleuse et chapelle de saint- Jean-du-Doigt. — De quelle manière s'accomplirent leur s vœux. >- Départ des Pèlerins.
d Votre main, jeune ûilel En ayant! en avant! « Marchons avec gaîté! marchons légèremçnt! »
Sur les bords de l'El-Orn, et montant la colline, Ainsi des pèlerins chantaient : la brume fine Enveloppait le port que le flux rend salé , Comme Morlaix, Tréguier, Kemper et Kemperlé, Et nos riches palus dans le pays de Vannes, Oii le flot se répand dès que s'ouvrent les vannes.
I5i CHANT ONZIEME.
Par leurs anges gardiens sauvés sur un écueil , Quand la mer les couvrait dcjk de son linœuil, Ils allaient aujourd'hui par les monts, par la plaine. Épanchant les douceurs dont leur âme était pleine. Qu'il est grand le bonheur qui suit un grand danger ! Comme le cœur bat bien ! Que le pied est léger ! On aspire l'air frais, pâle encore on se touche, Le besoin de chanter vous arrive a la bouche.
Entraînés par la crainte ou guidés par Tamour, Non, jamais pèlerins n*ont fait un si long tour. Tout tremblants de Wô-Goff , lieu de leurs funérailles, Ils ont vu chaque bourg de la Haute- Cor nouailles. Ils avancent encore , et voici que Léon Déroule devant eux son immense liorizon. Que d'ermitages saints, de tombeaux, de chapelles. De clochers merveilleux découpes en dentelles ! VA partout on les voit tirant leurs chapelets : Pour sa mère souffrante Anna prie, et Liiez ^ Ce conscrit que la peur du tirage accompagne ,
Appelle a son secours tous les saints de Bretagne.
Dans une belle lande, à Tombre d'une croix , Le prôtre et ses amis s'arrêtèrent tous trois : Anna dit : « Respirons. Las! hélas! a cette heure, t Que fait ma bonne mère au fond de sa demeure? i — Cousine, s'il est jour chez nous comme en ce Ijeu,
• Votre mère s'habille et découvre le feu ;
I La pâte de blé noir bout dans la cheminée ,
• Et mon oncle au pressoir va faire sa tournée. .
« Mais, las ! hélas I je vois un jeune homme du bour^ , ft Un derc, nommé Loïc, dont le cœur est bien lourd. I — Et moi, reprit Anna, je vois ma sœur Hélène « Qui verse bien des pleurs en effilant sa laine ;
• Elle appelle un cousin qui voyage avec moi , « El qui, l'hiver venu, s'en va servir le roi. »
Liiez ne dit plus rien, mais il but a sa gourde. U pierre qu'il lança lui retombait plus lourde, Annatc un instant rit de son embarras :
« Partons! » dit-elle enfin, en lui prenant le bras.
Liiez et sa cousine et le pieux vicaire
Qui marciiait derrière eux en disant son bréviaire,
De Cornouaiile en Léon cheminaient donc tous trois.
Et les deux jeunes gens chantaient à pleine voix ;
Et-pour les voir passer si légers, si superbes,
Leis pâtres s*éveiliaient, les bœufs laissaient leurs herbes,
lit ces gais Cornouaillais émerveillaient toujours
Les graves Léonards, plus graves tous les jours. — '•
Voici, sur un coteau, que des hommes, des femmes, Tournés vers le midi d'où jaillissaient des flammes. Se tenaient la, debout, pensifs, et, pour voir mieux, Ayant leur main posée au-dessus de leurs yeux. Chacun des voyageurs près d'eux vient et s'arrête. Vers le ciel orageux tournant aussi la tôte ; Mais, étrangers discrets, nul n'ose demander Pourquoi si tristement tous semblent regarder. A la fin , un vieillard : « Ohl voyez ce ciel rouge
« Et ce nuage épais et lourd où rien ne bouge ! « Au-dessus du village il pend comme un rocher :
• Si SCS flancs s'entr'ouvraient, ahl malheur au clocher! » Et tous ils restaient la dans une sombre attente,
c:ar ce nuage ardent où la foudre serpente
Semblait tomber : la croix du clocher le perça ,
Et le serpent de soufre en sifflant l'enlaça ;
Puis , remontant au ciel et flère de son œuvre ,
On vit courir^ l'ouest la bleuâtre couleuvre.
« — Oui , malheur a Lo'-Christ I dirent les gens ; malheur
t A vous, Loc-Marial Loc-Maria, sa sœur!
« Car un lien secret unit vos deux chapelles,
I Saintes également, et toutes les deux belles :
« Beaux clochers de Lo'-Christ et de Loc-Maria,
• Toujours en même temps le ciel vous foudroya I »
A ce discours naïf, un sourire peut-être Eût passé malgré lui sur la bouche du prêtre , Mais celle dont sa voix devait régler le cœur, Sur les clochers jumeaux fixait son œil rêveur,
Comme si dans ces tours où s'abattit i oi a^e
De son propre destin elle voyait Tirnage ;
Ce rôve intérieur le prêtre l'entendit ;
Et , touché de pitié, doucement il lui dit :
(( Tels sont deux cœurs aimants, deux cœurs tels que le vôtre,
(t Le coup qui frappe l'un, hélas î vient frapper l'autre. »
Mais, a son tour, Liiez: « Ne partirons- nous pas? « Venez! Saiat-Pôlest loin. Hâtons, hâtons le pas! « Laissez courir vos pieds , la jeune voyageuse ! « Kn route! et reprenons notre chanson joyeuse !
« Votre main, jeune fille! En avant! en avant ! « Marchons avec gaité, marchons légèrement !
« Courage, Pèlerins, nous sommes sur la l^rre ! 0 De nos souliers de cuir frappons-la hardiment. « L'ouragan est passé , le soleil nous éclaire , « Il s(Vhpra le sel de notre vî^tpiuent.
« Marchons avec gaîté, marchons légèrement!
« Tous ces marins priaient les saints, priaientla Vierge,
• Quand la mer en courroux brisait le bâtiment ;
« Où sont-ils a cette heare? Ivres dans quelque auberge: « Laboureurs , n'oublions jamais notre sermejit*
« Marchons avec gaîté , marchons légèrement 1
I Passons ce chemin creux, passons cette montagne .
• Et cette lande verte et ce champ de froment ! < Passons cette rivière ! Oh ! la belle Bretagne !
• Votre main, jeune flUe ! En avant 1 en avant !
• Marchons avec gaîté , marchons légèrement ! »
0 ville de Conan et de Pôl, cité sainte, Ils entrèrent chantant ainsi dans ton enceinte , Kt, comme les oiseaux dont le chant suit le vol , Ils sortirent ainsi de tes murs, ô Saint -Pol !
Mais Conan , ( lui , le chef de la tribu guerrière ] , Ils ne Tont plus trouvé dans sa couche de pierre ! On a brisé son trône et vidé son cercueil , Et Pôl n'a plus de fils siégeant sur son fauteuil ! 0 ville de Léon, ton langage sonore.
Ton langage de miel seul te console encore ; Ou bien tu vas prier sous ton clocher a jour, Orgueil de tes enfants et du passant Tainour !
Vers le haut monument et sa légère aiguille. Soyez sûrs que Liiez et le prêtre et la fille Se tournèrent souvent lorsque, le lendemain , Du côté de Morlaix ils prenaient leur chemin. Oh ! comme en traversant cette cité marchande , Leur paupière s'ouvrit curieuse, et plus grande !
Mais ils entrent déjà sur le s(4 de Tréguier,
Et, perdus dans la lande, ils cherchent un sentier.
Une fille passait : « Holh ! holb! ma belle,
• Repondez ; sommes -nous bien loin de la chapelle? I — Non, suivez le vallon, Saint-Jean est dans le bas. « Mais, vous parlez serré, je ne vous entends pas. »
Les voila repartis. — '« Liiez ! dit le vicaire , « Les gens de ce pays ne te comprennent guère. •—C'est vrai, répliqua -t-il; hommes, habits, discours, « Tout, a Fentour de nous, change depuis huit jours. « Quand mes braves amis entendront ces merveilles,
• Vous verrez sur leur front se dresser leurs oreilles. « J'ai fait bonne moisson de contes pour Thiver.
• — A ceux qui n*ont pas vu monter si loin dans Taii' « La flèche de Saint-Pôl , s'écria la jeune Anne ,
R Je dirai poliment : ho ! vous êtes un âne !
« '— Oui-dh, Saint-Pôl me plaît, mais jusquesa ma mort,
« Anna, je vanterai Brest, sa rade et son porU
« Que d'ancres, de boulets, de canons I Sur Tenclume
• Le marteau retentit; le goudron flambe et fume ;
« Des milliers de marins, des milliers d'ouvriers,
« EldVnorroesvaisseauN assis sur leurs clumticrs! » —
0 vous, qui par mes vers aimerez la firetaf^ne,
Si'vous voulez un jour visiter la montagne ,
Où vont nos pèlerins d'un pied si diligent,
Venez au mois de juin , le jour de la Saint-Jean :
* Dès le premier rayon de ce pieux dimanche ,
Vous verrez arriver la foule noire et Manche ;
Avec la braie ancienne ou le nouveau surtout ,
De Léon , de Tréguier, il en vient de partout ;
Des monts où Saint- Michel lève sa tête immense,
Et de Chatel-Âudren où le breton commence
Ils viennent. Tout est plein dans l'église, à l'entour.
D'autres, pour voir la mer, sont montés dans la tour.
Les cloches sont en branle ; et, perclus, hydropiques,
Lépreux vous rendent sourds du bruit de leurs cantiques.
Tous au bord du chemin chantent Saint-Jean-du-Doigt,
Saint- Jean -le -Précurseur, le patron de l'endroit:
Comment ce doigt sacré, sauvé d'un incendie.
Bien longtemps fut Thonneur d'un bourg de Normandie ;
Conmie un jeune Breton , clerc au pays normand ,
Chaque jour sur l'autel l'honorait ; et comment,
Lorsque vers son hameau revint Tëcolier sage , Tous les clochers sonnaient d'eux-môme a son passage, Tant qu'on le crut sorcier ; par quel miracle enfin, Rentré dans sa paroisse , il vit le doigt divin Qui brillait à Téglise , entouré de lumières ; Le peuple agenouillé récitait des prières, Et des prodiges tels éclataient dans le bourg, Qu'il n*était déjà plus d'aveugle ni de sourd.
Tout le jour du Pardon, c'est a qui vers la rampe Se dresse pour toucher le saint doigt; aqui trempe Ses yeux dans la fontaine , ou le long de son dos , Sur ses bras fait couler les salutaires eaux : La foule cependant vient, revient et se presse , L'église se remplit et se vide sans cesse. —
Aujourd'hui le vallon était calme et désert, Saint Jean seul sur l'autel, quand nos amis de Scaer Passèrent sous le porche, et, tous trois à la flle, Entrèrent lentement dans l'église tranquille :
16i CHANT ONZIÈME
Et s*étant appuyés à la grille du chœur. Se mirent a prier dans le fond de leur cœur. Priez! L'ardent soupir qui sort d'une bonne âme, C'est la blanche fumée, amis, que rend la flamme; Comme par un jour clair elle monte du toit , La prière au ciel monte et le ciel la reçoit. Priez ! — Quand le vicaire eut achevé sa messe , Celle qui venait la remplir une promesse, Dans le tronc de Téglise Anna jeta dix sous : Puis, devant la relique où pendaient à leurs clou? Un sachet, des rubans, 'des chapelets, un cierge, Elle mit de sa main un cœur de cire - vierge, Image de sa mère , hélas ! qui se morfond Comme sur le brasier une cire se fond ; Ou peut-être ce cœur était l'humble symbole D'une âme qui se sent trop fragile et trop molle. Liiez aussi laissa trois mèches de cheveux : Ainsi ces pèlerins accomplirent leurs.vaux.
Dieu les suive à présent dans leur course lointaine !
Adieu le frais vallon et sa belle foutaine! Adieu Saint- Jean- du-Doigt et son clocher de plomb ! En route ! le chemin devant eux est bien long. Ils viennent de loucher au but de leur voyage : Encor trois jours de marche, ils verront leur village.
• Votre main , jeune fille I En avant ! ea avant !
• Marchons avec gaité, marchons légèrement !
La taverne de Saint-Jean ; — Un mvrin du pays de Vannes et un f iFserand Trégorrois font cbacnn l'éloge de leur pays — Liiez de Cornonaille et le prêtre de Léon prennent part à la dispute. — Quel était le cinquième. ~ Éloge funèbre des deux Bretagnes. — La querelle recommence. — Tous se séparent amis.
Val de Mériadec où la bonne duchesse * Venait s*agenouiller en murmurant: o Largesse! a Nos pieux pèlerins te visitent encor^ Mais sans croix en émail et sans calice d*or : Accueille cependant leurs rustiques offrandes , Et que ton saint patron les guide sur les landes ! Après un si long tour de pays en pays^ Pauvres gens , ils ont droit de rentrer au logis.
■ Slirnoin de U diicliesse Anne.
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Partout ils ont prié du fond de leurs entrailles Et les saints de Léon et les saints de Cornouailles : Jean , sauve donc leurs pas des mares, des cailloux : Et toi, bon saint Hervé, préserve-les des loups ! —
Au sortir de Téglise, un d'eux (Liiez, sans doute) Dit : « Nous avons besoin de forces pour la route : a Entrons où vous voyez ce bouquet de pommier. &
Or, deux honunes causaient déjà près du foyer : L'un , marin vannetais , allant mettre à la voile Au port de Saint-Brieuc ; l'autre, marchand de toile, Qui venait de Tréguier : selon qu'on dit chez nous , L'un mangeur de pain blanc, l'autre mangeur de choux. Un troisième, muet, mais que sa mine austère Et ses habits disaient enfant d'une autre terre^ Les écoutait parler; et, comme leurs discours Roulaient sur le pays, leur voix montait toujours Et chantait, à la fin de ces joyeuses luttes. Ainsi qu'en s'appelant pourraient faire deux flûtes;
m Tellement que Liiez , entré dans la maison ,
Quand arriva son tour, chanta dans leur chanson.
MOR-VRAN, du pays de Vannes.
s Je suis du Mor-Bihan, qui renferme plus d'îles Que les autres cantons n'ont de bourgs et de villes : Et les autres cantons, si verdoyants tous trois, N'ont pas tant de forêts ni d'arbres dans leurs bois, Que Timmense Garnac dans son champ de bruyère N*a de rangs de men-hir et de tables-de-pierre : Des iles, des men-hir, voila le Mor-Bihan , Et le grand saint Gildas est roi de l'Océan.
HERVÉ, le Trégorrols.
L'homme est fait pour la terre. Ah ! regardez nos plaines De lin tendre et de chanvre en été toutes pleines ! Et , l'hiver, écoutez le joyeux tisserand , Tout en croisant ses fils qu'il prend et qu'il reprend ,
Au pays de Tréguier, écoutez comme il chante Sur mille airs variés des chansons qu'il invente! >otre cher saint Tûdual est roi du peuple élu : S'il n'est pas Dieu le père, il ne Ta pas voulu.
L 1 L È Z , de CornouaiUe.
Oui, Tréguier a son lin, Vanne a ses rangs de pierres, Mais venez en Cornouaille, au pays des rivières, Au pays des vallons, des pâtres et des bœufs, Où Thomme est comme un arbre avec ses grands cheveux . C'est chez nous , mes amis , que les fllles sont belles ! La qu'on danse aux Pardons des petites chapelles ! Venez voir a Kemper le bon saint Coreotin , Avec sa mitre d'or et sa crosse d'étain.
LE PRÊTRE, de Léon.
Un grave Léonard fuit les plaisirs du diable. La semaine 7 il la passe 'k charroyer du sahie,
ft ENCONTRE DES CINQ BRETONS. I7S
A fumer ses sillons, à dresser ses chevaux ; Et le jour du dimanche , après ces durs travaux , 11 entend la grand'messe, et, dans sa langue antique, A saint Pôl, son apôtre, il entonne un cantique: Car saint Pôl est l'honneur du pays de Léon , Et Léon est l'honneur du langage breton. »
Tous quatre en leur dialecte habiles a combattre, Ainsi ces vrais Bretons s'attaquèrent tous quatre , Us demandaient du vin pour rafraîchir leurs voix , Lorsqu'un chanteur se lève et reprend en gallois •