LA BAIE-DES-TRÉPASSÉS. U
Les ouragans captifs aux nœuds d'un lacet d'or. .. Ah ! nous-même avons vu les mères de nos mères Le long de TOcéan célébrer leurs mystères 1 Quand des fils bien-^imés, des pères , des époux , Matelots attardés, manquaient au rendez-vous, La nuit elles allaient balayer les chapelles , De leur poussière sainte emportaient les parcelles, Puis, du haut de la côte, elles jetaient aux vents La poudre qui devait ramener leurs enfants.
Vous donc , mes pèlerins , une force inconnue Vous sauva-t-elle aussi du flot et de la nue? Brisa-trelle en leurs mains le fer des égorgeurs? Ou bien si c'en est fait, ô mes cliers voyageurs? —
Sur les débris épars au fond de cette baie Qu'attriste incessamment l'aigre cri de l'orfraie. Des gens agenouillés ont longtemps prié Dieu; EnGn rasant les bords de ce funèbre lieu, Voici que vers le cap ils s'en vont, mais si sombres
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« A geuouxl mes amis, et saluons la croix! » —
Oui , chrétiens y louez Dieu ! Devant ce cap du monde , Dont la crête s'élève à trois cents pieds sur l'onde , Dans ces mornes courants , par le temps le meilleur, Nul ne passa jamais sans mal ou sans frayeur ! En face, la voici , l'effroi de l'Armorique, L'Ile -des- Sept- Sommeils, Sein, l'île druidique, Si basse a l'horizon , qu'elle semble un radeau Entoure d*un millier de remis a fleur d^eau ! AIM demain, venez voir, entre la pointe et l'ile, Les perOdes courants briller comme de l'huile ; Venez voir bouillonner la mer, et, sur les rocs, Ouvrez encor l'oreille au grand bruit de ses chocs ! L'épouvante est partout sur ce haut promontoire , Et chacun de ses noms dit assez son histoire. A gauche , ces rochers de la couleur du feu, C'est rEuier-de-Plô-GofT; sur la droite, au milieu De ces dunes à pic, c'est Texécrable baie, La Baie -des -Trépassés blanche comme la craio :