‹ Les Bretons (volume 2)Chapitre 5 sur 88 · CADOR · texte numérisé non relu

CADOR

Hier, lorsqu'au logis vos gens dormaient encore. Vous TOUS serez levé tout seul avant Taurore; Suivi de votre chien , et la nuit en secret, Vous serez allé seul, hier, dans la forêt : La, vous avez cueilli des herbes, une écorce. Une magique fleur qui donne de la force. Enfant d'Eve et d'Adam, pétri de leur limon. Chrétienne ne veux pas lutter contre un démon. Si j*ai risqué mes jours, parlez, je vous réclame: Avec mon pauvre corps ai-je risqué mon âme?

TAL-HOUARN.

Ce malin, en passant près de notre maison,

Vos yeux sous leurs sourcilsbrillaient comme un tison ;

Vous les avez sur nous flxés de telle sorte

Que mon père, tout pâle, est tombé sur sa porte;

Ses bœufs qu'il attelait, défaillant tout h coup,

Sous leur joug trop pesant ont abaissé leur cou ;

Aujourd'hui- les voila, spectacle lamentable! Pareils à des agneaux, couchés dans leur étable. Quel étrange secret si , par Tart de vos yeux , Vous prenez en passant la force de mes bœufs?

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