‹ Les Bretons (volume 2)Chapitre 8 sur 88 · LA BAIE-DES-TRÉPASSÉS · texte numérisé non relu

LA BAIE-DES-TRÉPASSÉS

L'Kquinoxe d'antomne. -^ Puissance sarnatnreUe des prêtresses de S^ln , et Poussière des chapelles cbrétienues. ^ Hommes voilés dans la Bale-des-Trépassés. — Effroi des gens de Pl^-Goff. •- Tableau du cap, de la baie et du détroit. — Terreur croissante des habitants. — Les hommes voilés entrent dans l'église paroissiale. — Quels étaient ces visiteurs.

La baie-des-trépassés.

Oh ! pourquoi s'embarquer sur une faible planche Quand la feuille jaunit el quand la paille est blanche? Dans ce mois périlleux , pourquoi livrer a Tair Sa voile? C'est le temps des fureurs de la Mer, Lorsque l'Astre changeant, amant muet et pâle, entouré de vapeurs et de robes d'opale, Vient chercher de plus près celle qu'il suit toujours, U nuit voit s'accomplir d'effrayantes amours.

lii CHANT DIXIÈME

La Mer, qui sent ramant venir, par des bruits rauques Lui répond, et vers lui soulève ses seins glauques; Lascive, elle se tord sur son banc de limon ; Ses verdâtres cheveux, Talgue et le goémon, Elle les jette aux vents ; les vents par leurs baleines Eveillent en sursaut et requins et baleines; Tout le ciel retentit d'épouvantables bonds ; L'immense cormoran vole et décrit ses ronds Pendant Tbeure sinistre où Thymen se consomme : C'est l'hymen de la Mer, mais c'est la mort de l'homme !

Filles de Kéd la blanche, est-il vrai qu'autrefois, Moins sourde, la Nature entendait votre voix? A vos commandements, magiques souveraines, Dans leurs bassins troublés bouillonnaient les fontaines, De la lune tombait le mystique cresson , La pierre vacillait, le grès rendait un son ; Secouant k deux mains vos robes dénouées. Vous en faisiez sortir les vents et les nuées , Ou votre amour livrait aux marins de l'Arvor

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